‹ Mémoire sur la chromhidrose ou chromocrinie cutanéeChapitre 12 sur 23 · II. — FRÉQUENCE · texte numérisé non relu

II. — FRÉQUENCE

11 est impossible, quant à présent, de déterminer rigoureusement le degré de fréquence de cette maladie, attendu que la plupartdes observations ayant été recueillies avant que les caractères propres à la sécrétion colorée eussent été reconnus, on ne peut affirmer que, dans le nombre, il n existe pas une certaine proportion de cas simulés. Tout ce qu'on peut dire, c'est que plusieurs exemples authentiques ont été rencontrés en Irlande, et particulièrement à Brest. Depuis que l'attention a été appelée sur ce sujet, comme cela arrive ordinairement, ce bizarre phénomène paraît se produire plus fréquemment qu'on ne l'eût d'abord supposé.

Pour noire part, nous pouvons affirmer que dans la seule ville de Brest, depuis douze ans, plus de vingt jeunes femmes que nous serions en mesure de désigner, et dont nous avons dressé la liste, ont présenté à un degré plus ou moins marqué, et pendant un temps variable, la coloration noire ou bleuâtre foncée des paupières. Il nous a été impossible de nous mettreen relations avec toutes ces personnes, appartenant aux classes les plus diverses de la société, et, par suite, nous ne pouvons garantir que, dans le nombre des cas, aucun n'ait été le résultat d'une supercherie. Pour plusieurs de ces jeunes femmes, nous n'avons pu constater le phénomène qu'à distance. Nos adversaires scientifiques ne manquent pas d'expliquer cette fréquence si marquée dans une même ville, par l'esprit d'imitation, peut-être même, par l'importance que nous avons attachée à celle coloration bizarre dans la localité que nous habitons. Nous répondrons que plusieurs des cas de chromhidrose , ceux même qui présentent, à priori, le plus de garanties, se sont produits nombre d'années avant que personne songeât à s'occuper scientifiquement de ce sujet; que sur d'autres points de la France ou de l'étranger où des observations semblables ont été recueillies, il ne s'est pas pour cela montré, peu de temps après, un certain nombre de cas semblables. Enfin, depuis que nous nous sommes attaché à étudier, comme critérium, la substance colorante au microscope, nous avons trouvé une identité parfaite dans les caractères physiques et chimiques des échantillons recueillis sur des personnes différentes et ne se connaissant nullement.

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