‹ Mémoire sur la composition chimique des escargots et sur les préparations pharmaceutiques dont ils sont la baseChapitre 1 sur 10 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

La seconde édition du nouveau traité de pharmacie de M. le professeur Soubeiran, qui vient de paraître , contient une phrase que nous nous empressons d’adopter pour épigraphe au mémoire que nous publions aujourd’hui. C’est un appel fait à la science par ce modeste et habile pharmacologiste; nous sommes heureux d’avoir deviné la pensée de notre ancien maître.

Les médecins qui avaient à se louer de l’emploi des escargots dans les maladies de poitrine, désiraient aussi que la chimie vint éclairer de son flambeau ce point encore obscur de la thérapeutique ; car de nombreux contradicteurs

leur demandaient où pouvaient résider dans ces mollusques les propriétés médicamenteuses, sans même vouloir prendre en considération les observations cliniques de praticiens très recommandables, et particulièrement celles relatées dans le mémoire (1) de M. le docteur Chrestien, « où il déclare que, depuis » cinquante ans qu’il exerce la médecine , » il n’a pas trouvé de remède aussi effi- » cace que celui-ci, contre les plilegma- » sies du larynx et des poumons, même » assez avancéespour faire croire à l’exis- » tence de la phthisie au second Idegré. » Je ne dirai point que j’ai guéri , par » l’usage des Escargots, des phthisiques » confirmés j mais j’affirmerai que j’en » ai prévenu beaucoup chez les su- » jets qui n’en portaient pas le principe » héréditaire , et que , chez ceux qui en » étaient malheureusement entachés , » j’ai retardé la marche de la maladie » en procurant un soulagement marqué.»

(1) Uevuc médicale, année 1831.

Personne que je sache ne fera l’injure à l’inventeur des Préparations d’Or, de ne pas savoir distinguer une affection de poitrine.

M. le docteur Fourché , à Montpellier j MM. Legrand (1) et Simon 5 médecins de la Société de Prévoyance Protestante de Paris y et O. Flyn (2) ? ont reconnu et constaté dans leurs écrits , l’efficacité des Escargots contre les catharres pulmonaires tournant à la phthisie (5). Enfin y M.E. Mouchon, l’un des plus dignes repré-

(!) M. Legrand est auteur d’un ouvrage assez considérable , et généralement estimé , ayant pour litre: de l* 2 3Or , de son emploi dans le traitement de la syphilisrécente et invétérée , etc.

(2) O. Flyn exerçait la médecine avec la plus grande distinction à Saint-Germain-Laye ; il est auteur de la description de deux épidémies qui ont régné en 1780 et 1781 , dans les communes voisines de cette ville.

(3) On lit dans la révue médicale , tom. IV, des observations de MM. Legrand et Simon constatant l'efficacité des escargots dans les maladies de poitrine, etc. On rapporte en même temps des cas de guérison opérés par l’usage de ces mollusques r sous la direction de M. O. Flyn.

sentants de la pharmacie dans le midi de la France , qui s’est beaucoup occupé des préparations pharmaceutiques dont les Hélices sont la base, nous dit, dans son excellent traité des saccharolés liquides, qu’avec les limaçons avalés à l’instar des huîtres , il a vu opérer des cures inespérées \ et il ajoute, à ces faits notoires, ceux que sa propre expérience peut faire valoir en leur faveur.

Les nouvelles préparations d’Escargots que nous faisons aujourd’hui connaître, pourront-elles remplacer, dans tous les cas, ces mollusques ingérés dans l’estomac tout entiers et crus, mode d’administration dont la seule idée révoltait les malades qui, souvent à cause de cette répugnance, étaient forcés de renoncer à cette médication? Nous aimons à le penser. La Société de Pharmacie de Paris, qui vient de publier dans son journal (février) un extrait de notre mémoire , dont nous lui avions envoyé le manuscrit, doit donner toute garantie à cet égard à MM. les médecins. Nous en témoignons

toute notre gratitude à cette réunion savante j elle encourage nos efforts qui tendront toujours à mériter sa bienveillance.

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