‹ Mémoire sur l'organisation du travailChapitre 6 sur 16 · ORGANISATION DE LA POPULATION EXCÉDANTE · texte numérisé non relu

ORGANISATION DE LA POPULATION EXCÉDANTE

Nous ne nous occuperons que des hommes ; les femmes plus douces et plus patientes, trouveront généralement une existence dans les nombreux emplois de la vie intérieure des familles; la charité et l’esprit religieux peuvent occuper le reste. Pour les hommes, la vie en commun, par économie et par position. Elle exclut, il est vrai, les douceurs de la vie intérieure, mais ne manque pas de charmes ; elle rompt l’isolement, occupe la vie par les devoirs d’ordre, de ponctualité, de discipline même qu’elle exige ; elle supplée à l’esprit de conduite si nécessaire à l’homme, et dont l’absence presque complète dans les classes les plus pauvres de la société, engendre et perpétue l’extrême misère. Les rapports entre les subordonnés et les chefs, établissent une vie morale qui rattache entre eux les anneaux de la chaîne sociale, et qu’il serait heureux de pouvoir compléter par des sentiments religieux qui seuls reposent le cœur.

Reste à donner un but à l’activité humaine; ce sera le travail et les.

armes. Le travail qui ennoblit l’homme èt lui permet d’accepter sans rougir, le secours de ses semblables ; les armes, car un jour il peut être appelé comme tout autre citoyen à défendre sa patrie. Quel bel état que celui de l'homme qui, sans intérêt personnel, se vouerait ainsi aux travaux de la paix, et aux fatigues de la guerre !

Le caractère du corps qu'il s’agit de constituer; le régime de vie et les occupations, sont les seuls avantages qui y attireraientleshommespar des engagements volontaires ; ceux qui y viendraient ne seraient peutêtre pas les plus nécessiteux, mais ils feraient place aux autres. Une haute paie proportionnée à l’Ouvrage produit, servirait à stimuler le zèle des travailleurs et a leur donner un certain bien-être. Mais que l’on ne s’y trompe pas, la religion doit être le complément de la vie en commun, comme de toute autre existence. C’est Dieu qui a imposé à l’homme l’obligation du travail ; c’est au nom de Dieu, source de toute vérité, que l’on peut maintenir ces travailleurs réunis, les gouverner et les discipliner; c’est à Dieu seul qu’ils pourront offrir les résultats de leurs travaux, les élans de leur intelligence vers le beau et les arts; car il faudra leur donner leur part de civilisation en cherchant à développer toutes leurs facultés. L’homme n’est grand que par son commerce avec Dieu, par l’intelligence et la vie ; lui seul fixe l’homme qui, sans cela, peut être embarrassé de sa puissance, et faire un mauvais usage de ses forces, comme un enfant se blesse en se servant d’une arme dont il ignore le but et la portée.

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