‹ Memoire sur la cholerine consideree comme periode d'incubation du choleramorbusChapitre 6 sur 6 · IO · texte numérisé non relu

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organes des foai'tions relativement exagérées; c'est tomber en quelque sorte dans les excès qui décuplaient si visiblement le nombre des malades et des décès du lundi dans la classe ouvrière. Aussi me suis- Je convaincu, par toutes sortes d’observations, que la majeure par tie des cholérines, converties en choléra, n'ont dû cette transformation qu’à l’abus des boissons fortes et à une alimentation intempestive. Je ne parle pas des autres conditions accessoires qui ont pu concourir aux mêmes résultats , tels que les émotions vives, les chagrins, les troubles quelconques, physiques ou moraux, parce que toutes ces influences ont une portée d’action générale, commune à toutes les maladies: ce que j’avais en vue de déterminer particulièrement, c’étaient les causes les plus fréquentes et les plus efficaces de la conversion de la cholérine en choléra ; or , je l'ai dit et je le répète , ces causes se résument toutes dans une alimentation exagérée ou intempestive. Je ne puismieux terminer cette discussion, et compléter cette démonstration que par le fait suivant : sur nn nombre considérable d'individus qui se sont astreints a une abstinence complète d’alimens, à partir du jour oii ils ont ressenti les atteintes de la cbolérioe, il n’en est aucun à ma connaissance qui ait contracté le choléra, et ce nombre peut être porté à plus de cent.

5 V. TIIAITeHCMT DE I.A CHOLÉnlKl .

Si les observations qui précèdent sont vraies, on comprend immédiatement les avantages d'un bon traitement de la cholérine. Guérir la cholérine c’est empêcher le développement du choléra, c'est-à-dire prévenir un état presque toujours mortel : il est inutile d’insister pour montrer la haute importance d’un pareil résultat. Or, les moyens de l’atteindre presque à coup sùr sont très-simples

Il fout d'abord chercher à prévenir l'invasion de la cholérine. La sobriété et la régularité en toute chose, ni trop , ni trop peu, telle est la formule des moyens préservateurs. Je ne conseillerai, ni de fuir le thi^tre de l'épidémie , ni de la braver , mais d’en déjouer constamment l’iollucncr par l’observance d’une modération sans ex- ,trémes.

Une fois la cholérine déclarét , il fant la faire cesser à tout prix. La première chose et souvent la seule chose h faire , est de s'abstenir cooiplèlemeat d’alimens de quelque nature qu'ils soient. Cette prescription ne saurait être exécutée trop rigoureusement. A la première apparence de trouble dans les fonctions gastro-intestinales , il faut refuser impitoyablement à l’appétit de quoi même le tromper: point l’ombre d’une substance alimentaire. Coneurremment avec ce moyen par excellence , employer h deux ou trois reprises dans la journée si le dévoiement complet s’établit , quelques quarts de lavemensamilacés, renfermant une petite quantité , huit à dix gouttes, de laudanum de Sydenham, et une boisson mucilagineusc comme de l'eau de riz édulcorée avec un sirop astringent. Le soir, prendre une ou deux doses de poudre sudorifique de Dower ; mais surtout et avant tout, ne pas transiger avec la plus rigoureuse abstinence. Cette série de précautions seule suffit souvent pour arrêter les premiers symptômes de la cholérine, lorsque les selles ont cessé, pendant une journée au moins, ne reprendre d’alimens qu’avec beaucoup do mesure et de précautioa, en commençant par quelques cnillerécs de bouillon plutôt que par des substances qui laissent beaucoup de résidu. J’ai remarqué en effet, qu’après ces susceptibilités abdominales, les substances animales prises par fractions légères, boudions et gelées, réussissent beaucoup mieux que les substances féculentes, que les potages et autres alimens analogues. Mais je le répété, il ne faut pas prendre le besoin de manger, l'appétit même le plus vif qu’on ressent, pour guide : car je l’ai déjà dit, l'appétit accompagne fréquemment la cholérine ; maù il faut subordonner sévèrement la prise de substances nutritives àla cessation complète des symptômes de la choiérine.

Lorsque le traitement par simple abstinence ne réussit pas immédiatement à faire cesser la cholérine, à dégager l'estomac, à rendre la liberté aux mouvemens et aux idées, en un mot à dissiper les symptômes abdominaux et le malaise général , et cela dans l’espace de deux fois vingt-quatre henres , il ne fant pas hésiter un seul instant à recourir au remède par excellence , nu spécifique de la cholérine, à l’ipécncuanha, pris A la dose de vingt-quatre :i trente grains

comme vomitif. Celte subtlaoce est administrée en trois on quatre doses, suivant la constitution et la snseeplibilité de rcstomac. Si, (ontiairement à ce qui arrive dix-neuf fois sur vi ngt, tous les symptémes de la cholérine ne s’arrêtaient pas sons l’infloence de cette médication, il budrait la répéter le lendemain sans aucune crainte, ou la remplacer par un pnrftatif salin, tel que l'eau de Sedlitz. Il est inutile d'ajouter qu’il faut observer avec la plus grande sévérité les préceptes donnés pins haut sur la reprise des alimens.

Telle est la thérapeutique simple de la cholérine ; cette thérapeutique n’obtiendra pas l’assentiment de tout le monde, parce qu’elle semble contraire à plusieurs théories qui ont été proposées. Mais les théories en (ait de choléra u’ont abouti qn’é varier les moyens de laisser mourir les malades, ou de précipiter leur pote : ici c’est à l’expérience et à l’expérience seule qu'il faut demander des lumières. Or, l'abstinence comme première ressource, et l’ipécacuanba comme ressource extrême: telle est la médication qui m’a réussi, je ne dirai pas fréquemment, mais dans tous les cas oti les malades ont consenti it l'employer : et ces cas se sont élevés à plusieurs centaines, sans compter ceux beaucoup plus nombreux qui ont été constatés par d'autres médecins. Il est inutile de mentionner les conditions d'Ago , de sexe, de tempérament, de constitution, qui doivent (aire varier plus on moins la formule générale de cette thérapeutique : la cholérine , comme les autres états morbides , est soumise à la considératioD analytique des élémens qui compliquent son existence , soit pour ajouter, soit pour retrancher quelque chose à Tindication principale de son traitement.

§ VI- CoTvci.rsioss.

En résumé, je crois être fondé à conclure :

1* Que le choléra, tel qu’il a été décrit par la plupart des auteurs, est constamment précédé d'une période d’incubation que J'ai le premier décrite et que j’ai apiieléc cUolériae ;

2“ Que cette période, qui dure de deux à huit jours ordinaire-

ment, consiste dans une diarrhée légère, avec sentiment de malaise général, tendance aux sueurs froides, aux lipothymies;

5* Que cet ensemble de symptômes dû à la cause épidémique constitue iiu premier degré du véritable choléra;

l’Que ce premier degré abandonné à lui-aaéme, dons les lieux oit l'épidémie cholérique règne, est presque toujours susceptible de se convertir en choléra grave ;

5* Que les moyens par excellence pour prévenir cette conversion sont : la suspension complète de toute espèce d'alimentation dès l'apparition des premiers symptômes de la cholérine, et, en cas d'insuffisance de la part de cette précaution , l’usage du vomitif par l'ipécaeuanha.

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