MÉMOIRE SUR I/OR1G1NE ÉGYPTIENNE
rasocn;; w , telji, xrTcyi, reptile; ^ V V , fj, te/au,
grain*, provision s de bouche; ^~* | J v, teteb, piquer, elc.
Lu signe | est complètement banni de l'alphabet par M. Lcpsius, qui ne lui reconnaît qu’une valeur idéographique. Il est certain que, dans la formule abrégée fiP. le vase sur son pied | représente seul le mot ni' a, otüm, salas. Ce n’est pas une raison pour nier le caractère purement alphabétique de ce signe, qui est extrêmement usité dans les textes de toutes les époques 11 ). Je demanderai encore quel lien on pourrait supposer entre des mots tels que : Ai? lata, xuix, tel e; £ m 3s->, l’ar-t, T-6pH , scorpion; a, ta, passer; un. (ai, x*>x\ . ennemi;
X0«, génération; ,atau, on\, fraude, etc.
Le troisième signe jj^. était d’un emploi plus restreint; Champollion l’avait transcrit par q, parce qu’il apparaît avec celte valeur dans une variante du cartouche du roi Nephéritès; mais si cet exemple unique ne provient pas d’une erreur, il est certain, d'après les variantes ci-dessus citées, qu’à une époque plus ancienne, 3^., assez commun dans les textes, y représentait le é=x. Son usage le plus fréquent se rencontre dans les verbes Wd WW ta, lai, xi, prendre, tenir, et terni, xioice, vo-
ler. Nous l'avons vu employé avec un sens tout dilférent dans les variantes que nous avons étudiées. I I ~7, (ai, mdle écrit
avec le même oiseau , est une nouvelle acception , qui n'a rien de commun avec les acceptions précédentes; en sorte que l'oiseau Je, doit, entrer dans l’alphabet ancien , ou tout au moins dans le syllabaire avec la valeur ta ou
L’existence du ces trois signes, dans un alphabet aussi restreint
uni qu’une formule honorilique, ajoutée ordinairement aux noms royaux. Dans celte formule, on reconnaît que h* signe (l, qui n'est ailleurs qu'une *, représente ici à lui seul le mot fl senb, santé.
w Cf. O . tertre, semât .
Le dérivé de ce signe en démolit) lie se lit également fi, il écrit ordinairement le verbe copte ^ \ , enpere.
que celui que nous trouvons usité cliez les anciens Egyptiens, est déjà une grave présomption en faveur de l’articulation distincte que nous leur attribuons; les transcriptions hébraïques achèveront tout à l'heure la démonstration.
Les objections se réduisent à trois :
i° Les transcriptions du " l "'j par I, dans Titus et Hadrien. M. Hincks a déjà discuté ces faits; il a montré que ces variantes pouvaient être attribuées à la prononciation spéciale de la syllabe li; ou ne peut d'ailleurs s'attendre à trouver des nuances parfaitement observées dans les transcriptions hiéroglyphiques du temps des ltomaius.
•à" La transcription par j et par »= de la dernière lettre du nom de Cambysc. Mais ici le t=, i, est évidemment incorrect, puisque ce nom était orthographié dans l'original Camhujia; I, qui est égal à i et s, était au contraire la lettre la plus convenable.
3° On objecte enfin un certain nombre de variantes antiques entre le '""j et les signes du /. Observons d’abord que ces variantes se remarquent presque toutes entre le ^ et le dont nous avons signalé la prononciation amollie, qui l’a rapproché du i. M. Lepsius connaît d’ailleurs les variantes qu’on peut signaler entre les signes «— et Q, © et (U, ce qui ne l’empèche pas d’v reconnaître trois articulations. Les langues sémitiques sont pleines de ces formes voisines d’un même radical, et ces oscillations ne sont pas des raisons suflisaiites pour retrancher une articulation. C’est cil tenant compte de ces variantes du y remplaçant le — que nous avons adopté le signe ( pour transcrire la dentale sifflante de l’ancien alphabet pharaonique.
Les transcriptions où figurent nos trois signes 3^., nous
mettent, sans aucune exception, en face d'un i ou d’un s.
Le i est, comme on le sait, une lettre très-rare; nous eu possédons deux transcriptions : i" dans le mot ^ J , t et , en copte 5£0ErT, qui n’est autre que l’hébreu nn, oliva; dans le nom de la ville de Gaza : □ ^ | «V — . kal'a-ltt, ni», »jÿé.
Le s est au contraire très-fréquent, et fournit de nombreux exemples. Parmi les mots bibliques, nous avons cité j?S, •jsü.tu, Tunis. On lit aussi un s dans le fameux titre donné à Joseph : n;vs ruts ; mais nous n en possédons pas encore une explication authentique.
Les noms de ville sont assez nombreux : on y remarquera tout d’abord Tyr, Sidon et Sarepta, dans le passage souvent cité du papyrus Anastasi, n° i, où le voyageur parcourt la cèle phénicienne. Tyr est introduit par la phrase suivante, dont la découverte est due à M. Hinelis. Après avoir nommé Bcryle, Sidon et SnrejUa, l’auteur cite ftunc autre place forte maritime, dont le nom est T'ar de tr la mer: on y porte de l’eau dans des bateaux; elle est riche en <r poissons qui lui servent, de nourriture, n Ce nom est écrit nu. T’ar~~i is. Du nom de Sidon il ne reste que la première et la troisième lettre na; mais la conjecture de M. Ilincks
a pour elle toutes les probabilités. I.c nom de Sarepta, qui suit Sidon dans ce passage, est mieux conservé: Tar-
pula — nsys. Le même papyrus nous conduit uu peu plus loin vers le nord de la Syrie à travers la Palestine; il nous fait rencontrer en chemin la ville de Tsarca, située plus tard dans le territoire de Juda; l’écrivain v mentionne un fait très-curieux : r Je te parlerai, <t dit-il, d’un autre (danger?) au passage de Tsarca; tu seras piqué, cet les morsures te causeront une douleur cuisante; passe rapidc- « ment. 11 Le nom de la ville s’écrivait — « .Ç.JL. T ardu , avec
le signe du pluriel; le nom hébreu nïis est rapporté par Gésénius à nyi v, frelon. Ou voit que celle étymologie était parfaitement juste.
Après Tsarca , notre vovageur égyptien passe parla ville d 'Acsaph, qui est de la tribu d’Aser. En se dirigeant vers Ilamat, en Syrie, il rencontre une ville nommée I ] , llutar= isn; ce peut être la ville royale de -îixnt 1 ^ ou bien jr?*n?n ,sl , située au nord de la
111 Suivant la conjecture Je M. Rmgscli. tléoffr. t. Il, a«l voceni Htuara. — 1,1 Num. XXXIV, I)
DK l/AI.IMIABET PHÉNICIEN.
l'alcslinc. Parmi les conquêtes de Seionk I, on peul ciler également la place nommée : — AX I ^ôtamaa — ojy, ville des Siméonites 1 '). Je terminerai ces citations par une ville trèsimportante au point de vue historique, puisqu'elle était située sur une des routes qui conduisaient les armées égyptiennes de Gaza vers Mageddo. Son nom, dans le récit des expéditions de Tliuulviès III, est écrit deux noms bibliques corres-
pondent exactement à ces lettres: nos, ville chananéennc importante, et la vallée nommée nney W, située dans le territoire de Juda, près de Marisa ; c’est celte dernière position qui me parait la plus conforme aux exigences de la marche de Thoutmè» III.
Je n'ai que l'embarras du choix parmi les mots empruntés à l’hébreu par les hiérogrammales : on reconnaîtra facilement is2 , sauveur, dans ~ | ^ k — nu fur, employé dans le même sens par l’écrivain du papyrus Anastasi. -V-' ^ - ff afr^i (5) , nom d’un
instrument de musique, propre à accompagner les voix, reproduit exactement la racine ns: du mot célèbre ns:ç, qui caractérise le chanteur dans les titres des psaumes. J’ai déjà cité 3^., '
parai •= y - ib, trrupit; je me contente d’ajouter J JJ, tebu — 2 s ( * ! , le siéye <l' un char, pour réunir des exemples de chacun des trois signes homophones.
Le s ou les deux s seront souvent, comme nous l’avons remarqué pour les autres lettres, exprimés par deux signes différents. Je compare ainsi au terme nsn , rixaltis est, le verbe hulila,
employé dans le sens d'exciter des chevaux' 9 *.
Tajoute à tous ces faits que je ne connais pas un seul cas où l’un de ces trois signes ait été trouvé jusqu’ici correspondre à d’autres lettres qu’à ions, dans les mots sémitiques. Je crois donc
[,) Bragsch,Géo/fr. t. Il, pt.XXIV. 0*66.
<*’ Chr. N, xiv, 9 .
w Pup. Anastasi, IV, xn, *j. le bois dur est le déterminatif.
(ii Cf. A‘«w. vit, 3. cwm*
lectica. Pup. Anastasi, I, 3$. Lepsius, Drnkm. III , 3 4 , a5.
ll) Pnp. Anastasi I , six, 6 . Il sérail possible que ce terme vint du radical de prtmere, ajjUfjcre.
78 MÉMOIRE sut L'ORIGINE ÉGYPTIENNE
avoir suffisamment démontré : i° qu'il y avait une consonne distincte, écrite par '"y et ses deux homophones; a° que les Sémites et les Egyptiens l'ont assimilée ordinairement au s et parfois au ».
Nous n'avons trouvé aucun motif jusqu’ici pour déterminer notre choix entre les trois homophones, parmi lesquels les transcriptions semblent établir une parfaite indilTérence. La forme antique du tsade se caractérise facilement comme provenant de la plus usitée de nos trois lettres On la trouve à toutes les époques de l'écriture hiératique sous deux variantes, dont la seconde est beaucoup plus abrégée; le p- d ' Eschmun-ezer et de tous les alphabets phéniciens provient évidemment de la première forme. Si l’on veut voir une ligure analogue, amenée par la gravure du type cursif, exactement au même résultat, il suffit d’examiner le siglc qui correspond à un une us, J > , dans la partie démotique de l’inscription de Rosette.
Il nous reste à trouver le modèle du i dans l’un des deux autres signes égyptiens j et 3^.. Cette lettre présente deux types bien différents, et au premier coup d’œil on pourrait hésiter entre les deux modèles égyptiens, si l'on ne comprenait pas dans son élude la série entière des différents zaïn et zêta anciens. Le type primitif se montre dans le zaïn d ' Etchmun-ezer et des pierres gravées. La lettre grecque est redressée et régularisée; le Z romain revient presque exactement au premier modèle. Le zaïn araméen, réduit A un trait vertical, peut paraître bien éloigné du type phénicien; nous savons cependant que l’i, i, provient d’une figure toute pareille ij , par l’oblitération des traits inférieur et supérieur, après redressement de la ligure ; j’admets que le zaïn araméen aura subi les mêmes altérations.
Je crois donc qu’il faut rejeter les ressemblances partielles, qui tendraient à faire rapporter le I grec, et le t araméen aux formes cursives de j, et qu’il est plus logique de n’admettre pour cette lettre, comme pour toutes les autres, qu'une seule origine. En raisonnant ainsi, les trois lignes du zaïn phénicien se montrent comme
1)K 1/Al.tMIABKT l'HÊNICIEN.
l’abréviation naturelle du siglc cursif de l’oiseau jj^.. On remarquera que le démotique est arrivé de son côté à la même figure. Le hasard veut ici que les deux caractères homophones présentent, l’un et l’autre, avec la lettre phénicienne, des analogies qui peuvent embarrasser; mais, pour s’arrêter au premier liiéi •oglyphc 1- il faudrait supposer l'addition d'un trait dans le phénicien ; nous avons vu au contraire jusqu'ici la règle de la simplification constamment appliquée, ce qui fixe notre choix sur le second type l^.' 1 .