AO MÉMOIRE SUR L’ORIGINE ÉGYPTIENNE
aux deux nuances d'articulations, représentées par le K et le (f, il s’agit d’apprécier si les Égyptiens ont , dès l’origine, distingué leur différence dans l’écriture.
J'ai dit (jue, parmi les lettres simples, on trouvait quatre formes de gutturales-palatales dans les anciens monuments; ce sont : A, n,— ' et {J. Cette dernière est moins usitée et semble réservée à quelques mots particuliers. C’est avec raison que M. Lepsius a fait remarquer qu'il existait des variantes assez nombreuses dans l’emploi de ces quatre signes, soit qu'on ait suivi différentes prononciations locales, soit que les règles de I orthographe des mois n'aient pas été suffisamment fixées, soit enfin qu'un même radical ait reçu de l’usage plusieurs formes voisines, comme cela se rencontre souvent dans les langues sémitiques. Quelle qu’ait été la vraie raison de ces variantes orthographiques, je crois quelles doivent nous empêcher de transcrire les quatre palatales a, U • [J, par des
lettres diverses, et je conserve, comme M. Lepsius, le K comme seule transcription convenable pour des signes qui s’échangeaient aussi facilement dans h- même mot.
Je ne prétends pas néanmoins que les remarques de M. Brugsch soient dénuées de fondement, et je crois que les deux nuances K et 6 existaient depuis très-longtemps dans le langage égyptien. On remarque, en effet, que les mots coptes, dont les types anciens s’écrivaient habituellement par ■ » ou Q. se retrouvent souvent
écrits par 6 dans le dialecte thébain, et par y. dans le memphilc , ce (pii indique pour la lettre primitive une prononciation plus molle. Les dérivés de a sont eu général écrits avec le k thébain, auquel répond régulièrement un y memphitet'h Je me hâte de
10 Ix» caractère d’un usage plus restreint U subit quelques variantes avec les autres: je crois qu’on doit le regarder comme homophone de A , à couse de l’orthographe double jj T, foi, bouc (Chainpollinn, Dicl. 1 1 9 ) ; je le trouve
deux fois seulement en correspondance avec le 6" thébain, dans kn, bouc, et
dais JUV^JÜ- i«erre. Il correspond it K dans les antres dérivés, tels que: J^UV4- , calea - tp-ÊOKV . concet'oir . LJi «««■
dire que celle règle soulTre beaucoup d'exceptions; on comprend combien la permutation de ces deux nuances s’est introduite facilement dans le jeu des dialectes. L’ensemble des faits me paraît néanmoins suffire pour constater l’existence de deux types de palatales dans l’ancienne Égypte ll) .
Les Sémites avaient besoin de trois lettres pour écrire les articulations 3, 3, p; ils ont emprunté les ligures cursives des trois lettres usuelles a, Q, — •>. Les transcriptions des mots sémitiques se chargeront de nous indiquer à quelle lettre chacun de ces signes convenait plus spécialement.
Le 3 a été rendu, dans ces transcriptions, presque exclusivement par la coupe ■— >; ou peut citer, comme exemple, beaucoup de noms de villes ou de contrées, dont l’attribution me paraît incontestable parmi ceux qui ont été successivement reconnus depuis l’origine de nos études, et que M. Brugsch a réunis dans la seconde partie de sa Géographie. Tels sont : — - ^ ^ ^ , Kunaâm, jiqs;
Kvs , et»; cl les noms de ville : ■ Ç ] Aksapu , *ief 3 N, ville
de la tribu d’Aser; Taaàmka, ville royale
des Chananéens (Josué, xu, ai); Aka, 13», Saint-Jean-
d’Acre. Karkemitch, W'ppis, fait seule exception; le nom de cette ville est écrit Karkamâi avec deux a, équi-
valent ordinaire du p; mais les Hébreux sont peut-être ici dans leur tort, car le nom arabe s’écrit par deux
Les mots empruntés aux Sémites et introduits dans le discours me fournissent des transcriptions du 3 tout aussi régulières que ces noms de villes. Indépendamment de -«p, village , transcrit kafir; et tic ^d, roi ~ va - mtïlak; M. Ilincks a signalé
placer, U***. kame - KHJt* , noir ; , Inuit -- K(U*T, cons-
truire ; U!l , kalu — KO’TE ■ Mtuce ; -Ut . taka = r T.\K, étincelle, etc.
Si Ton dénirait ta distinguer dons
la transcription des hiéroglyphes, il faudrait, je crois, ta écrire K et K pour éviter le grave inconvénient de transcrire le même mot. suivant ta variantes, avec deux lettres différentes.
les mots J barkabuta = nt333, piscine»;
vr-\j>irr markabula >= un pluriel ( merkabot ) de nwyç, char. On pourrait en ajouter plusieurs autres; je me contente de citer, comme un nouvel exemple de ces emprunts sémitiques, le nom de la cithare de David, Hj;; il apparaît sous la forme I I V - — , Kenaanaur, dans un très-curieux passage du papyrus
Anastasi, IV.
La transcription du 3 par la coupe ■«»» est donc une règle assez fidèlement observée; on a pu remarquer que le 3, avec ou sans dcifjuesch, est indifféremment rendu par le même signe; il 111e semble donc bien probable que M. Brugsch s’est trompé, quand il a cru reconnaître l’équivalent du 3 dans J, dont la valeur est A7t = n ; le seul exemple sur lequel il se fonde ne me paraît pas concluant : le nom de ville Khan art’ a, est attribué par lui à
irjp, le Génésareth de l’Evangile. Je vois plusieurs raisons de ne pas admettre cette identification : la première serait la transcription tout exceptionnelle du 3 par J; celle du p par |, qui est spécialement aiïecté au 3, ne serait pas moins irrégulière, rni? , suivant toute apparence provient de la même racine que le 1133, dont nous venons de voir l’orthographe égyptienne; les mômes écrivains ne l’auraient pas transcrit par des signes d’une valeur phonétique aussi différente. Khanraîa est mentionnée dans le papyrus Anaslasi, 1 (5G, 6), parmi les localités syriennes et comme appartenant au pays | 1 , .1 »/«»(?) : cette place porte la qualification de Tau-
reau sur ses frontières. M. llincks a fait remarquer, à propos de ce nom, que les Egyptiens ajoutaient volontiers la nasale à certaines syllabes où les Sémites ne la prononçaient pas ou du moins ne l’écrivaient pas. Nous avons vérilié souvent l’exactitude de celle importante observation. M. llincks compare donc Khanrat’a à la ville d ’ElusaM, citée par saint Jérôme. En effet, ce mot se transcrirait très-exactement par yiSn , eu négligeant la nasale. O11 pour-
£l1 On verra plus loin que le *? se transcrit par R en égyptien.
rail y voir «gaiement un terme employé par Daniel pour désigner le fossé d'une place forte : ynn; mais la racine yyn me plaît davantage, parce qu’elle signifie la force et la vaillance, et qu’elle se trouve par conséquent en rapport avec l’épithète de Taureau sur scs frontières, que donne à cette ville l’écrivain de la xix' dynastie. Ces remarques justifient l'opinion de M. Hincks; ainsi tombe le seul exemple sur lequel M. Brugsch avait établi la distinction des transcriptions entre les deux caph 3 et s; tous ceux que nous avons cités montrent qu’ils ont été indifféremment transcrits par le
La lettre que les hiérograminates ont rapprochée du 3 avec cette constance devait avoir une nuance de prononciation qui justifiait ce choix; dans notre système, c’est celle-là, à l’exclusion de toute autre, dont les Phéniciens ont dû emprunter la forme cursive pour en faire leur 3. La planche ne peut, à ce qu’il me semble, laisser aucun doute sur la réalité du fait. La forme de l’inscription d’£»chmun-ezer se remarque comme la plus ressemblante au type cursif du papyrus Prisse; elle n’a guère subi d’autre altération qu'un simple redressement ; l’appendice de gauche est devenu plus carré par la tendance naturelle de la gravure, et la tige l’a un peu dépassée en hauteur. Ce type explique parfaitement les diverses abréviations qui lui succèdent. Les formes araméennes, ouvertes par en haut, ont leurs correspondants dans les variantes du papyrus de Berlin.
Renouvelons ici, avant de quitter cette lettre, notre remarque paléographique ; c’est du premier type égyptien que provient la lettre phénicienne; la lettre redevient horizontale à une époque moins reculée. Dans les papyrus de la xix r dynastie, la forme oblique x, 11’est plus usitée que lorsque le ■— », écrit au-dessous d’une autre lettre, se détache de la ligne par le trait inférieur; dans le corps de l’écriture, la forme est déjà horizontale o — ■>. Dans le premier style, au contraire, c’est la lettre isolée qui occupe toute la hauteur de la ligne par sa position oblique. C’est donc à
MK. MOI II K SUIl LORIUINE ÉGYPTIENNE
celle époque qu'il tant remonter pour trouver le type que nous cite relions, et il faut avouer qu'on le reconnaît plus facilement dans le 3 d' Eschmun-ezer que dans les lettres démotiques et coptes, dont la filiation ne pourrait cependant être contestée.
Le p a donné lieu, de la part des hiérogrammates, à une règle de transcription aussi tranchée que celle du 3. C'est le signe a, qui lui est spécialement all'ccté. \l. üinrks et M. Brugsch ont déterminé cette correspondance dans les mots suivants : a ^” 7 ” ] \ » karla => rvip, ny>p, bourg, ville; ’f ■ — ~ , hma ^ njp 1 ' '. Parmi les villes prises par Scsonk I, en Palestine, ligure : Ku-
tamat; ce nom se reconnaît facilement dans nicnp, cité de la tribu de Ruben. Askarana, est une place dont la prise
est figurée à Karnak parmi les conquêtes de Ramsès II. Ainsi écrit, ce nom suit la forme arabe qui correspond à l’hébreu
îfjpç'K, Ascalon. M. Brugscli croit reconnaître dans les conquêtes de Seionk le mot pp y , profondeur, vallée, qui sert à composer le nom de diverses localités, dans la place nommée a , Pa-âmâk.
Pa est l’article égyptien, qui a été ajouté dans cet exemple et dans plusieurs autres à des mois sémitiques, même servant de noms propres, mais dont les Egyptiens comprenaient le sens. Celte dernière identification pourrait laisser du doute à quelques personnes. mais le nom même du roi Seionk ne se prêle à aucune objection.
La forme hébraïque ptf'çf, comparée à l’égyptien Seienk, nous est très-précieuse comme un exemple no de la suppression de la nasale dans l'orthographe sémitique, on plutèl de son insertion par les Egyptiens, car c'est avec toute apparence de raison que M. Lepsius indique à ce nom royal une origine sémitique *>.
Parmi les mots empruntés aux Hébreux, je crois pouvoir indi-
C*esl le nom du ruisseau qui ron- sur Mapjj«!do. — <r On !<* trouve jiorlé
lait mire Kpliraïm «’l Mnnnssé, cl que par un Hcbrru sous ln forme pCfî* . {Chroii.
Thnulnics 111 rencontre dnns sa marche I, vin, i&.)
( mm „ J v
1 contestable
I)K l/.VI.IMUItKT l'IlKMClKN.
<|uer comme écrits avec le a = p : j V» T~ «/ iv 1 1 • kaniala, que je compare à rb:ip, cm-nes; kat'a , ronces ou épines 0),
où je reconnais yip, épines; ® a ^ ) l> xirkata *’*> ( I ,,e j e rapporte au radical pin , /rendait dentibus.
La transcription «lu p par le signe a peut donc être considérée comme une règle assez constante, pour nous indiquer un rapport intime entre les nuances d'articulations que les deux peuples écrivaient par ces lettres. Je n’ai donc aucune liberté dans mon choix, et c’est à la forme cursive du a que je dois demander l’origine du p phénicien. Ici les lettres hiératiques n’ont varié essentiellement qu’après la xix 1 ' dynastie. Il suffit de redresser ces diverses ligures pour les reconnaître; dans le phénicien, la tige s’est seulement un peu allongée. Le type araméen, ainsi «pie les lettres ilali«|ues, sont restés plus semblables au modèle égyptien, parce qu’ils ont été tracés, comine celui-ci, par deux traits de calame ou de burin. Dans le phénicien d 'Eschmun-ezer et ses dérivés immédiats, la jonction des deux traits se fait par un retour, qui a produit une seconde boucle en avant. Les formes plus récentes de l’écriture hiératique ont donné naissance au k démotiijue de la forme , . «pii est infiniment plus éloigné du modèle «pie la lettre phénicienne ou hébraïque, ou que le Q de nos écritures occidentales.
Nous avons remarqué que la langue égyptienne n'avait pas possédé l’articulation G •= j; nous ne devons donc pas nous attendre à trouver ici des transcriptions aussi régulières que pour le 3 et le p. Lorsque les écrivains égyptiens rencontrent un 3 à transcrire, ils hésitent quelquefois entre les divers homophones hiéroglyphiques. Ainsi je trouve 3 rendu par le représentant du 3, dans ^ ^ 1Ü’ Moite— *njtp, et dans le mot V. 'Vtfi | ka-
maanr — bçj , chameau W.
<1} Pap. Anastasi, 58» 3.
Pap. Anastasi, I, *5, 9 .
(i) On peut encore citer le nom royal c ? i JT, Tukcrt, T zxeXX'ifOtt , qui
parait être le nom du tigre njJH ;
mais la forme peut foire douter si les Égyptiens onl voulu transcrire ici un 2.
/if, M ÉMOI H K SUR L'ORIGINE ÉGYPTIENNE
M. Birch a noté également dans les tribus d’Asie une sorte de vase d’argent nommé ( L1 ^ akena , qu’il compare à l'hébreu Ijk, pelvis. Le 3 est ici écrit pur [J, le quatrième k égyptien, d’un usage un peu plus restreint. H serait difficile de dire si ce caractère se rapprochait plus de la nuance du j = p que de celle du = a .
Il existe, dans les mots égyptiens, des variantes de [J avec ces deux signes. Les dérivés coptes le rapprochent plus souvent du k; on peut néanmoins citer comme exception J jj ^ , bekau = qy.\f>E,
lucere, et quelques autres mots. Comme transcription des mots sémitiques, [J est également rapproché du 3, dans le nom du roi Nckau, 133, écrit par le taureau, homophone du {J, et dans le nom de la princesse ÇjJ kerama; le signe «5,
ajouté aux lettres, semble indiquer qu’il s agit d’une plante, dans le sens radical de ce nom propre : je le l'apporte, à 025, rinça. Les mots sémitiques transcrits avec le signe JJ devront donc être cherchés d’abord sous la rubrique du 2, mais sans exclure les autres palatales et gutturales.
Le a , correspondant du p, apparaît à son tour, comme transcription du 3 dans le nom de ville Kabaâna, de la
liste des conquêtes de Seüimk. M. Brugsch l’identifie avec Gabaon , ;iï33, ville de la tribu de Benjamin.
Mais il existe un caractère qui a servi bien plus habituellement à transcrire le 3, c’est le signe U ; on voit par certaines transcriptions du Dictionnaire hiéroglyphique, que Champollion avait déjà remarqué ce rapprochement du Q avec le 3; mais c’est M. Brugsch qui l'a définitivement mis en lumière. La ville nommée, dans les hiéroftlyphcs D ^ *T~*T*0. Mükater, répond bien au ‘31230''* de la Basse-Egypte , et le pays de ^1 7 TÏ ^ ^ IT’IJ- ’ Sunkar, constant-
n) Lû ville nommée pe-rnakter en Seti Mtri-en-Plah (Select pnpyr. pi. xcm) ne me parait pas une variante de Migdol.
Ce peut être une des villes nommées dans la Bible, ViaÇ, lutrin. L'orthographe
, D ’v 1 ' av « cos ' le,,i
déterminatifs, se prête h re sens : le signe indiquerait peut-être néanmoins un dérivé de la racine , circumdedit , signifiant enceinte.
DK 1,'Al.l’ll A Il K T PHÉNICIEN.
hl
ment cité dans le A aharnïn, est bien certainement le sous
la forme arabe Ces deux attributions proposées depuis long-
temps et citées par M. Brugsch sont incontestables. Ce savant a également reconnu, dans la liste de Seionk l, divers exemples de cette lettre ainsi employée; ainsi : 23 , Kttrnaa est bien cer-
tainement l’ancienne cité cbananéenne ftla, qui fit partie de la tribu de Manassé, et fut donnée aux lévites.
La même liste porte toutefois le nom de lieu J \ m v , pe-nekru ; outre le déterminatif général des régions — , nous avons ici l’angle V, déterminatif spécial des côté», directions, etc. comme dans mehi-t, nord, etc.; pe-nekru (avec l’article pc) me parait donc évidemment correspondre an mot aaa, qui caractérise la direction du midi.
Un autre nom de lieu ou de peuple revient également trois fois dans la liste de Sexonk; il est écrit pe-hakeri; ces
trois places désignent certainement des fractions des peuples arabes nommés o'^Jn, qui attaquaient les tribus établies au délit du Jourdain f'L
Dans le voyage mentionné par l’auteur du papyrus Anastasi, n° 1 , je trouve sur le chemin de Khéta une place nommée VTM±. Ikuri; ce nom représente exactement pSjv, ville royale des Chananéens, citée au livre de Josué (x, »3), et attribuée à la tribu de Juda. On pourrait néanmoins conserver ici des doutes à cause de l’absence de la finale p, qui est habituellement transcrile par ^ , na. En revanche les mots suivants, empruntés à l'hébreu par les écrivains égyptiens, ne me laissent aucune incertitude.
i° *1* 23 \ ^ — , Akarla = currus, plaustntm. Ce mot
apparaît, deux fois de suite, dans une inscription de la xx r dynastie conservée à Hammamal; le rédacteur y décrit une armée de huit
1,1 Cf. il en est de mime de markabutn, cité
(,) Celle forme nkaral semble se rap- plus liant, qui transcrit exactement :
porter à celle de l'état d’annexion : VOS'ID , currus.
AH MÉMOIRE suit L'ORIGINE ÉGYPTIENNE
mille hommes, dans scs divers détails !'); l'énumération se termine
par la phrase suivante :
^HVPrr:i.^.Tsvy2n vrn~
X<en-ntu en sen %er - t hcr Isemi cm t o eu âakarata
1* : : : l-U Z ’M A SaVTM-
au fi hetar en aua—u ker âakarata
mot à mot : eSunt allatæ illis res de Ægypto in decem plaustris, ireraut sex paria boum pro (uno) plaustro.n
>" *Pn VTD". pe-sekar M ; les déterininalirs de ce mot, [J le mur et n la demeure en général, font reconnaître aisément -ijid, elauslrum, carrer, ou la forme voisine iljç, claumra.
Je pourrais encore indiquer d’autres mots empruntés à l’hébreu, tels que : Q V, ^ ****', kau-l^tt') (c. '>=-), vallis, et le verbe O \“7", Içarpu — t )-ij, verrerc; mais les preuves seraient moins immédiates.
Les exemples cités sufliscnl d’ailleurs pour établir que, sauf quelques exceptions, le 3 a été transcrit par le signe Q. choisi pour cet usage avec une préférence très-marquée. Cette attribution spéciale de 3 à □ est d’ailleurs confirmée par l'emploi du même signe pour transcrire le j dans le nom de Gaza. Cette ville se montre à l’entrée de Thoutmès III en Palestine, sous la forme Kal'alu, qui reproduit scrupuleusement la forme arabe »£s. Ou sait que, l'alphabet hébreu n’admcllant pas la distinction entre le £ cl le £ . la Bible écrit ce mot nw®. L'ethnique mw, fait ressortir le l final, et l’orthographe montre l’antiquité de la prononciation par le guttural.
Tous ces faits nous forcent à chercher dans le signe Q le type du 3. Le signe phénicien que je suppose dérivé de la forme cursive,
11 l.opsius. Dntkmûlcr, lit, sic). [ ’ |ji v .'il oui' exacte <le ^ ï, t sera
(,) Select fiapi/ri . pi. XCIII. expliqué plus loin.
n’a pas conservé la ressemblance frappante que nous avons trouvée dans le 3 et le p; il faut supposer que l'abréviation l’a réduit à la moitié de son tracé, et cpie toute la partie inférieure a disparu; aussi le ghimel est-il une des lettres que j’ai signalées comme étant très-allérécs. Le démolique n’a pas conservé plus fidèlement la forme correspondante. Je suis persuadé néanmoins, qu'il faut suivre encore ici les indications des transcriptions, et que le O est le véritable prototype du 3 par l'entremise du signe cursif du premier type.
Le plus ancien A, gamma , est identique au phénicien d’A’seAmun-ezer; la seconde branche de l’angle ne se relève horizontalement que dans des types moins archaïques. Ainsi tracés A. le ghimel et le gamma sont exactement la partie supérieure de la lettre copiée dans le papyrus Prisse, et le manuscrit de Berlin. Cette ligure aurait, comme presque toutes les lettres phéniciennes, subi un redressement pour régulariser son tracé.
L'alphabet égyptien nous olfre encore ici quatre homophones pour une seule articulation, à savoir: —, — , ] et =*, qui représentent un T. Les Phéniciens avaient au contraire reconnu la nécessité de distinguer dans leur langage trois dentales : 1, b et n. M. Brugsch, poursuivant les conséquences de son système , voudrait également noter dans les mots égyptiens trois dentales : D, T et T’. Mais je me range ici, sans aucune restriction, à l’avis de M. Lepsius, qui n’en reconnaît qu'une seule. M. Hinchs est arrivé au même résultat; car, après avoir indiqué ses soupçons sur une valeur spéciale qu'aurait eu la lettre —, il reconnaît dans une note ('homophonie parfaite de ce signe avec les trois autres I. Je n’ai remarqué aucune différence dans les dérivés coptes qui proviennent de mots égyptiens écrits par l’un de ces quatre signes. Quant aux variantes orthographiques, M. Brugsch admet lui-mèmc qu'elles
50 HÉMOIIIE SU K I/O R IG I N K ÉliYI'TIENfoE
di' 1 mollirent l'Iiomojtlioiiie parfaite dus deux IclLrcs ta et J. Le /, de la forme*, alterne avec => , non-seulement dans l’intérieur des radicaux, mais encore dans les flexions grammaticales^ 1 .
J'ai dit nue M. Iliurks avait hésité sur l’Iiomoplionie absolue du signe — . Les variantes avec les autres t sont en effet plus rares; il se préseutcau contraire, dans un certain nombre de mots, comme variante du caractère '"'i =»s, qui, comme nous le verrons, sert à transcrire le s. Ces faits particuliers méritent notre attention.
Nous ne trouvons dans la langue copte que la trace d’une seule dentale primitive, qui était un I. Le d n’existe dans l’alphabet copte qu’à l’état de lettre étrangère, inusitée pour les mots égyptiens. Il est vrai que les derniers Coptes prononçaient leur -t comme un d; mais Sehwarlze fait voir que cette prononciation est postérieure, et qu’elle n’est due qu’à un adoucissement progressif qui a modifié la plupart des consonnes de cette langue. Les premières transcriptions des mots grecs prouvent que le -r transcrivait, non pas un A, mais bien la dentale forte T. Quant au h copte, il sert à rendre la lettre aspirée du dialecte mcmphile, correspondant au t tbébain, où il est produit par la rencontre du i avec l’aspiration ».
On ne voit donc, à l'origine, qu'une seule dentale : j'admets cependant que sa prononciation a varié suivant les temps et les lieux, et peut-être même suivant les voyelles qui lui étaient jointes. \insi, il y avait certainement une nuance distincte pour la syllabe Ci, car les Coptes ont adopté pour l’écrire un signe spécial dont l’origine est restée obscure, et «pii ressemble nu r> phénicien de la variété cruciforme f. f. Le ^ copte n’est pas une articulation particulière répondant à quelque différence radicale, il est simplement amené par la rencontre du T avec s. Les traditions des divers Coptes s’accordent pour le transcrire par di. Il est raisonnable de voir, dans l'introduction de cette lettre, la trace d’une pronon-
Le pronom pluriel de In deuxième personne est écrit ou : I** démonstratif féminin est orthographié
ou le signe du participe s’écrit :
Ç- on
UE I.MI.I’H A ItET IMtÉMCIEY cialion spéciale attribuée il la syllabe ti, et il fallait quo le fait fût ancien et eût droit de cité, pour ainsi dire, dans la grammaire pour qu’on l’ail ainsi consacré dans l’aipbabet.
Il faut maintenant rechercher si parmi nos quatre I égyptiens, il n’eu existerait pas un plus habituellement alfccté il la syllabe fi. Ceci m’amène à discuter le système proposé par M. Elincks, pour expliquer ce qu’on a nommé les voyelles explétives ou inhérentes à chacune des lettres égyptiennes. Ce savant a discuté le premier, avec soin, les règles d’une singulière manière d’écrire certains mots dont on retrouve l’usage répandu spécialement dans les manuscrits, à partir de la xix r dynastie. Chaque lettre, dans ce système d’écriture, peut être accompagnée d'un signe explétif, qui doit être éliminé dans la prononciation. On en trouve même des exemples dans les hiéroglyphes; nous avons cité plus haut le nom grec «bAonros, Pliiuliupuas. Le papyrus démotique du musée de Leyde renferme beaucoup de mots, où les transcriptions grecques inlerlinéaircs prouvent l’emploi de celte méthode. Elle est d’un usage constant dans les papyrus hiératiques du second empire, et je crois que l’origine en est due simplement au désir de la clarté. En effet, on dut reconnaître promptement que les lettres égyptiennes, réduites aux formes cursives que rions connaissons, pouvaient donner lieu à de fréquentes confusions; mais les explétifs de chacun des signes devenus trop semblables par l'abréviation, étant très-différents, la lecture se trouvait assurée. C’est ainsi que «=» et — - pouvaient facilement être confondus sous les formes hiératiques de la xix' dynastie une fois complétés par
leurs explétifs, les trois groupes f ^ , J e=) et n’étaient plus la cause d’aucune erreur de lecture. Chaque signe eut ainsi son complément de clarté facultatif, et l’on se servit tout spécialement de cette méthode pour écrire les mots étrangers. On craignait évidemment que l’œil du lecteur ne reçût de son oreille qu’un secours insuffisant. Les Arabes usent d’une précaution tout à fait, analogue, lorsqu'ils écrivent un mot en détaillant chacune des lettres qui
52 MÉMlllltl- suit i;OBIi;l.Mi KCÏI'TIK.WIi
doivent entrer dans sa composition. Ils cspùrctiL ainsi éviter les failles d’un copiste ignorant ou aider le lecteur peu inslruit du sujet ipi'ils traitent.
M. Ilinrks, après avoir dressé un laldcau comprenant chaque lettre avec son explétif, exprime l'opinion que chaque groupe ainsi complété compose le nom de la lettre égyptienne; ainsi J se serait nommé bu, à cause de son complément phonétique Ç, t»; se serait appelé ha, l’explétif de celte lettre étant V , a. il faut bien se garder de conclure de ces remarques que ces voyelles, inhérentes à la consonne, lui donnaient une véritable valeur syllabique restreinte à une seule voyelle. Ainsi la lettre J, dont le complément était Ç = «, n’en était pas moins propre à écrire les syllabes Ita, hi ; c’est ce qui résulte des combinaisons usuelles : J |, J I y , JL ' ,l JM; seulement le nom de cette lettre s’écrivait ba.
Nous reviendrons sur ces lettres cxplétives et sur ces noms des lettres proposées par M. Ilincks; il est facile de comprendre que la voyelle a pu influer sur la prononciation de ces noms. C’est ainsi que notre troisième lettre se nomme ce (sc) , quoique sa valeur fondamentale soit h (m). Les quatre / égyptiens, prononcés avec leurs explétifs, donneraient les noms suivants : ] ta; T?, tn; “, tu; ti. Ce nom de li, donné s) la lettre — . impliquerait, d’après ce que nous avons constaté, une prononciation affaiblir; elle est probablement la cause des variantes de — avec dont
nous cherchions l’origine. Nous avons vu que ^ était prononcé ili, nous pouvons donc nous attendre à trouver— , U, choisi entre les quatre ( par préférence, pour transcrire le i sémitique. Je dis une préférence, et non une règle constante: en effet, un véritable (I n'existait pas dans la langue égyptienne; le copte nous l’a déjà montré, l’orthographe du cartouche de Darius le prouve encore plus clairement. Lorsqu’on a voulu rendre ce nom royal avec une. exactitude scrupuleuse, les hiérogrammates ont recouru à la consonne composée al, la nasale venant par son influence amollir la dentale. On a une autre trace de celle influence de la nasale dans
l)li I. ALPHA ItKT l’HKNILIK.Y
le nom gréco-égyptien ÇësvSvTts , en <lémoli<[ue : n sehaiuteli. L'artifice grammatical ni prouve l’absence d’un véritable d; la main — , li, di, 11e pouvait être qu’une approximation; il lie faut donc pas s’attendre à une régularité parfaite dans la transcription du i sémitique.
Dans les mots sémitiques, M. Bnigsch constate que toutes les Ibis qu’il a rencontré—, celte lettre répondait à un i ; voici sur quels exemples ou peut fonder celle règle :
1" Le nom de Darius commence souvent par ut, écrit ^ |, 1 9 |; on le trouve aussi avec le — seul pour lettre initiale.
a° Dans le papyrus Anastasi, u° 1, le nom du Jourdain se reconuait facilement sous la forme \\ , ç '—Xi-- laiiuna, ps>.
3 ° Le nom de Mageddo se trouve écrit une fois avec le — . : , maklau; mais dans le récit des campagnes de Tlioutmès 1 1 1 , il est constamment écrit avec le / =1.
A® * == . D VTTQ, Makuhr répond à
5 " * ^ \ • A alemel, de la liste des conquêtes de Sesouk I
en Palestine est la place, déjà citée par nous, de nioip.
G® Dans la même liste A ter ma, est oniis, place
située au midi de Juda, et que llohoam avait fait fortifier.
7“ | 1 Vj^] = lulali malelc (même liste). Je persiste à
croire avec (’diampollion que ces deux mots rrprp cl qVç, roi , désignent le roi fait prisonnier par Sesouk I. L’incorrection qu’on a remarquée dans leur position respective n’est pas étonnante sous le burin de gens qui se piquaient de savoir quelques mots de la langue chananéenne. Il faut remarquer d'ailleurs que lu scission des deux royaumes et la dénomination qui en lut la suite étaient extrêmement récentes; les Egyptiens n’en connaissaient peut-être pas bien la vraie signification.
8“ Les souvenirs de cette campagne nous montrent encore le nom tYlùlom, d'ax, écrit \litnia. Le papyrus Alias-
lasi, 11® G, nous représente Aluma comme faisant partie des tribus Sus» ou des Arabes nomades.
ij° Outre ces noms propres, je citerai un exemple du i avec le daguesch redoublant rendu par dans le mot emprunté au
dialecte hébraïque , la plaine, les champs; l'écrivain égyptien l’a construit avec l’article pa, ^ | ^ ^Pi"vv" "vv"J i» W-Mtiti.
Les principales exceptions que l’on pourrait opposer à la règle de transcription du i par —, seraient :
i° Lue variante de Mageddo, déjà citée: -V 4 — 1 1 f], Alakla.
*• D”. Pe-maklar; ce mot est considéré, par
MM. lliucks et Brugsch, comme une variante de inijo; mais cette attribution me parait douteuse. L’orthographe de ce mot, écrit par ■*« = 3 et } = n, indiquerait plutôt, ainsi que l’ai dit plus haut, un composé très-régulier de la racine in:, circumdedit, qui pourrait avoir le sens d'enceinte. La phrase du papyrus Anastasi, n° G (pl. GX1\ ), où se trouve ce mot se prête parfaitement au sens que j’indique, puisqu'il y est question du mur d’enceinte septentrional du maktar de Séti / :
(a — aneb mehil en pe — mnhtnr en
(mmaïip
Seli - me ri en ptnh,
3” On pourrait encore trouver une exception dans le nom de peuple ^ > Ilolennu, qui est aussi écrit J, et que l’on a comparé au de la Bible.
h° Enfin le nom de ville Araltu, ou | ji'T’
T JJ 0 > Aratu, est supposé identique avec Aradus inx ; mais ces deux attributions restent également douteuses.
Ces exceptions sont peu nombreuses, mais il n’est pas douteux qu’on en constatera d’autres, à mesure que l’on reconnaîtra de
(,} K\pédiliou de Thoulmès III, et p;ip\rus Sullter, pi. XXIV.
nouveaux mots sémitiques dans les textes égyptiens. M. Lepsius lait l'cinarquci' qu’à partir des Ptolémées le A et le T grecs sont transcrits, sans aucune distinction, jMir les liiérogranmiates. Tout en reconnaissant pleinement la justesse de cette observation, je crois qu’en ce qui concerne les rapports anciens des Égyptiens avec les Sémites, les faits que nous venons de signaler se groupent dans un ordre assez constant pour établir que les biérogra minâtes de la xi\ c dynastie ont transcrit, très -habituellement, le i par leur lettre —, ti.
Eu raisonnant comme nous l’avons fait jusqu’ici, cette préférence rendra très-probable que les Sémites auront à l’origine choisi le même signe pour en faire leur d. Or, si nous rapprochons la forme cursive de—, dans le papyrus Prisse, de la ligure du i, dans l’inscription d ’Esclimun-ezer, l’identité originelle deviendra saisissante. Les seules modifications que ce caractère ait subies sont un léger redressement de la tige et le rétrécissement horizontal que nous avons déjà plusieurs fois signalé.
C'est encore à la variété la plus ancienne qu’il faut aussi se rattacher pour trouver un modèle satisfaisant. Dans les formes hiératiques plus récentes, le trait de plume inférieur qui a fourni la tige de la lettre phénicienne diminue de plus en plus et s’oblitère à la lin complètement. La dernière forme hiératique était arrivée à la ligure presque exacte du A; et c’est assurément un fait très-remarquable, que les altérations d'un même modèle sc soient, après tant de siècles, retrouvées toutes semblables chez deux peuples aussi différents. La lettre démotique est encore plus abrégée: elle n’a conservé que deux côtés du triangle.
Je ne crois pas que les Egyptiens aient distingué dans leurs transcriptions le a du n. Nous possédons trop peu d’exemples du a pour décider cette question; mais nous avons constaté la parfaite, homophonie des trois t M. Brugsch propose néanmoins
de restreindre la valeur du t = « au a; je ne puis admettre cette partie de sou système. En effet, sans sortir des mots hébreux, je
rencontre ^ «=» p dans le nom de 1 jrn . • "V^ — - , Taiïmka,
et dans e f ] , Kheta — rn. La variante ^ V^l,» pour
!â>*T'Ÿ > 1*' A rot h, nous montre aussi l'égalité parfaite des trois signes : ] , m, «= , dans les noms propres des localités syriennes.
On ne connaissait jusqu'ici qu’un seul exemple du b transcrit en égyptien, et encore il provient des Hébreux, dont les transcriptions me paraissent moins scrupuleuses que celles des liiérogrammales. Le célèbre nom de Putipliar, écrit ïis'çib et '.E'bie, et transcrit par les Septante Ilers ppÿ, parait bien être la transcription de
l >cla l ,ra ; mais il serait diflieile de dire que le t du verbe
i i, ti ou la, donner, dût être rapporté à un des quatre I plutôt qu’à
un autre.
La ville syrienne de pn:o me fournit un exemple plus certain: dans ce nom, que j’ai discuté plus haut, ê ç; ] , Tuhayi, le b est rendu par On sait que l’emploi du o est assez restreint pour que nous ne devions pas espérer beaucoup de faits analogues à celui-ci.
Les lettres r=> et | apparaissent l une et l'autre, au choix de l’écrivain, dans plusieurs mots déjà cités, tels que : rea Daila, ru» = A nia. Ajoutons-y le nom d 'Astarte', rntiçts, dont les variantes ~ H "T l ! (, t ^ ^ , Aslarla, sont écrites avec r = J ou
t=>, indifféremment.
La finale n est habitueiienienl rendue par j ^ ; c’est ce que nous avons remarqué dans a ^"7* j ^ , h aria — rr;p; “ Q vrn~. Akarta ■= etc. La même lettre remplace le n dans toutes les positions; elle est au milieu du mot dans Aitarta et Maklar; elle est initiale dans ICkl. Tamena, qui paraît être l'ancienne cité chananécnne nommée n:on (l '.
On voit que par suite de la rareté du b et encore mieux paisible de la parfaite homophonie des trois lettres —, ] etc=, nous n’avons aucun renseignement sur le choix que les Sémites ont pu faire dans ces trois caractères pour écrire leurs deux consonnes n
il -' Pap. Annslasi, a. Cf. Geneic, xxxviii, ia.
<•1 a; la ressemblance seule peut ici nous guider. J'élimine d'abord le < = *; la petitesse relative que conservent toutes les formes cursives de ce type u apparaît en aucune façon dans les dimensions du b ni du n comparées aux autres lettres. Il ne nous reste plus que *= cl | , dont les formes cursives se rapprochent facilement des deux lettres phéniciennes. s= semble une corde à nœuds; l’appendice de gauche du signe hiératique disparait à volonté et sous In plume du même écrivain. Les formes anciennes du papyrus Prisse et du manuscrit de Berlin se distinguent parce que, dans la première. les deux jambages se ferment et complètent l’ovale, comme dans le n d’ Eschmun-ezer, et le tlièia grec ancien. La variété ouverte se retrouve dans toutes les autres formes du b. La lettre égyptienne a été redressée; l'appendice de gauche a été tracé au milieu lorsqu’il n’a pas été supprimé. Ou remarquera les traces des deux nœuds des extrémités du bout de corde s= dans beaucoup de variantes des a phéniciens. Le hasard des abréviations a produit, dans les dernières formes hiératiques, une lettre trèsvoisine du e de l’hébreu carré.
Le ri de l’inscription A' Eschmun-ezer, quoique n'ayant pas au premier coup d’œil un aspect identique aux formes cursives de ], se compose néanmoins des mêmes parties essentielles; on y voit d'abord une tige à peu près verticale, dont le sommet a souvent une légère inclinaison à droite; jusqu'ici, identité parfaite. Le second trait est tracé à droite et à partir du milieu de la tige verticale, ou un peu plus haut; il se recourbe en descendant. Dans l'hiératique égyptien, ce trait se recourbe également et va rejoindre le pied de la tige. Toute la différence consiste en ce que le second trait de la lettre phénicienne s'écarte un peu plus et s’arrête vers la moitié de la hauteur. L’aspect général de cette lettre se caractérise, dans les deux écritures, par le grand espace qu’elle occupe en hauteur. Le n cruciforme me parait une variante abrégée ; la barre transversale a dépassé la tige; mais elle a perdu la portion du trait qui se recourbait vers le bas. Les dérivations araméeuues
MÉMOIRE Sllt L'OHKIINE ÉGYPTIENNE se réunissent à la lettre ÿEtchmun-ezer pour nous engager à reconnaître comme le type primitif celui qui se compose d’un trait vertical et d’un appendice partant à droite de ce premier trait pour s’incliner vers la base. Le type égyptien que je lui compare justifie également cette conclusion.