‹ Memoire sur la cholerine consideree comme periode d'incubation du choleramorbusChapitre 2 sur 6 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

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PÉRIODE D'INCEBATIOI^

DL CHOLKRA-MORBUS.’

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I jt reapparilioa du clioléra-roorbus en Italie, les ravages qu'il coutiuue à faire dans ce beau pays, les eraintes que l'on peut eoucevoir encore sur son extension ou son retour dans d’autres parties de l'Europe, m’engagent i reproduire, avec de nouveaux développoloens, un fait capital dans l'histoire de cette terrible maladie, fait que JC crois avoir été le premier à signaler lors de l’épidémie de Paris, et qui, malgré sa géoérublé et sa haute importance pratique, ne parait pas avoir frappé snfDsammeut les esprits. Je veux parler d'uue période d'incubation du choléra, précédant toujours d'un certain temps l'inv asion apparente de la maladie ; période pendant laquelle on peut aisément conjurer le mal en prévenant son dévelop-

pement. S'il est vrai qvo celte période préparatoire existe, ayant (les caractères propres à la faire reconnaître, s’il est vrai que tous ceux qui meurent du choléra véritable l’ont présentée pendant plusieurs Jours avant l'invasion di‘S symptômes mortels ; enûn, s’il est vrai que la cholérine soit réellement toujours le premier degré, le commencement d’une maladie qu’on peut focilemcnt guérir à cette époque, et qui devient plus tard inaccessible aux ressources de l’art, on concevra toute la portée de ce fait, et on concevra difUcilemeut qu’il n’ait pas été l’objet de l'attention de tous les médecins, comme lasenleancro desaliit dans une maladie contre laquelle tons les médicamens, tontes les méthodes, toutes les combinaisons de moyens sont restés stériles. Cette considération m'engage donc à remettre en lumière , mais avec plus de précision cl avec do nouveaux déve. loppemeus, les observations spéciales que j’avais déjii consignées dans la Gxzette médicile, dés le début de l'épidémie de 1832 , et sur lesquelles je suis souvent revenu (1).

S I. ut l’eXISTESCE de la CaOLERISE LUMME VAIT LOSSTAM- MENT PnÉCCnSECR DU CUOLEttA.

Six jours à peine s’étalent écoulés depuis l’apparition des premiers cas de choléra conflrmé en 1852, que j’écrivais les Ugnes suivantes dans la Gazette hêdicale du 3 avril : i l.a plupart des sujets

> qui sont frappés du choléra-morbus étaient depuis plusieurs jours,

• on même depuis plusieurs semaines sous l'influence d'un trouble

> dos fonctions digestives, assez pou grave, du moins en apparcacc,

> pour n’avoir que trés-légéremeul fixé leur attention. Telle est

> même l’incurie, sur ce point, de la plupart d'entro eux, que son

• vent nous avons été obligés pour obtenir la connaissance de ce

> dérangement, de leur adresser la même question à plusieurs re-

> prises ; ce n’est qu’aprés leur avoir demandé trois ou qnatre fois

> s’ils avaient en la diarrhée, qu'ils noos faisaient une réponse sa-

• tisfaiiante, et nous laissant la certitude qu’elle n’était pas inspirée

• pur la demande, comme pour se débarrasser d’ooc question impor-

(IJGueita oAnu.tLi. IS33. pA(!« ISO, l«.S. 350. 251. «tr.

Digilized by C.

• tune. De ce fnil nous concluons : i* que dans beaucoup de cas oii » cette espèce deiroubleou dedérangement des fonctions digestives » n’aura pas été note, on devra soupçonner une inexactitude;

• 2 * que ces dérangemens doivent fixer surtout l'attention des mé-

• deeins, des parens et même de l'autorité, qui, nous le pensons du

• moins, devrait recommander & la classe indigente, et par les I moyens de publicité qu’elle a entre les mains, les soins que ré- » clame ect état, et lui faire connaître les résultats funestes qu’en- » traînerait la négligence de ces mêmes soins. •

J'ai reproduit littéralement la première expression d’une opinion à laquelle une longue observation et un contrôle incessamment répété me fontaltaeher la plus grande importance. Cette opinion , néo en présence des faits , a grandi et s’est fortifiée avec eux. A mesure que les malades venaient encombrer l'Hôtel-Dicu , où je faisais particulièrement mes observations , j’acquérais de plus en plus la conviction de la justesse de ma première remarque. Dans l’espace de huit jours, six cents malades environ furent soigneusement examinés et interrogés par moi, et j’écrivis dans la riizcrra MéaictLE du 1 2 avril que sur ces six cents cas , cinq cent quarante environ avaient offert tous lessymptômcs de la cholérine avant d’étre amenés dans les hôpitaux. Mon observation s’étant ainsi répétée un assez grand nombre de fois, mes opinions sur la valeur de la liaison de la cholérine avec le choléra se développèrent, et j’acquis la certitude: l*quc toujours le choléra était précédé et annoncé par la série des symptômes auxquels j’avais donné le nom de cholérine; 2* que la cholérine était le premier degré du choléra ; a» que le choléra proprement dit n’était qu'une période avancée d'une maladie qu’on avait méconnue dans sa période primitive, et 4° qu’il était toujours possible d’arrêter le développement du degré mortel du mal en l'attaquant ù son degré curable. Ces conclusions sont implicitement renfermées dans un article intitulé ; de la cholérine et de ton traitement. Il suffira de citer les lignes suivantes do cet article, pour en acquérir la preuve. • L’obscr-

• vationdeplusdesixcentsmaladesnousa prouvé que les neuf dixië-

• mes ù peu prés des cholériques amenés dans les hôpitaux avaient

• éprouvé tous h's symptômes de la cholérine avant d’être pris du

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