MESSEIGNEURS
J'ai l'honneur d'adresser à Vos Grandeurs un mémoire sur la grande question de la colonisation du Ras-Canada. Comme Vos Grandeurs pourront s’en convaincre par la lecture d’un des documents ci-après insérés, j'ai été induit à faire cette démarche par les conseils d’un de nos premiers hommes d'état, et aussi, par ma propre inclination qui me porte invinciblement vers tout ce qui peut favoriser l’établissement de la jeunesse canadienne dans ce pays, et empêcher son émigration à l’étranger.
Dans le principe, je ne croyais pas que mes observations attireraient l'attention qu’on leur a donnée. L’heureuse déception que j'ai éprouvée me fournit l'espoir que le mémoire actuel ne sera pas tout-à-fait inutile. Loin de moi, cependant, l’idée de vouloir tracer à Vos Grandeurs, une ligne de conduite dans une sphère qui n’est pas la mienne ; mais les points de vue religieux et politiques de la question étant essentiellement inséparables, il me serait impossible de traiter l’un sans parler de l’autre. Cette considération, j'ose l’espérer, sera une excuse suffisante auprès de Vos Grandeurs, pour me disculper de ce que ma conduite pourrait avoir de répréhensible. L'amour de ma patrie et le bien de la religion m'ont suggéré le mode d’action que j’adopte en ce moment. Que mes démarches soient où non couronnées de succès, j’aurai du moins la satisfaction d’avoir tout fait en mon pouvoir porr l’accomplissement d'une œuvre éminemment catholique et éminemment nationale.
C’est dans ces sentiments que j'ai l'honneur d’être, Avec le plus profond respect, Messeigneurs, De Vos Grandeurs, VIOTORIAVILLE, Le très-humble et très-obéissant serviteur, 20 Avril 1867. C. MARQUIS, Ptre.