SIFFLANTES
L’Kjjyplc possédait trois consonnes do In rlnsso dos silllnnlos; les Copies les ont représentées par le C, sifpna grec, le oj, (pii équivaut à notre son ch (sh anglais, sch allemand), et le vc. dont la prononciation mixte paraît avoir beaucoup varié. Les Phéniciens eurent besoin de quatre consonnes de cette classe : o, et, s et j pour écrire les nuances distinguées par eux dans leur langage. Le c et le c? répondaient très-exactement à I* et au sch égyptien. Quant au 1 et au s, leur équivalent rigoureux ne paraît pas avoir existé dans l'alphabet égyptien, mais l'articulation antique, qui a fourni au copte le -x et que nous notous par (, leur a fourni des approximations qui leur ont paru sudisanlcs: c’est ce que va nous prouver le dépouillement des transcriptions. Nous commencerons notre étude par le c et le », dont l'identification ne donne lieu h aucune difficulté.
L’# simple s’écrivait, dans les hiéroglyphes, par les deux lettres — - p, ou par les syllabiques sa, fgï, sa, , su, etc. qui se rapportent tous exactement h l'articulation s (— , P). Elle correspondait au c; c'est, en effet, la lettre qu’ont employée les écrivains bibliques pour transcrire l's dans: cçdïi. = ® fljpp, Ramsès; roic = pafejQ, ccr**»H, Syène; nsçn, nom de la femme de Joseph (l1 , et les noms de lieux : f'Ç?''B = c 7 1 J Pa-besel, Bnbaslis; olirtD<-=
fia Ôovpvs. C’est la même lettre qu’on retrouve dans les deux mots Dnjçnn-= ville de la Basse-Egypte, et C’jBnp, nom d’une
princesse tanite 2i . Cette règle paraît assez constante pour que nous puissions considérer le » comme ayant été reconnu moins propre à remplir le rôle de l’a égyptienne.
Le s ne jouit pas d’un domaine étendu dans le dictionnaire hébraïque; il ne faut pas s’étonner si nous ne l'avons pas retrouvé
Geniv, Ul, 45 . — Itrff, III. \i. irj.
DE L'ALPHABET PHÉNICIEN. Gi»
jusqu'ici dans ics noms de ville de la Palestine transcrits sur les monuments. La langue hébraïque et le dialecte phénicien affeetionnaient beaucoup plus l’articulation e>. Les mots empruntés par les hiérogrammalcs nous en fournissent cependant quelques exemples authentiques. Ainsi on reconnaît le c dans sesem,
cavale, tiré du pluriel D’Cio (l) : ~ , nef, épée, de ; noos
avons déjà cité les mots: * ' *= »— , sanehem = oïVd , sauterelle;
sauabab = aas, circumivil, et p Ci ^"7*0» * e ^ ar
— ms , clausura.
La correspondance du d avec 1’* égyptienne est donc parfaite. Il n'y a pas à hésiter entre les deux types — et p pour le choix du modèle phénicien. Quoique le samech soit une des lettres que je regarde comme assez altérées, il est facile de reconnaître dans la lettre d’ Eschman-ezer les éléments de l’hiéroglyphe —, et de se rendre compte des accidents qui en ont modifié les tracés cursifs. La lettre du papyrus Prisse est extrêmement abrégée, mais il ne faut pas perdre de vue le type égyptien ; les deux traverses qui caractérisent le verrou, —, ont été souvent rappelées, dans l’écriture cursive, par deux traits liés formant un zigzag. Ainsi tracée, f* est obtenue par deux traits de plume distincts; le samech du type d’Kschmunezer a réduit nu contraire le tracé à un seul trait de plume. On reconnaît parfaitement le même type, quoique imité d’une manière un peu différente dans le samech aruméen des papyrus. Je ne considère pas le samech vertical, qu’on lit sur les pierres gravées très-anciennes : P, comme un type différent; il 11 e me parait pas autre chose qu’une variante régularisée et plus propre à la gravure. Son retour aux formes droites le rapproche sensiblement du type hiéroglyphique ; la variété cypriote t, * n’en diffère que par la position verticale. Le samedi vertical ? doit d'ailleurs être comparé à la forme du mem, 4}. trouvée sur les poids babyloniens ; leur tracé procède évidemment du même principe.
fl> Cf. nCIDi f/ua. (CaHtic. i, 9 )
Le démolique est resté, pour cette lettre, fidèle au modèle de l’écriture hiératique. Ou trouve néanmoins des variantes cursives, oii l’écrivain, voulant tracer la lettre d'un seul trait de plume, est arrivé à une figure, parfaitement analogue au samedi phénicien, sauf la direction horizontale.
Le et tient une place bien plus considérable dans le vocabulaire hébraïque; cette lettre paraît s’ètre dédoublée, à une époque postérieure, pour noter les différences de prononciation qui variaient entre le se/i et l’s, ut et B, dans les branches voisines des diverses familles sémitiques. Dans les mots empruntés par les hiérogrammates, ces écrivains suivent presque toujours le dialecte hébreu; mais dans la transcription des noms de pays, on doit s’attendre à rencontrer plutôl la prononciation locale. De là vient que nous trouverons quelquefois le ut transcrit par — ou p.
Le signe hiéroglyphique qui correspond au ut dans les noms propres, c’est, sans exception constatée jusqu’ici, le groupe des plantes d’eau Mil.
Sa valeur a été déterminée par Champollion à l'aide des noms royaux de Sesonk, Darinus , klmmrsa et Artakhsases, où l’articulation s (sc/i) est constamment rendue par Md- Une seule variante d’Artaxerxès paraît donner = comme variante du Ma dans ce nom royal. Le est, en effet, un homophone de ce caractère aux dernières époques; mais il est douteux pour moi qu’il n’v ait pas existé de différence entre eux à l’origine; c’est un point sur lequel nous devrons revenir tout à l’heure.
Outre les noms royaux que nous venons de citer, le e se trouve aussi transcrit par Ma dans les noms de pays suivants : a ^"7" karkamasa = tf'pri;; Ma *7* Sarhan, que
M. Brugsch compare à ]nrtf, ville des Siméonites; titit £== 1 V, — ^ , Sennuïa , qui fait partie des conquêtes de Sesonk, et que le même auteur rapporte à q:iB, ville du territoire d’issachar; '
liait- sema, de la même liste, répond probablement à n’3 . ou Sci/lhopulis. Je laisse de coté d'autres attributions plus
douteuses, mais où le ü est également presque toujours transcrit par titit .
Parmi les mots hébreux, introduits dans les compositions littéraires, nous avons déjà cité ” *, aiak = ptfy , opprcssil ;
r raiaau => tf«*) , cuptit; , üarmala —
, relribulio. M. Mariette a rappelé un exemple du même radical qui apparaît sous la forme Md ^"7* ÜÜÎ ^ . saramà ----- Dibtf, sains.
Lu a est au contraire transcrit par une s dans les noms suivants, où nous devons supposer que les habitants ne prononçaient pas le v suivant le dialecte hébreu : É^'n' TT 1 , Sankara = isjp ;
■ Çj, Aksapu = t\p?H; = p’jpçm ( u ALw); et enfin
le peuple nommé 1(1^ V I . Assur, dans les expéditions de Thoutmès 111 en Mésopotamie; les exemples précédents ne doivent pas laisser de doutes; le peuple, très-important par ses richesses, désigné par ce nom d’ issar, ne peut être que l’Assyrie, -îuÿtt
Sauf les modifications produites par les dialectes locaux, on voit que îiîil est partout le correspondant du ». Aucune lettre n’a gardé plus fidèlement son type spécial. Toutes les écritures cursives de I Egypte reproduisent les trois traits verticaux, qui figuraient des tiges de lotus sortant d’un terrain inondé TlTlJ . Le schei cy copte n’est autre chose que la lettre démotique elle-même.
Quant au phénicien, je n’ai pas besoin ici d'insister sur la ressemblance du schm avec la lettre égyptienne; elle est frappante, et Salvolinin'a pas manqué de la remarquer. L'alphabet d'Eschmunezer a simplement supprimé le double trait inférieur; toutes les variantes anciennes sont ù peu près identiques et se relient entre elles par ce caractère commun des trois tiges que l’hébreu carré » montre également sans altération.
On sait que les Grecs avaient emprunté la figure du schin phénicien, qui faisait partie de l'ancien alphabet sous le nom de san;
Je n'ui rencontré jusqu'ici le bassin „• ~| . kntei - »np ; encore la lec-
c» — * que dons deux noms de pays : (un; du premier signe de ce nom j est-
] .. Au», nom de l'Élliioiiie dj; elle douteuse.
7 i MÉMOIRE SUR L’OMIGINE ÉGYPTIENNE
mais il se confondit de bonne heure avec Je sigma, qui vint occuper, dans l’ordre des lettres, la place primitive du san i, immédiatement avant le l. Réduits l'un et l'autre à la forme d'un zigzag, qui ne présentait guère d’autre différence que celle de la position, le san disparut de l'alphabet; mais on sait qu’il y rentra sous le nom de (rainri, comme lettre numérale, avec le jSaô et le xomrot.
Les Phéniciens curent encore besoin de deux sifflantes, portant chacune un caractère organique particulier s cl t. Les Egyptiens, sans avoir des lettres d’une correspondance exacte, possédaient une autre sifflante, qui fut nuancée, suivant les époques, plus ou moins fortement de dentale et de gutturale. L'approximation a paru suffisante pour que les deux peuples l’aient constatée dans leurs transcriptions. C’est ainsi que la Bible transcrit par j?ï, le nom de la ville de Tanis : en copte as&tiï. M. Schwartze, dans sa
Grammaire copte, fait voir que les affinités de la lettre -ü se partageaient entre la sifflante, la dentale molle et les gutturales également affaiblies. D'un autre côté, les variantes antiques la rapprochent , à l’origine , de la dentale I. M. Schwartze observe également qu’elle tient quelquefois aussi la place du oj, ce qui constate bien son caractère de sifflante; mais il a omis de consigner un fait essentiel, c’est que, dans le mol ujoaS'T, sculpter, pour le
as remplace évidemment ^raj. Je crois que la prononciation la plus forte de as était tch, analogue au ci italien. La tradition des derniers Coptes indiquerait une sorte de sifflante très-molle, écrite par sj. Toute la prononciation copte a ainsi marché dans une voie d’adoucissement.
M. Schwartze fait remarquer la correspondance ordinaire du as memphitique avec un f> thébain; mais il faut distinguer en deux groupes les syllabes coptes écrites par le as. Le premier comprendrait le as memphitique correspondant au Æ’sahidique; le second se composerait des mots où le as subsiste dans les deux dialectes. Dans ce dernier groupe, on est plus certain de rencontrer les filiations de l'articulation antique que nous éludions.
Mais avant d’aller plus loin, je suis obligé de ni arrêter un instant, car M. Ecpsius nie l’existence distincte d’une consonne antique, analogue au ■x copte, et représentée par les signes et Jj. Ce savant exclut j de l’alpliabet, et ne reconnaît au serpent '“H que la valeur de l = t= ou — .
Cliampollion avait transcrit le ^ par x, dans le mot xitt, dire, et dans plusieurs autres; M. Hincks a, le premier, mis en lumière le caractère spécial de et | , comme correspondants du s, ce qui confirmait leur identité avec le x. J'ai insisté sur ce fait important, et j’en ai tiré de nouvelles lectures dans le Mémoire sur Finscriplion d'Ahvtès, et dans mes diverses traductions. Je vois que cette manière de voir est partagée par presque tous les savants qui se sont occupés de cette question; mais il faut étudier les objections de M. Lcpsius, avec le soin que méritent ses connaissauces spéciales sur la matière.
Etablissons d’abord la parfaite homophonie des trois signes que nous aurons à rapprocher du s : | , 3^.; sans alléguer les dé-
rivés coptes, tous écrits par x , et qui ne doivent servir que de secondes preuves, il nous suffira, à cet effet, de citer quelques variantes.
i° 3^. est égal à dans le titre A' écuyer, fréquent sous la xix' dynastie et écrit : {J , Z 1- ! 1 , kat'an^', ou [J ,3^.»— .J indifféremment, sur beaucoup de monuments.
a° j est égal à 3^. dans une variante remarquée par M. Birch, au mot 3ç.^ y ( Toilenbueh , ch. exxv, 68). On trouve la même égalité dans le nom d’une localité située à Thèbes (à Medinel-Abou), qui s'écrivait ou “ | J, , Aa-t'um®.
De ces trois signes : j, 3^., il est impossible de nier que les
deux premiers, au moins, appartiennent à l’alphabet simple; je ne vois pas comment on pourrait trouver un lien idéal entre des mots tels que : t ' a , corps; t'at, parole, xü"t; tel, olive,
Cf. r?ï>, dëx, imper alor. — On trouve ces deux oilhojjm|)lies sur In slalue de In reine Stipcnap.