‹ Mémoire sur l'origine égyptienne de l'alphabet phénicienChapitre 11 sur 18 · LIQUIDES · texte numérisé non relu

LIQUIDES

La labiale liquide M et la nasale A n’ont pu être l’occasion d'aucun embarras dans les rapports linguistiques des deux races qui nous occupent; car le d et le : avaient leurs analogues exacts dans le langage égyptien.

Nous avons déjà cité dans ce mémoire un très-grand nombre de mots sémitiques où le e se rencontre; il y est transcrit par trois représentants de l’wi égyptienne : 1 ° la lettre la plus ancienne et la plus usitée dans tous les temps; a° •<=, autre forme ancienne, mais plus rare; 3“ = ma, signe syllabique, restreint dans les

hiéroglyphes à un petit nombre de mots. Ces trois signes apparaissent comme ayant été employés sans choix ni préférence dans les mots sémitiques reconnus jusqu’ici sur les monuments ou les papyrus. 11 nous sulîira de rappeler les noms de villes ou de pays : c'.-m?, vuç, nçn, d^Vw, njçri, o^np, nlDyij, etc. et les mots empruntés, tels que : -narip, Vijp. etc.

L’emploi de ces trois signes, dans les transcriptions, n’est cependant pas de nature à nous faire hésiter quant à l’appréciation du choix que les Sémites ont dù faire pour écrire leur lettre m. La forme véritablement typique, celle que les papyrus antiques nous montrent presque à chaque mot, c’est la chouette, On trouve, dès l'origine de l’écriture cursive, trois variantes [tour celte lettre mais, quel que soit le degré d’abréviation au-

quel soit parvenu le siglc hiératique de la chouette, ce qu’on a toujours noté soigneusement, par un ou deux traits, c’est le caractère spécial de la tète de l’oiseau de nuit, avec sa forme carrée.

cl souvent surmontée de deux plumes en aigrettes. Dans les hiéroglyphes, la chouette regarde toujours de face à la différence de l’aigle dont la tête est tracée de profil. Le souvenir de celte télé, <pii domine toutes les abréviations cursives de la chouette, est parfaitement conservé dans le premier o phénicien y. La lettre d’ Eschmun-ezer est une sorte de moyenne entre les trois variantes du papyrus Prisse. Les dimensions relatives des traits qui figurent la tête et de celui qui représente le corps sont également respectées dans ce premier alphabet phénicien; on y retrouve aussi la pente exacte de leur dessin primitif. Tons ces caractères tendent, au contraire, ù s'oblitérer dans les inscriptions moins anciennes, ou d’un modèle plus altéré : un simple zigzag remplace les deux traits de la tète dans la variété babylonienne de l’m, et c’est sous un aspect semblable que la Grèce et l'Italie l’ont reçue : "1, / w . Un peu plus lard, la tige diminue de longueur et la lettre aura perdu complètement sa physionomie primitive, lorsque ses jambages seront devenus tout è fait symétriques, comme dans l’M grecque et romaine, et dans le d provenant de lu variété araméenne.

La transcription du ; n’a pas donné lieu à plus de difficultés; parmi les trois n de l'alphabet pharaonique : la seconde

doit d’abord être écartée de notre recherche, car il n’est pas certain qu’elle ail fait partie de l'alphabet le plus ancien. On ne la trouve pas dans le papyrus Prisse, et je n'en connais aucun exemple antérieur à la xvm c dynastie, si ce n’est pour la préposition n®. Les transcriptions sémitiques inc l’ont montrée une seule fois dans le mot lien-nu = ja, Jils; mais l'inscription où figure ce

mot est de la xx r dynastie®.

La troisième figure 9 était, dans l’ancien style, restreinte à des mots peu nombreux. La lettre qui ligure une ondulation légère des eaux, fut, au contraire, usitée dans tous les temps et pour tous les mots. i—+ est également la transcription du 3 , dans tous les cas

£,} Cf. Bircli, cl .ns Bunsen, Pince. !. I, p. 56o. — p:i Lepsius. Dcnk. III,

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