‹ Mémoire ... sur la classification des médicamensChapitre 1 sur 11 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Si on éprouve tant de plaisir à suivre dans Thistoire des sciences les progrès successifs qu’elles ont faits jusqu’à nos jours, combien ne doit-on pas s’affliger d’ètre dans la triste nécessité d’établir une exception à l’égard de la médecine. Il est bien malheureux pour l’humanité, que la portion de nos connaissances qui lui est la plus utile , soit aussi la plus difficile , puisque, de cette même difficulté, dépend la lenteur de sa marche.

\ Nous ne devons pas craindre de faire ce pénible aveu , parce qu’il ne peut que tourner au profit de l’art de guérir 5 les bons esprits sauront l’apprécier, et le considérer comme un appel pressant dirigé vers'' leur zèle et leurs lumières. Aussi , me suis-je empressé, pour ma part, de saisir l’occasion du concours actuel , afin de montrer de combien de ténèbres est encore couverte la pharmacologie , une des branches les plus importantes de la médecine. La Société sar vante, pour laquelle j’ai écrit, a honoré de ses suffrages la manière dont j’ai traité cet intéressant sujet, comme on le voit par le passage suivant , extrait du rapport de la commission chargée d’examiner mon manuscrit (i).

« Le Mémoire n<^ 2 paraît d’un mérite si éminent à

(i) Ce rapport et ses conclusions ont e'te' adoptifs par la Socie'té.

IN TRODUCTION.

Vj

» Vos commissaires , il semble approcher si près du ï) but 5 et offrir une solution tellement satisfaisante de M la question proposée , que , si l’auteur de cet impor- » tant travail avait donné plus de développement à son » quatrième chapitre et présenté déjà quelques essais propres à démontrer l’excellence de ses vues théorî- J) ques , en un mot, s’il contenait quelques applications 5) positives, vos commissaires n’hésiteraient pas à vous » proposer de lut décerner le prix ; mais des efforts » tels que ceux qu’il a faits , avec tant de succès , la » lumière qu’il a répandue sur la question même , )) nous déterminent à vous proposer de lui décerner ï) une médaille d’émulation en or. r»

Il est évident que cette compagnie distinguée ap-» prouve ma réponse négative à la question proposée , puisqu’elle s’exprime ainsi sur la partie essentielle de mon Mémoire, tandis qu’elle se contente de faire une seule observation sur le dernier chapitre , qui n’est pas exigé par cette même question, et qui n’est qu’un complément que j’ai bien voulu donner à mon ou*’ vrage. Elle aurait seulement désiré y trouver de plus une application de la méthode que je propose à quelques médicamens*, mais, pour un travail aussi long, il ne faut pas être pressé par l’époque de la clôture d’un concours; d’ailleurs', j’avais pensé que, malgré que l’exemple bien choisi ne dépare jamais le précepte, ce dernier peut s’en passer quand il est exprimé en termes très-clairs , et qu’il ne doit servir qu’à la simple indication d’une marche que chacun pourra essayer avant de l’adopter.

Sur la Question proposée par la Société de' Médecine de Paris, en ces termes :

Déterminer si ^ diaprés nos connaissances actuelles^ on peut établir une classification régulière des rnédicainens .^fondée sur leurs propriétés médicinales.

Il est incontestable que 3 pour établir, d’après nos connaissances actuelles , une classification régulière des médicamens, fondée sur leurs propriétés médicinales, il faut que ces mêmes propriétés soient déjà connues. Si je parviens. à prouver qu’il n’en est pas malheureusement ainsi pour la plupart des moyens de la thérapeutique, il me sera permis de conclure que, dans l’état actuel de la science, cette classification est impraticable.

Mais, pour que mon travail ne soit pas entièrement décourageant, j’indiquerHÎ la fausse

roM^e qu^'oii a suivie, et j’en proposerai une ca-^ pable de conduire à un meilleur résultat. Quoique cette dernière partie de mon mémoire ^ ne soit pas absolument exigée par la question proposée, j’ai cependant jugé qu’elle servirait à le rendre plus complet.

Dans mon premier chapitre, je dirai quelques mots des classifications en général , pour rechercher quelle est de ces divisions, considérées d’une manière générale, celle qui convient le plus à la matière médicale; dans le second, je ferai l’histoire des distributions des médicamens chez les auteurs, pour reconnaître les défauts et les avantages qu’elles peuvent présenter ; dans un troisième , j’examinerai l’état actuel de nos connaissances, sur les propriétés médicinales des agens de la thérapeutique; je parlerai aussi des causes de cet état , afin de déterminer la marche à prendre pour mieux étudier ces propriétés ; dans le quatrième, j’exposerai la méthode que je crois être la plus avantageuse pour parvenir un jour à la classification demandée.

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