‹ Mémoire sur l'organisation du travailChapitre 5 sur 16 · MODIFICATIONS A APPORTER A NOTRE ORGANISATION SOCIALE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS A APPORTER A NOTRE ORGANISATION SOCIALE

Dans le spectacle qu’offre la société, deux faits frappent surtout les yeux ; le premier, c’est l’encombrement de certaines carrières. 11 faut en excepter l’agriculture, où les hommes en contact avec la nature apprennent à en mesurer les sources productives, à calculer et à se conduire; les habitants de la campagne trouvent en outre, dans l’intérêt qu’ils prennent à leurs travaux, des jouissances morales qui contribuent à leur sagesse. Nous excepterons aussi les professions qui ont pour but la culture de l’âme.

Le second fait que l’on remarque, est l’avidité avec laquelle on recherche presqu’exclusivement le bien-être matériel. Mais ce second fait est la conséquence du premier, ou de l’encombrement des hommes et du mouvement des fortunes. Le premier besoin de l’homme est l'existence physique ; or, l’inslabilité des positions lui ôte trop souvent lç loisir de s’occuper d.’au.lrc chose.

Le but à atteindre est donc d’utiliser l’excédant de population; de donner par là plus de stabilité aux positions faites, et d’éviter à l’avenir, par une organisation convenable, notre état de choses présent. Les colonies ne sont qu’un palliatif momentané qui utilise cet excédant de population; l’organisation du travail seule peut le pré-

L’hommc est libre de se créer une position indépendante ; la civilisation et le progrès y sont attachés ; mais celui qui échoue et ne trouve pas d’emploi, reste nécessairement à la charge de la société; l’humanité nous oblige de pourvoir à son existence, mais aussi, l’honneur fait à cet homme, un devoir de ne pas augmenter, par le surcroît d’une famille, les charges que la société s’impose. Tout autre principe serait contraire aux lois naturelles, tendrait à décharger l’homme de l’obligation de pourvoir à son existence, et de la responsabilité de sa conduite et de ses actes. Une partie de la population deviendrait l’esclave de l’autre, et nous marcherions à des catastrophes épouvantables.

L’Etat devient donc nécessairement le refuge de la population excédante, qui, moralement, est obligée de vivre dans le célibat. Personne ne saurait être affranchi d’une obligation que s’imposent souvent des hommes d’élite, par exemple dans l’armée, où grand nombre d’officiers s’abstiennent du mariage, dans la crainte de ne pouvoir soutenir les charges de leur position et d’une famille.

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