‹ Mémoire sur la composition chimique des escargots et sur les préparations pharmaceutiques dont ils sont la baseChapitre 2 sur 10 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pour que les théories puissent être d’une utilité certaine dans la pratique, il faut qu’elles reposent sur des fails bien observés; sans cette condition elles sont pour l’ordinaire exposées à nous égarer. Le sujet que nous allons traiter, quoique d’une importance qui , par beaucoup de lecteurs, sera jugée très secondaire, va cependant nous en offrir encore une nouvelle preuve.

Dès les temps les plus reculés, les escargots ont joui d’une grande réputation contre les maladies de poitrine. Il y a quelques années , lorsque la médecine dite physiologique remit en vogue les émollients avec les autres moyens antiphlogistiques, l’attention des praticiens se tourna de nouveau vers les limaçons. On remarqua que ces mollusques contenaient une grande proportion d’une matière muqueuse; c’était alors le règne des principes adoucissants, gommeux et mucilagineux. On vit alors , dans la présence de ce mucus » la cause des propriétés des limaçons , et appliquant ces idées théoriques à la pratique, on s’efforça dans toutes les préparations pharmaceutiques, dont les escargots étaient la base, de conserver ces principes muqueux , et déliminer les autres principes , pures matières inertes considérées comme aliments indigestes, indignes de fixer l’attention des médecins. Éh bien! qu’estil arrivé , c’est que toutes ces savantes préparations , si bien étayées par de belles théories, sont presque inefficaces , et n’ont quelques propriétés que par les principes auxquels on les associe; et cependant l’expérience clinique ( elle qui ne trompe pas) a démontré qu’il est peu d’agents aussi utiles dans les diverses affections de poitrine que les escargots pris entiers sans aucune préparation. Plusieurs guérisons inespérées témoignent hautement de l’efficacité de ce moyen

thérapeutique. Nous allons montrer dans le courant de ce travail, que les préparations de limaçons , généralement accréditées par les pharmacoiogistes les plus habiles, ne contiennent pas le principe vraiment utile de ces mollusques.

Nous commencerons par donner quelques notions sur ces animaux sous le point de vue zoologique. Nous les examinerons ensuite sous le rapport chimique; puis nous exposerons en dernier lieu les préparations pharmaceutiques les plus convenables pour conserver toutes leurs propriétés médicales et faciliter leur administration.

Page 1