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(|ue toujours iiuiueiliatcmt'iit inacrossibles. Nous u'arrlvoDS à (^lal)lir la circonscription et ta subordination d'une série d'efTcts à une cause parlicnlière, et par conséquent à la détermination de cette cause , que par l’appréciation logique et méthodique de ses elTcts. Ces démonstrations, |H>ur n’étre pas absolument rigoureuses, n'eu sont pas moins revêtues de toutes les prolvabilités désirables, et l'on soitquec'est là le terme des certitudes médicales les mieux fondées. Or, en procédant par cette voie à l'égard des causes et de lu nature de In cbolérinc, quels sont les faits qui élablisseut la liaison naturelle de lacliolérine avec le choléra et prouvent que ces deux états constituent deux degrés de la même maladie?
La cholérine précède toujours le choléra; c'est là un fait d'observation pure; mais ce fait, quoique important et grave, ne suffit pas à lui seul pour décider la nature des rapports qui existent entre les deux états qui se succèdent. Non, ce n’est pas dans cette succession des deux faits seulement qn'il faut chercher la preuve de l’identité de leur origine. La cholérine n’est pas une phase de l'évolution du choléra, parce que presque toujours elle précède l'apparition de ses symptéraes graves, mais parce que, indépendamment de leur succession, ces deux états oITrent dans tout ce qui les constitue, dans les circonstances qui les cnvironneul et favorisent leur développement, dans les phénomènes qni leur appartiennent, des rapports d'affinité qu’il est impossible de méconnaître.
La cholérine se montre dans tontn les localités oit doit éclater le choléra, r.luiquc fois que rèpidémie est sur le point d’envahir une contrée, la cholérine annonce son apparition et la précède, comme elle annonce et précède le développement du choléra chez les individus pris isolément. Sou influence sur les masses suit les mêmes lois de progression que sur cliaquc individu pris eu particulier . ainsi, la cholérine marque et réalise dans h^ pays où le choléra doit éclater le premier degré de l'épidémie, sa première période, coqime elle marque et réalise chez les individus la première période du cholia-a Ini-mémo. Celte correspondance n'est pas éventuelle; elle se montre et se produit non-seulement dans les différens jiays, mois à toutes les époques de l'épidémie, sous rinflucncc de conditions qui
sont les mimes pour la ctiolirine et le cholira, c'esW dire sous l'itiflocnce des causes qui retardent ou précipitent ou modillent d'une manière quelconque leur développement. Ainsi, de même que pendant la période des prodromes épidémiques, tous les individus ne sont pas également atteints, ni au même degré, de la cholérine; de même, quand la période d'invasion de l'épidémie est déclarée, tous les individus n'ont pas le choléra, et cens qui l'ont ne l’éprouvent pas au même degré. Eh bien, dans tes denx circonstances |>arnlléles ce sont les mêmes causes, les mêmes (Ondilions, les mêmes prédispositions qui décident d'une port de l'attaque, et de l'autre de l'immunité. Quand la cholérine commence seule à régner, ce sont les vieillards, les panvres, habitant des lieux malsains, les constitutions maladives ou épuisées, les organisations délabrées qui l'éprouvent; tandis que ceux qui en sont épargnés sont pour la plupart les individus de la classe aisée, ceux surtout qui sont bien constitués, qui fonctioaneot librement et régulièrement, et ne tronblont point inconsidérément l'harmiinic de leurs fonctions, tl en est de même quand une fois l'épidémie est déclarée : alors la cholérine sc montre chez tous ou A peu près; mais elle est suivie du choléra chez ceuxlà même qui avaient éprouvé les premiers la cholérine, c’est-à-dire chez les vieillards, les organisnu’s faibles, épuisés ou délabrés, et surtout chez ceux qui sont placés dans de mauvaises conditions hygiéniques ; de sorte querintluenee de lacholérine eldu choléra dans les deux circonstances est soumise aux mêmes eondilions de développement. (leci n'c>sl pas une spécnlalion de l'esprit, c’est un fait d’observation qui a pu être vérifié dans toutes les grandes villes où les contrastes de fortune, de salubrité et de santé étaient plus faciles à apprécier. Ainsi, à Siinderland, à Berlin, à Paris, tandis que le choléra di'cimait les classes pauvres, les nies malsaines, la cholérine seulement attestait l'inllnence épidemiipic chez les gens aisés et bien logés. Ce n’est qu'à une époque avancée de l’épidémie que le choléra attaquait la classe riche, alors qu’il avait éptiisé pour ainsi dire la matière de ses ravages dans les étages inférieurs. Piuxni les individus de la classe aisée la cholérine et le choléra sc faisaient le même départ relatif aux prédispositions individuelles. U- choléra atteignait
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cctis que In cholérioo avait en qiielqiH? sorte di^ignés pendant la premii're pliasc de IV'pidémic, et n’ullait pas au delà de la cliolériuc «■hei ceut qui n'avaient rien éprouvé sousl'influence de la première phase épidémique ; donc l’eiistcnce de la eliolérino chez les individus faibles pendant la période prodromique, avec persistance de la santé chez les organismes privilégiés ; et pendant la seconde période épidémique, le choléra conBrmé chez les rholérinés de la première pt'riode, et la simple cholérine chez les individus bien portans de la même période, attestent dans la cholérine cl le rhoiéra une identité de nature, et montrent dans leur succession les diffèrens degrés d'une même maladie.
L'nvamcn comparatif des symptômes de la cholérine cl du choléra, leur valeur spéciale et d’association, leur siège et leur nature conduisent aux mêmes résultats.
Qu’est-eeque ce trouble des fonctions digestives, celte diarrhée, ces envies de vomir, sinon le préliided’un trouble plus grand, le premier coup do vent d'une tempête qui doit éclater plus tard ? L’envie de vomir correspond aux vomissemens; les borhorygmes et la diarrhée aux coliques et aux selles incessantes du cholèrii. L'affaiblissement et les vertiges, les sueurs froides et la décoloration des traits de la cholérine, ne sont-ils pas en petit la prostration des forces, le refroidissement général et la cyanose du choléra ? El ne voit-ou pas , dans beancoiip de cas, les symptômes de la première catégorie se convertir insensiblement dans ceux de la seconde , la nolurc des selles de la cholérine aussi bien ,]ue leur abond,ance et leur fréquence acquérir progressivement la nature, l’aboiidanee et la fréquence desselles cholériques? Enfin, pour dernier trait tic comparaison, le traitement de cet état n’est-il pas, avec des modificatioiis proportionnelles à la dilTérencc du degré, le traitement de l'autre? Il n'est pas besoin de pousser la démonstration plus loin , de prouver , par exemple, que non-seulement les symptômes de la cholérine sont spéciaux et tiennent de la physionomie «lit choléra, mais que leur ensemble ne ressemble aucunément aux symptômes des maladies ordinaires avec lesquelles on serait tenté de la comparer. Il i*st donc permis de eoni'lurc des faits et oliservalions qui précétlent ;
!• Que la cholérine, pendant la première phase épidémique , est le premier degré de rinfluence cholérique non surOsaminent développée pour produire le choléra;
2° Que la cholérine qui précède le choléra pendant la seconde phase épidémique, est le premier degré du choléra confirmé;
3° Enttu que la cholérine conduit naturellement au choléra sous l’influence desconditiuos qui favorisent l'évolution complète de la maladie.
§ IV, DU PàSSACE DE I.A CHOLÊKINE AU CaOLÉUA CUNFIIIHt.
Tous les individus qui ont en la cholérine n’ont pas le choléra : s’il est vrai néanmoins que la cholérine ne soit qu’un premier degré du choléra; il y a doue des conditionsqui empêchent on provoquent, qui retardent ou précipitent le pa.ssage de la cholérine au choléra. Quelles sont ces conditions? Elles sont évidemment de deux ordres, les unes tenant lui degré de l'inllucnec cholérique, considérée en elle-même, ahslniction faite des conditions particulières de l'organisme; les antres dépendant plus particuliérement des dilférentes manières d’élre de l'organisme dans ses rapports avec rinfluence cholériiiue ; e.vaminons les unes et les autres.
Lorsque l'épidémie cholérique est sur le point d’envaliu' un pays, elle prélude, avons-nous dit, à son étahhssi’ment pai- les symptômes de la cholérine. Ot état pathologique , considéré comme un premier résultat de la cause épidémique, ne peut se maintenir dans la limite de ses symptômes propres chez tous les individus, sans l'une ou l’antre de ces deux conditions ; ou bien la cause morbide n’est pas encore assez intense pour réaliser le choléra , ou bien l’organisme n’est pas encore préparé a subir son influence complète. Or, les anciens admettaient l’une et l’autre supposition & l’égard de toutes les épidémies. Je suis également disposé à les admettre toutes les deux pour ce qui est du choléra. On sait, en effet, et j’ai développé ailleurs avec détail (l) les raisons des faits qui établissent ce point
( I ) K.raMtn df ta dottnne phyttatogique appliquée à t étude et au iraiihnlfrtfmorbM P f vol. ^
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lie dOL-trin<>, sa>oir , qiiu rècooomie ne passe pas spouUinément de l’ékit de santé à la suseeptibilité épidémique. Ce passage est le résultat d'une runtinuité d'impressions qui ont pour edet de modiOer l’organisme, de le rendre apte à reecroir l’influence morbide générale, et h la faire germer, pour ainsi dire , comme une terre , s’imprégnant do certains principes, devient apte à féconder la semence qui lui est confléé. En vertu de cette continuité d’action nécessairede la part de la cause épidémique, la cbolérinc reste uniformément cholérine pendant la première phase de l’épidémie ; cependant il est probable que le défaut d’intensité primitive delà cause est, lui aussi, pour quelque chose dans l’immunité dont jouissent , jusque-là , les organismes les plus faibles à l’égard du choléra complet. Cela est si vrai qu'il a sufli quelquefois à certains individus, venant d'un lien où la cholérine seule régnait, de se rendre dans un autre lieu où le choléra sévissait, pour être pris cnx-mémes immédiatement de la maladie. Le défaut d’intensité suffisante de la cause cholérique est donc, dans les premiers temps de l’épidémie , une condition réelle qui empêche le développement du choléra, et cette condition et le défunt de préparation ou de maturité de l’économie ronconrent donc tontes les deux, à peu près également, aux mêmes résultats.
Les conditions qui empêchent, retardent ou précipitent le développement du choléra chez les individus qui sout pris de cholériae pendant la seconde période épidémique , ne sont pas moins importantes à fixer. Ici, le défaut d’intensité absolue delà cause ne peut plus être invoqué, puisqu’elle ré.dise dans un grand nombre de cas le summum de scs effets. C’est donc dans les différentes manières d’ètrc de l’organisme, dans sa faculté plus ou moins grande de réagir contre l’influence cholérique, et dans les circonstances qui diminuent ou augmentent ou modiflent sa force de réaction qn’U faut chercher ces conditions. Or, les observations faites pendant l’épidémie de 18^2 fournissent amplement de quoi éclairer ce point de la question.
On a d’abord remarqué pendant l’épidémie du choléra ce que l’on avait remarqué durant toutes les épidémies, et ce qu’il a été donné
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<le vérifier toot récemmeot à l'occasion de la grippe, savoir ; que les preoiiérn victimes de l’épidémie avaient été prises parmi les individus faibles, cacochymes, valétudinaires, usés par les maladies, les années on les excès. Parmi les sujets de cette première catégorie il laut cependant distinguer certaines maladies particulières , dont les unes ont semblé plutét prémunir contre le choléra qu'y prédisposer, et les autres favoriser son développement. Ainsi, on a cru remarquer que les malades affectés de plaies on d'ulcères en suppuration , que les phthisiques avancés avaient en moins de tendance à contracter le choléra grave, bien qu'ils présentassent comme d’antres, et peutêtre pins qnc d'antres, les symptômes de la cholérine. An contraire, on a observé que les individus affectés d'un dérangement habitoel des fonctions digestives, dévoiement ou constipation opiniAtre, couraient la chance presque certaine d'avoir un choléra consécutif à la cholérine.
Après les prédispositions organiques on en aconstatéd’autres d’une manière non moins évidente : celles qui résultaient d'une iirégnlarité dans l'exercicedcs fonctions. Les excès de table et les abus vénériens doivent être placés en première ligne. Leur influence a été si marquée, que le nombre des cholériques entrés dans les hôpitaux et le nombre des morts augmentaient d’une manière frappante les Inndi on mardi de chaque semaine, c’est-A-dire les lendemain on surlendemain des Jours consacrés aux orgies de la classe ouvrière. C'est dans les faits de celle nature qu’on trouve le grossissement de certaines influences, et c’est par eux qu’on appreml A calculer la valeur d'antres conditions analogues, mais moins prononcées. Ainsi il n’y n aucun donte qnc les excès de tout genre convertissent fréquemment 1a cholérine en choléra ; or, l’essence de ce fait général et son interprétation appliquée A d’autres faits de même nature , mais d’nne signification moins sensible, m'a conduit A cette observation , savoir: que la plupart des individus chez lesquels la cholérine a passé A l’état de choléra grave, n’ont provoqué le développement extrême de la maladie que par une alimentation intempestive. Manger pendant la cbolérioe, confier des alimens à un estomac et A des inlcslins incessamment troublés par la iliarrhée, c’est imposer A des
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