‹ Mémoire sur l'Irlande indigène et saxonneChapitre 5 sur 41 · CHAPITRE II. (161S · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. (161S

ligiâuz de cette mesure si importante. Je ne la traite pas en théologien, j'en parle simplement d'après l'histoire, comme d'un fait ayant des résultats de nature à exercer la plus grande influence.

§ 3. Les Irlandais indigènes, universellement, et les habitans de race anglaise , généralement, rejetèrent la réforme : elle ne fiit embrassée que d'un petit nombre, et ainsi se perpétuèrent les causes «tt/e différenda et de diacordeeaf La distinction de race bxt perdue. — Irlandais et Anglais furent amalg;amés et durent supporter ensemble le pillage et l'oppressioq sous le nom de catholiques. Le parti que soutenait le gouvernement se composait d'individus, récemment arrivés en Irlande, d'hommes qui, par conséquent, prenaient le nom de a Protestans. »

§ 4; Le voeu du statut de i6ia, se trouva ainsi frustré : « La discorde a entre les protestans et les catholiques empêcha les' Irlandais • de devenir une seule nation v et les empêche encore d'être « une nation. » La faute néanmoins en a été et en est encore au gouvernement. — ÏT est-il pas temps d'y porter complètement remède ?

S 5. Le règne de Jac(]ues 1" fiit marqué par'des crimes atroces commis envers 1^ peuple irlandais, sous le prétexte du protestantisme. Toute la. province de Ulster fut injustement confisquée, les indigènes furent traînés sur l'écha&ud ou' massacrés avec l'épée; un mis^id>le débris fut chassé et

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« L'ifeLAWDE ET LES IRLANDAIS.

refoulé justjue dans les parties inaccessibles des montagnes éloignées ou dans les déserts, de nos marais presque impraticables. Leurs terres furent données à des aventuriez écossais : « étrangers par lesangetpar la religion.» Jamais jusqu'alors ne ri' étaît vuedans la chrétienté, sauf en Irlande, une dévastation égale à celle commise par Jqcques P dans l'Ulster. Jamais, par toutle monde chrétien, peuple n'a été aussi cruellement traité que les Irlandais. § 6. La juridiction du Parlement s' étendant pour lors sur toute Tlrlande, le roi Jacques créa en un seul jour quarante bourgs particuliers, donnant le droit d'élire deux membres du Parlement, par chaque bourg, à treize protestans, et cela, afin de priver ses sujets catholiques de leur part légitime et naturelle de représentation. __ '

CRàPFIÈB TKtJUBIÈME.

$ i". Le règne dé Ghaiies I" commença sous des auspices difîérens. La forme de l'oppression et du'vcd changea; le fond était le même. Les lois iniques prirent la place de la sanglante épée : au soldat succéda le juge : aux mots de butin et de pillage forent substitués les mots : amende et con- Êacstion. L'instrument doitt se servait le Gouvememeat était *« une eommiâtitm pour la vérifitatiim

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CBAFIIHE m. (16)3-46eO.) 7

dM Htrt» défecttuiix. » Le roi réclama les terres du peuple irlandais dans iKois provinces. Cette commission fut instituée pour f^re droit à cette réclamation. C'était un tribunal monstrueux. Des tentatives furent feites pour suborner les Jurés, afin qu'ils rendissent un verdict en faveur de la couronne. — Ces tentatives écbouèrent. Que fit-on alors ? Les jurés qui hésitaient à donner leur verdict contre le peuple' furent mis à Tamendcj emprisonnés et ruinés. — Les juges n'étaient pas si difficiles; ils étaient subornés, oui subornés! achetés par là remise de quatre shillings par livre sterling sur la valeur de toutes les terres enlevées aux sujets par la couronne devant de tels juges. Et il avait tellement perdu tout sentimentde justice et de honte, l'auteur de cette subornation, SrRAFFORn, qu'il se vantait d'avoir si bien gagné le président (Chief Baron) et les autres juges, a qu'il» prenaient autant de sollicitude à cette affaire que si die leur avait été personnelle. »

§ 2. Grâces à ces moyens iniques, les ministres de Charles I* dépouillèrent, au. profit de la couronne , le peuple irlandais catholique d'un million et plus d'arpens de terre labourable, sans compter une autre portion de territoire beaucoup plus considérable, dont furent évincés les véritables propriétaires et qui fut accordée aux individus rapaces qui avaient effectué cette spoliation .

§ S. La guerre civile s'ensuivit —Oijbliant tous

8 L'IRUND£ ET LES IBLAMDÂIS.

les crimes commis contre eux, les catholiques irlandais s'attachèrent avec une désespérante ténacité au parti du roi. Les. protestans irlandais, l«s uns plus tôt, d'autres plus tard, se joignirentaux pouvoirs usurpateurs.

§ 4- Durant cette guerre civile, les massacres comâiis sur les Irlandais , par Saint-Léger , Monroe, Tichboume, Hamilton, Grenville, Iretou et Gromwell, furentaussi sauvages, aussi brutaux que les horribles exploits d' Attila ou de Gengis-Khan.

§ 5. L'histoire duraondeneprésentesurtout rien de plus choquant,* de plus détestable, que les massacres exécutés par O'Brien, lord Inchiquin dans la cathédrale de Cashel ; par Ireton à Limerick, et par Cromwiell dans Drogheda et Wexford. .

§ 6. Lorsque la guerre fut terminée, Cromwell rassembla, comme premiers fruits delà paix, quatre-vingt mille Irlandais, dans les parties -méridionales de l'Irlande, pour les transporter aux Indes- ' Occidentales: Tous ceux qui ne succombèrent pas pendant l'opération de la levée furent embarqués et transportés dans ces îles. De quatre-vingt mille, en six ans, les survivans ne dépassèrent pas une vingtaine!... Quatre-vingt mille Irlandais d'un seul coup sacrifiés de propos délibéré, p^r une cruauté lente, mais sûre, au Moloch de la domination anglaise!... Qi^atre- vingt mille!... O Dieu de miséricorde!

§ 7. Toutes ces barbaries néanmoins ne sont que

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