‹ Mémoire sur l'organisation du travailChapitre 8 sur 16 · NATURE DE TRAVAUX A ENTREPRENDRE · texte numérisé non relu

NATURE DE TRAVAUX A ENTREPRENDRE

Des travaux d’amélioration, dans l’intérêt commun, sont évidem-

ment ceux qui doivent être d’abord affectés aux corps travailleurs ; car les travaux d’amélioration créent la puissance et la richessepermettent à un plus grand nombre d’hommes de se caser sur la' surface du sol; et donnent par conséquent le moyen de récompenser pat leur travail même, les hommes les plus méritants. Ils ne font tort à personne, car la population casée et constituant la société se suffit à ellemême, pourvoit à ses besoins, et progresse dans la civilisation suivant ses forces et ses inspirations. Mais que l’on ne s’abuse pas, jamais le travail de la population excédante ne pourra suffire à ses besoins, sans quoi elle ne serait plus population excédante. Pour s’en convaincre, que l’on réfléchisse au nombre des générations qui nous ont précédés et dont les travaux suffisent à peine, pour nous mettre en état de pourvoir à notre existence. La population excédante est comme le bénéfice net de la société, dont le capital serait ia société même; et les frais d’exploitation, son existence propre, et son développement intellectuel et moral. Or, le bénéfice net ne peut se reproduire lui-même ; il peut au plus donner un intérêt qui diminuera par le temps et les améliorations successives qu'il amène; car le progrès devient d’autant plus difficile, que l’on approche plus de la perfection.

Ainsi un canal, une roule, augmenteront directement le nombre des existences fixes, permanentes, ou assurées, par le nombre des cantonniers, des ingénieurs, des agents qui seront nécessaires pour l’entretien de ce canal, de cette route; mais le nombre de ces emplois, dont une grande partie sera dévolue aux travailleurs, sera infiniment minime par rapport au nombre d’hommes qui ont été employés à l’exécution du travail. Le nombre des existences fixes augmentera aussi indirectement par le développement que peuvent prendre l’agriculture et l’industrie, par suite des travaux exécutés ; mais ce sont là des bienfaits que les corps travailleurs devraient être heureux de rendre aux hommes qui les ont vus naître et qui pourvoient à léur existence; ce sont leurs frères ou leurs neveux qui en jouiraient; et c’est par là, par des services rendus, que l’harmonie et i’afféction doivent s’établir entre les différentes classes de la société.

Si la population excédante n’était pas suffisante pour exécuter les travaux d’utilité publique que veut entreprendre la société, alors cette société se subdiviserait en deux parties, dont une s’occuperait aussi des travaux publics, en se réservant ceux qui sont les plus compatibles avec la vie de famille. Ou bien l’on stimulerait la formation des corps travailleurs, ou le développement de la population, par des^

avantages faits aux travailleurs, comme cela se pratique dans toutes les carrières où les sujets manquent. Ce serait le mode de beaucoup préférable, d’exécuter les travaux publics, comme on le verra par la suite; mais qu’il me soit permis, dès à présent, d’en faire ressortir une partie des avantages politiques.

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