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Mémoire sur l'origine égyptienne de l'alphabet phénicien

En lisant ilcrnièreinenl le premier volume <le votre remarquable Essai sur la propagation de l'alphabet phénicien dans Fanricn monde, je rencontrais, Hans la partie (pii se rapporte à l’origine de cet alphabet, la phrase suivante : «La question d'origine (de l’alphabet phénicien) a élé résolue s dans un Mémoire capital de M. de Rougé d'une manière que, pour «notre part, nous regardons comme définitive. a Et plus loin vous regretlies que ce Mémoire, lu à l’Académie des Inscriptions en i8âp, n’eût pas été publié et ne fût connu que par l’analyse donnée à cette époque dans les comptes rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

Aujourd’hui que je me trouve sur le point de faire paraître ce Mémoire sur l'origine égyptienne de l'alphabet phénicien, j’éprouve le besoin de vous expliquer la cause qui en a retardé jusqu’à ce jour la publication. Mou père voulait, avant de livrer son travail à l’impression, retoucher certains détails et consulter quelques documents nouveaux; mais, je ne sais par quel contre-temps fâcheux, son manuscrit, communiqué à diverses personnes, se trouva égaré, et. malgré les plus actives recherches, ne put être retrouvé. Restait une ressource extrême : refaire à nouveau le travail. Mon père n’hésita pas; malheureusement les circonstances ne lui permirent point de réaliser son projet.

la- passage de votre livre (pie je citais en commençant venait de renouveler mes regrets personnels, lorsque, en classant les papiers laissés par mon père, j’eus le bonheur de retrouver, enfoui nu milieu de notes de peu d’importance, le brouillon de sa communication à l’Académie, qui avait évidemment échappé à ses propres recherches. Voilà ce qui me permet aujourd’hui de livrer à l’impression ce remarquable Mémoire. Je suis certain, cher Monsieur, que. plus que tout autre, vous vous réjouirez de

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Vous remarquerez avec moi combien ru Mémoire, composé il va plus de douze ans, est resté d’un intérêt actuel malgré les progrès de la science. J’ai cru devoir seulement changer le mode de transcription des mois égyptiens, afin de le mettre en rapport avec celui que mon père avait adopté depuis dans sa Grammaire. J’ai dû faire aussi une addition dans la planche qui fut publiée à l'appui de sa communication à l’Académie. Mon père avait, en effet, choisi comme type de comparaison l’inscription du sarcophage d'Etelinmn-czcr, tout en éinellant des doutes sur l'antiquité qui lui était alors assez généralement attribuée; mais c’était à cette époque le seul grand texte phénicien qui prit lui fournir un alphabet complet. Dupuis lors, la stèle de il lésa, roi de Moal), découverte à Dhiban par M. (iannoau, vous a permis, après les travaux de MM. Lévy et de Vogué, de former un alphabet phénicien d’un type beaucoup plus ancien. Je me suis donc permis de prendre votre tableau de l’alphabet phénicien, dit archaïque, pour le comparer au type hiératique égyptien; et, en cela, je liai fait que suivre lus indications de mon père, puisque la première règle qu’il posait pour son travail était de choisir comme premier élément de comparaison le type phénicien le plus ancien possible. J’ai toutefois laissé, dans une seconde colonne, le type d’ Eschmun-rzer , parce qu’il est cité dans le Mémoire de mon père, auquel je n’ai voulu faire aucun changement.

Voilà, cher Monsieur, les observations que je désirais vous soumettre en publiant ce travail. Je suis heureux d’ailleurs que votre nom paraisse en télé de cette publication, car je sais combien mon père estimait votre Essai sur la propagation île I alphabet phénicien, dont le sujet n’est que la continuation de celui qu'il avait lui-même traité.

Vicomte Jvcqces de Rniicé.

Bois- Dauphin , h odohrp 187.1.

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