‹ Mémoire sur la conquête de la SyrieChapitre 1 sur 9 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Dans la préface de la deuxième édition de mon Mémoire sur les Carmathes du Bahraïn et l'origine des Fatimides j'ai annoncé une seconde édition du Mémoire surleFotouh as-Shâm attribué à Abou Ismaïl al-Baçri et de celui sur

3 la conquête de la Syrie. Depuis j'ai changé d'avis et je me suis borné à donner une nouvelle édition du dernier. L'autre

l n'avait de valeur que tant qu'il y avait des savants qui main-

4 tenaient l'authenticité du Fotouh. Mais l'éditeur lui-même, ~ feu M. Nassau Lees, quoiqu'il lui en coûtât d'abandonner f' sa thèse d'après laquelle ce livre était » un . des restes

les plus précieux d'histoire arabe", a fini par m'écrire qu'il ^ se rangeait à mon avis. Or , le résultat auquel mon examen du livre m'avait conduit était que ce Fotouh et le pseudo- Wâkidî, qui est plus jeune, découlent l'un et l'autre du livre sur la conquête de la Syrie d'Abou Hodhaifa al-Bokhâri, lequel, à son tour, semble être une reproduction retouchée et amplifiée du véritable Wâkidi.

Quant au mémoire sur la conquête de la Syrie, j'ai eu une grande satisfaction. Le but principal de mon étude avait été de rétablir l'ordre chronologique des événements et le résultat auquel j'étais arrivé, avait été que le système de Saif doit être rejeté dans son entier, et que ceux de

Wâkidi et d'Ibn Ishâk méritent ea général notre conâance . Or, dix ans après, en 1874, ce résultat reçut une confirmation tout à fait inattendue. En cataloguant les manuscrits syriens du Musée brittanique, feu M. Wright trouva sur le premier feuillet d'un ancien manuscrit quelques notes à demi effacées et très difiSciles à lire, qu'un examen scrupuleux prouva avoir rapport aux grands événements qui eurent lieu en Syrie en 635 et 636, et avoir été écrites par un contemporain de ces événements^). M. Nôldeke étant à Londres en 1874, lui et Wright les réexaminèrent minutieusement et réussirent à en déchiffrer une grande partie. M. Nôldeke, après m'en avoir donné quelques détails, ajouta: »du siehst, deine Annahmen werden im Wesentlichen glânzend bestâtigt." Il publia le résultat de son examen dans la Zeitschrift D. M. G. de 1875, tome XXIX, p. 76 et suiv., avec un excellent commentaire. Ces notes n'ont pas seulement confirmé des résultats acquis, mais ont aussi indiqué le moyeu de corriger quelques inexactitudes. En outre quelques observations que mes amis M. Nôldeke et feu M. A. Mûller m'avaient communiquées par lettre, Tétude de M. Wellhauseu dans le sixième volume de ses »Skizzen und Vorarbeiten", et un nouvel examen des sources ont modifié mes vues sur plus d'un point. A cela près, j'ai conservé la forme et une grande partie du contenu de la première édition.

M. le Dr. Salverda de Grave a eu la bonté de corriger mon style.

1) V. son catalogue p. 66 et suiv.

La plus importante de toutes les conquêtes des Arabes, à côté de celle de l'Irak , est sans doute celle de la Syrie. Depuis les temps les plus reculés ce pays avait été occupé par la race sémitique, et quoique le gouvernement siégeât à Constantinople, la population était en grande partie sémitique et même arabe. Il ne s'agissait donc pas de la conquête d'un domaine étranger dont le tribut serait le seul fruit direct, mais du recouvrement d'une portion de la patrie, gémissant sous un joug étranger, l'acquisition d'un nombre considérable de compatriotes et de co-défenseurs de la gloire d'Allah et de son prophète. Vingt-cinq années à peine se sont écoulées depuis l'arrivée des Musulmans en Syrie, lorsque Moâwia, avec le secours des Syriens, s'empare du khalifat dont il établit le siège à Damas, et dès ce temps nous trouvons constamment les Syriens parmi les premiers défenseurs de l'Islam.

On conçoit aisément que ces premières conquêtes formaient un sujet de conversation favori du peuple qui recueillait avidement de la bouche des vieux guerriers et qui aimait à se redire les détails d'un événement si important. Mais tout intéressants que sont ces premiers exploits, il est difiScile de se faire une idée exacte de la manière

dont ils se sont accomplis. Les événements les plas importants se succédèrent dans un laps de temps si restreint, qu*un vieux guerrier en les racontant a dû souvent se tromper dan s leur ordre, et que les narrateurs qui sont venus après lui ont dû commettre involontairement bien des fautes chronologiques. Ajoutons que ce n'est qu*en 16 qu' Omar a institué le calendrier de Thégire et qu*il a dû se passer quelque temps avant qu*il fût généralement adopté'). Le désir du raconteur de présenter sous un jour favorable ses propres prouesses ou celles de sa tribu, la prévention pour ou contre tel chef ou telle tribu devait faire naître des diiférences entre les traditions. Et enfin , hélas ! il y avait , au grand désespoir de rhistoriographe , des gens qui mentaient effrontément et dont les récits se transmettaient comme des vérités, au détriment quelquefois de la vraie tradition. Et voilà comment les savants qui, dès le milieu du deuxième siècle, ont essayé d'écrire l'histoire de ce temps, ont trouvé une masse si énorme de rapports plus ou moins véridiques et souvent contradictoires, qu'en plusieurs cas il leur a été impossible de découvrir la vérité. Selon qu'on s'attachait de préférence à une classe de traditions ou à une autre, on composait des récits qui, du moins en partie, s'excluaient absolument; ce qui n'a pas empêché que les chroniqueurs postérieurs ne les aient mêlés et fondus ensemble. De là vient, qu'en lisant le récit de la conquête chez Caussin de Perceval, chez Weil ou chez Kremer'), on est presque forcé d'admettre l'un des trois et de rejeter les deux autres.

1) Corap. MûUer, der Islam, I, p. 277.

2) Mitteliyrien und Darnaseua, Vienne 1853.

tant il y a de divergences dans leur exposition des faits. Le premier a suivi principalement Saif ibn Omar; Kremer a puisé presqu'exclusivement dans la chronique d*Ibn Katfaîr, qui renferme plusieurs récits de valeur diverse confondus; il n'y a que Weil qui ait tâché de faire œuvre de critique en traitant cette matière.

Ce qui, en 1864, m'enhardit principalement à essayer de trouver mon chemin dans ce chaos, afin de rechercher à quel degré de certitude nous pouvons arriver sur les événements de cette conquête et auxquels des divers rapports qui nous ont été transmis nous pouvons ajouter foi , c'était que je me trouvais en possession d'une source où les trois auteurs mentionnés n'avaient point puisé ^) , et qui cependant, à mon avis, égalait sinon surpassait les autres en importance: le livre de »la Conquête des pays" par Belâdhori. Je venais d'en publier la première moitié, l'autre était sous presse. Je pouvais donc espérer de répandre sur certains points un peu plus de lumière qu'il ne leur avait été possible. Maintenant^ j'ai devant moi ce que MM. A. Mûller et Wellhausen ont écrit sur ce sujet, l'un dans son livre »der Islam im Morgen- und Abendland", l'autre dans ses »Prolegomena zur altesten Geschichte des Islams" (Skizzen VI). Tous les deux ont mis à profit mon Mémoire. Devant ces écrits, les exposés de Caussin, de Kremer et de Weil ont vieilli et perdu une grande partie de leur importance. C'est pourquoi, en examinant et

1) Weil, à la saite da troisième tome de son Histoire des Khalifes; a donné nn extrait assez mince de Belâdhori, Caassin le cite quelquefois dans ses notes. Mon édition da texte a été complétée en 1866.

eu discutant les résultats de mes prédécesseurs, je m'en tiendrai principalement à ceux de M. Wellhausen.

Dès que la fermeté d'Abou Bekr, aidée par l'épée de ses fidèles, eut réprimé la rébellion dangereuse qui avait éclaté en Arabie après la mort du prophète, il résolut, d'après le programme de son grand prédécesseur, d'envoyer des troupes en Irak et en Syrie, dans le but spécial de propager Vlslam parmi toutes les branches de la souche arabe. Car, sans la soumission de celles-ci, la foi de Mahomet aurait dû renoncer à Tempire du monde, et les sommations que le prophète avait adressées à l'empereur de Constantinople et au Khosroës de la Perse fussent restées lettre morte. Cependant , un autre motif encore poussait le khalife à entamer immédiatement cette grande affaire. De tout temps la gloire militaire et le butin avaient formé l'idéal du fils du désert; ce n'était qu'en lui fournissant amplement l'occasion de suivre ses goûts, qu'on pouvait espérer de le réconcilier avec le nouvel ordre de choses qui jusqu'ici n'avait été fertile qu'en malheurs, et de consolider toutes les conversions forcées. Un ennemi et des dangers communs, voilà les seuls liens qui pussent réunir les vaincus et les vainqueurs, l'unique moyen de flatter l'ambition ou l'avidité des chefs de tribu, et de concilier la prospérité de l'Islam et leur propre intérêt.

Du temps de Mahomet on n'avait entrepris contre la Syrie qu'une seule expédition de quelque importance. Ce fut en l'an 8 , peu après la conversion de Khâlid ibn al- Walîd, qu'une armée forte de 3000 hommes^) partit pour

1) Tab. I, hl*, 18.

la Belcâ, conduite par Zaid ibn Hâritha, le fils adoptif du prophète; en prévision du cas où il viendrait à périr, on lui avait adjoint pour successeur Djafar, frère d'Alî, et ensuite Abdallah ibn Bawâha. Le but de cette expédition était, selon Wâkidi^), de venger le meurtre d'al- Hârith ibn Omair al-Azdi al-Lihbi , que le prophète avait envoyé avec une lettre pour le prince de Bosra et que Shorahbîl ibn Amr le Ghassanite avait arrêté et tué à Monta. Il n*est guère improbable qu'en vue de Tattaque prochaine que Ton méditait contre la Mecque, on espérait faire en même temps bonne provision de ces précieux cimeterres, dits maahrafiya ^ que Ton fabriquait à Monta et ailleurs dans le pays montagneux des Codhâ^a, anciennement Moab et Ammon, que les Arabes désignent parle nom collectif de maahârif al-Belcâ » places hautes de la Belcâ"*). Il paraît qu'en Syrie on avait eu vent de ces projets. Théophane ^) dit qu'un Coraishite *) nommé Coutaba (Cotaiba?) avait averti le général romain. Une troupe d'éclaireurs, au nombre de quinze hommes sous la conduite d'Amr ibn Ca^b al-Ghifâri, fut attaqué à Dfaât Atlâh, non loin de Wâdi '1-Corâ^), par un poste avancé de l'armée ennemie fort de 50 Codhâ^ites ^), dont le chef était Sadous, frère de Shorahbîl^), et périt 8) à l'exception d'un seul

1) Maghdzi trad. de Wellhausen p. 309 et Masoadi Tanhih p. Hô, 9.

2) V. Bekri ô*1, 1 SCcUaS S^ ^^ ij^ji^ ^JJi^ et Yacout i.v.

3) Éd. de Bonn p. 515 (de Boor 335).

4) Kopaa-iivoç. La version latine a ici Saracenus, mais p. 543 l. 22 (Bonn) eUe a Corasini, comme le texte grec.

5) V. Yakoat sous ^^^^; ce que donne Masoudi TanbiA Ho „entre Tabouk et Adri*ât" semble faux.

6) VITellh. Maçà. p. 810. 7) Tab. I, hJ, 10. 8) Tab. I, M^, I.

homme *)• L*armée musulmane dispersa cette division, après avoir tué Sadous^). Wâkidi dit qu'un second poste destiné à arrêter ou à ralentir la marche de Tarmée était sous les ordres de Wabr, autre frère de Shorahbîl. Celui-ci avait gagné du temps pour avertir le commandant romain, Théodore le Vicaire'), qui rassembla à la hâte tous les soldats des vedettes du désert. Lorsque Tarmée musulmane arriva à Ma^ân (Mo*^ân), elle apprit qu'une armée de 100,000 Romains, renforcée par un nombre égal d'Arabes chrétiens*) et conduite par Mâlik ibn Râfila^), l'attendait à Ma^âb (Moab). Cette nouvelle rendit les Musulmans hésitants. Devaient-ils continuer la marche, ou bien consulter le prophète et demander des renforts? Ce n'est qu'après deux jours de délibération qu'Abdallah ibn Rawâha, rappelant aux soldats le jour de Bedr où, aidé visiblement par Dieu, leur petit nombre avait triomphé des Mecquois, sut les décider à aller à la rencontre des ennemis. Théophane dit qu'ils savaient qu'au lieu où se trouvait le Vicaire, on allait célébrer une fête de sacrifices («/SaAo&yo-/^) et qu'ils espéraient surprendre l'ennemi ce jour-là. Il appelle ce lieu Mouxicùv ku/aii. Si ses données sont exactes, ce lieu doit être cherché un peu au nord de Monta, c'est-à-dire environ à l'emplacement de Ma^âb (Moab) que nomment

1) Tab. I, n»l, 8 et suiv. comp. note d et Ibn Hadjar III, *1»ô. Ce que Yacoubi a, II, v1 1. avantdern. est erroné.

2) Wellh. Maçh. p. 810.

3) V. Théophane; Masoudi TanbîA Hô, 12 l'appelle Theodokos.

4) Comp. Elias Nisib. chez Baethgen, Fraçm. p. 109. Les nombres sont sans donte très exagères.

6) Tab. I, Htl, 17 et saiv. et note ». Masoudi, TanMà, dit que Shorahbîl lui-même commandait l'armée.

les récits arabes. Il m*est cependant impossible de prouver que Théophane ait eu efîectivement en vue Ma^âb. Moukheôn oSre plus de ressemblance avec Ma^ân ou Mo^ân, comme on dit aussi, supposé que la lettre %ïn soit rendue par M^), mais si Théophane a voulu indiquer ce dernier lieu, il n'était pas bien informé. Le poème attribué à Ibn Rawâha') prouve aussi que Ma^âb était le but des Musulmans. Le dieu en l'honneur duquel la fête devait être célébrée est, selon toute vraisemblance, celui que les Arabes appellent al-Okaicir et dont le véritable nom n'est pas connu ^). Il s'ensuit que ces Codhâ^ites n'étaient pas tous des Arabes chrétiens (rou^; i^ ^Apifiuv yivouç ;^p/a-T/avoyç) , et qu'une bonne moitié en étaient païens.

La rencontre de Tarmée musulmane avec les troupes de Théodore eut lieu à Monta, située sur les frontières de la Belcâ*) à TEst de l'extrémité méridionale de la Mer morte, non loin de Ma*^âb*). Ibn Ishâk dit^) que les Musulmans s'avancèrent jusqu'à un village de la Belcâ appelé al-Mashârif, puis se retirèrent sur Monta à l'approche des ennemis. Cela ne peut pas être exact, car, comme nous Ta vous vu, al- Mashârif est un nom collectif qui comprend aussi Monta.

Les Musulmans se battirent comme des lions, mais ils succombèrent sous le nombre. Les trois chefs tombèrent

1) Comme *Amer a été rendu par Tetfiep,

%) Tab. I, Iti^ 13, cité par Yacout IV, t^'w, 22, ôv^

3) Comp. Wellhausen, Reste* p. 62 et suiv.

4) ^ULJt *j^'.

5) Théophane I, 515 (Bonn) Moêovç, ^otit. Vignitat. or. chap. XXX Motha (édition de Bôcking, p. 81 et 362). V. surtout Nôldeke, Z.D.M.G., tome XXIX, p. 433 note 4.

6) Ibn Hish. vif, Tab. I, Htf .

l'un après l'autre ; le corps de Djafar était couvert de blessures dout plus de cinquante dans la poitrine'), et un grand nombre de brayes périrent avec lui. Alors Khâlid ibn al-Walîd saisit le drapeau. On ne songea plus à la victoire ; une retraite sans trop de pertes était la seule ressource. Et c'est à juste titre que le poète dit de Khâlid*): »I1 n'a pas son égal parmi les hommes." Neuf épées lui furent cassées entre les mains; et lorsqu'à son entrée à Médine, on osa murmurer le nom de forrâr (fuyards), lui et les siens méritaient bien que le prophète tournât cette épithète en corrâr » hommes fermes", et qu'il donnât à ce héros le titre qui l'a honoré depuis, ^l'épée de Dieu", et sous lequel plus tard ses ennemis même lui ont rendu hommage ^).

Presque immédiatement après, le prophète envoya Amr ibn al-Açi avec 300 hommes dans le pays des Codhâ^a au Nord de Wâdi'1-Corâ, afin de gagner les tribus arabes de la frontière syrienne pour la cause de l'Islam et pour une invasion éventuelle en Syrie *). Amr fut chargé de cette tâche parce que sa grand'mère appartenait à la tribu de Balî des Codhâ^a, ce qui pourrait lui donner quelque influence auprès de ses oncles maternels. Cependant il trouva de l'opposition. Venu à as-Salâsil (ou as- Salsal selon Ibn Ishâk) au pays des Djodhâm, à trois journées de Wâdi'1-Corâ et à dix de Médine ^), il ne se sentit pas assez fort pour

1) Bokhâri éd. Krehl IIlJi**ô, Bekri article iufyc .

2) Ibn Hishâm p. vIa,

8) yiÂx^ipec roO ôgoO (Théophane).

4) j»UiJt it ^j^UJI ^J^Xm^, Ibn Hish. p. lAf, a.f, Tab. I, Hf, 16.

B) Masoudi Tanm Ho, 18.

attaquer et fit demander des secours à Média e. Le prophète dépêcha Abou Obaida avec 200 hommes. Avec ces renforts, Amr dispersa les troupes ennemies et fit quelque butin *). L'an 9, après la conquête de la Mecque, Mahomet luimême entreprit une expédition en Syrie. Tacoubi ^) dit que le but en était de venger la mort de Djafar ibn abî Tâlib. Mais tous les autres donnent un motif différent. Mahomet venait d'apprendre, disent-ils, que les Arabes chrétiens des tribus d'Amila, de Lakhm, de Djodhâm, de Ghassan et d'autres s'étaient joints en grand nombre aux troupes de l'empereur qui marchaient contre la Belcâ ^) ; mais il paraît que ce mouvement était de peu d'importance, car à peine arrivé à Tabouk, Mahomet apprit qu'ils s'étaient repliés sur Damas. Le prophète était accompagné d'une grande armée *) et la nouvelle de sa conquête de la Mecque avait été ébruitée sans doute bien au-delà des frontières. M. Wellhausen^) qualifie l'expédition de »romantischer Zug". Il est vrai qu'elle fut de courte durée. D'après Yacoubi ^) il partit de Médine le 1 de Redjeb, arriva en Sha^bân à Tabouk, où, selon Tabari, il ne resta qu'une quinzaine de jours ^), et revint en Ramadhân. Mais son expédition ne fut point du tout infructueuse. Les habitants juifs d'Aila ^) et de Macna et même les citoyens d'Adhroh et de Djerbâ,

1) Wellh. Magà. p. 315; comp. Yacoubi II, a» . 2) II, 11.

3) Belâdh. p. ô1 , Tab. I, tv»\*, Wellh. ilfa^^. p. 391 (teitede Cremerp. ffô), *OfOun al-Àthar, ms. de Leide, f. 167 r. ; comp. Canssin III, p. 282 et 286.

4) Wellh. Magh. p. 393, 396, Masoadi, TanUh, p. t*v., dern. 1. et saiv.

6) Skizzen VI, p. 52. 6) II, v* , 6 et suiv.

7) Tab. I, W^t**. 9 iLJ '^y^ Çf^ . 8) V. aussi Bokhâri II, "^T.

dans la Syrie méridionale '), vinrent faire leur soumission. Nous possédons encore le texte des traités que le prophète leur accorda *). Puis, ce fut de Tabouk que Mahomet envoya Khâlid ibn al-Walîd avec 420 cavaliers ') contre Doumat al-djandal, où régnait alors Ocaidir, prince chrétien appartenant à la tribu de Einda.

Ceci mérite une petite amplification. Douma, ou Doumat al-djandal, c*est-à-dire, Douma bâtie en pierres, place très ancienne située dans Toasis qui s'appelle actuellement al- Djôf, à cinq journées de Damas et à quinze (ou treize) de Médine, était un point important pour le commerce et l'une des portes d'entrée de la Syrie *). En Tan 5 Mahomet, ayant été averti que la route commerciale de Médine à la Syrie orientale était infestée par les Arabes des environs de Doumai se mit en route et pénétra jusque dans le Djôf, mais à son approche les Arabes se dispersèrent, et le prophète, ayant fait quelque butin sans coup férir, retourna à Médine *). Masoudi dit ^) qu* Ocaidir régnait alors à Douma. Nul autre ne confirme ce fait et il est improbable au plus haut degré. Car Tannée suivante, le prophète, fermement résolu de soumettre Douma, envoya Abdarrahmân ibn Auf, accompagné d*un corps de 700 hommes, avec Tordre d'épouser la fille du roi dès qu'il se

1) ** tôt est la capitale de BLamOi (le mont Seïr). Elle est sitaée à une petite distance nord de Ma*ân.

2) Belâdh. p. o1 et saiv., AVellh. Maçk, p. 405.

3) Ibn Sa*d dans VOyomm al-athar f. 158 r., Wellh. Magh. p. 403.

4) AVellh. MagK p. 175 note 1.

6) Ibn Hish. p. tU, Tab. I, Iflf, 1. dcrn. et suiv., Belâdh. p. T. 6) Tamm, p. ïfA, 16.

serait emparé de la ville ^). On sait par Texemple du prophète lui-même qui, après la prise de Ehaibar, épousa Çafîya, la veuve du chef vaincu, qu'on considérait ces épousailles comme une preuve convaincante de la victoire. Les habitants de Douma appartenaient à la tribu de Eelb ; ils avaient été autrefois tous adorateurs du dieu Wodd (ou Wadd) et le culte de ce dieu se maintenait encore dans quelques coins de la campagne ^), mais la majorité, de la population avait embrassé le christianisme et le chef kelbite al-Açbagh ^) ibn Amr professait cette religion. Les historiens ne disent pas grand' chose de cette expédition qui cependant fut couronnée du meilleur succès. Al-Açbagh embrassa l'Islam, Abdarrahmàn épousa sa fille Tomâdhir, .qui devint la mère de son fils Abou Salama^), les Eelbites s'engagèrent à payer la capitation.

• Ce n'est qu' après cette expédition qu' Ocaidir semble s'être rendu maître de Douma. Belâdhori*), et d'après lui Tacout^), raconte: » Ocaidir et ses frères habitaient à Douma en Hîra de l'Irak ^). Un jour ils visitèrent leur famille, de la tribu de Eelb, et étant à la chasse ils trouvèrent les ruines d'une ville dont il ne restait que quelques murs, bâtis d'une espèce de pierres qu'on appelle djandaL

\) Tab. I, tô:»*!, 9 et sniv., Wâkidi, Magh. p. ô, Tbn Sa'd dans VOyoun aU

athar t 125 r., Osd al-ghâba III, t^'t** et suiv., Yacoabi II, a», 1. dern. etsuiv.

2) Wellh. Retie^, p. 17.

3) Wellh. Magh, p. 237 a fautivement al-Açya'.

4) Comp. Ibn Hadjar I, ï'ïv et IV, f aô .

5) P. *\^. 6) II, l^v , 22 et suiv.

7) Le royaume de Hîra comprenait Anbâr, Hît et Ain at-Tamr, Bekri p. ^*t* Comp. Bothstein, die Dynastie dtnr Lahmiden in al-Hira, p. 17.

Ils la rebâtirent, plantèrent des oliviers à Tentour et lui donnèrent le nom de Doamat al-djandal pour la distinguer de la Douma en Irak." L'autorité de ce récit n'est pas grande, mais il a un fonds de yérité. Il paraît qu*Ocaidir le Eindite, appelé par les Eelbites de Douma, vint de Hîra avec une armée d'Arabes chrétiens^) et occupa le chef-lieu. La réédification que le récit mentionne n*a été probablement que la restauration et la fortification de la fameuse citadelle de Mârid. Selon Masoudi^) Ocaidir était au service de l'empereur Héraclius et molestait les caravanes de Médine. Que ce prince fût réellement originaire de Hîra, c'est ce que confirme non seulement la circonstance qu'il était Kindite') et chrétien*^ et que ses soldats étaient des Ibâd (Arabes chrétiens de Hîra), mais aussi la tradition qui nomme Bishr , frère d'Ocaidir , un de ceux qui apportèrent à la Mecque l'écriture arabe qu'ils avaient apprise en Hîra'). Mais quoi qu'on en pense, on ne saurait douter avec raison qu'en l'an 9 Ocaidir ne régnât sur l'oasis de Doumat al-djandal. Ehâlid revint en triomphe. Hassan, frère du roi^), fut tué et l'on envoya d'avance au prophète son manteau de brocart qui excita l'admiration de tout le monde. Ocaidir, pour avoir la vie sauve, dut payer une forte rançon consistant selon Wândi"^) en 2000 chameaux,

1) Bclâdh. T X5^l oLac ^y% 1^1^^ . Comp. Rothstein p. 18 et suiv. et les passages du TanMA de Masoadi qoe j'ai cités dans mon Glossaire p. XXX.

2) TanèU ï'fA, 17. 3) Comp. Rothstein, p. 87 et suiv. 4) Ibn Ishâk dans YOyoun al-athar f. 168 r.

6) Belâdh. fôl, Ibn Doraid ^X^.

6) Ses deux autres frères étaient Bishr et Horaith.

7) Wellh. Magh, 404, Ibn SH*d dans VOyoun al-athar f. 158 r.

800 esclaves, 400 cuirasses et 400 lances, puis fut présenté au prophète, qui confirma les conditions posées par Ehâlid et permit à Ocaidir de retourner à Douma à condition qu'il payerait la capitation ^). Il s'ensuit que la tradition qui lui fait embrasser l'Islam et qui fait de lui l'éponyme du traité que Mahomet conclut avec lesKelb^), est à rejeter, comme M. Wellhausen a déjà fait observer. La tradition d'après laquelle Ocaidir demeura à Doumat al-djandal jusqu'à la mort du prophète, ne mérite non plus aucune confiance. Car nous trouvons qu'une députation des Kelb sous la conduite de Hâritha ibn Catan etHamal ibn SaMana vint au prophète pour embrasser l'Islam pour eux-mêmes et leurs contribules. Nous possédons le texte du traité que ces envoyés apportèrent à Douma ^). Il ne contient pas la clause du texte de Belâdhori d'après laquelle on devait rendre les ^armes, les cuirasses , les chevaux et la forteresse, et qui est à sa place dans un traité conclu avec Ocaidir soumis par les armes, mais nullement dans celui qui fut accordé aux Kelbites convertis. Puisque Wâkidi*) nous apprend que le prophète fit un traité avec Ocaidir par lequel il lui imposa la capitation et qu'il signa d'une empreinte de son ongle, nous sommes en droit de conclure que le texte donné par Belâdhori est un amalgame des deux traités.

1) Tab. I, tv.l**, 5, Wellh. Magh, 404 et note 1, Otd al-ghdha, I, î^l**,

I. avantd. et sniv. La tradition de Mousa ibn Ocba, selon laquelle le prince avait fait conjointement avec le prince d'Aila un traité avec Mahomet, Ibn Sa'd dans VOpouH al-atkar f. 158 r., n'est pas acceptable.

2) Belâdh. 1t .

8) Abou Obaid, Qharib al-kadith ms. de Leide f. 114 v., Zamakhshari, Fdik

II, 63 et 185; autre rédaction d'après Ibn Sa'd chez Wellh. Skigzen, IV, 178. 4) Wellh. Ma^Â, 404.

Pois, comme nous savons qu'à la mort de Mahomet Imrou '1-Cais, fils de Tancien chef al-Âçbagh, gouvernait les Kelb au nom du prophète , et qu'il restait fidèle à la cause de l'Islam lors de la révolte des Arabes contre Abou Bekr^), il n*y a, à Douma, pas de place pour Ocaidir, et il y a tout lieu de supposer soit qu'après la cession de ses armes , de ses chevaux et de sa forteresse, il se soit dégoûté du séjour, soit que les Eelbites, travaillés par leur ancien chef qui les poussait vers l'islamisme, l'aient obligé à quitter la place, soit enfin qu'il ait été banni par Abou Bekr, comme l'assure Ibn al-Kelbi*). Un poète des Kelb fit à cette occasion ces vers^):

Que personne ne se croie sûr contre la chute de sa

[prospérité !

Voyez comme les belles dames dans les palanquins

[d'Acdar*) ont disparu de Khabt, Khabt, proprement » bas-fond", est le nom antique du Djôf qui a la même signification^). Un autre poète dit^):

Oh, qui a vu les dames en palanquin de la famille d*Acdar qui se mettaient en route au matin? Leur tristesse

[m'attriste.

Elles ont dû changer la résidence contre la marche, le

[château fort contre le voyage.

Selon Belâdhori^), Ocaidir revenu en Hîra y bâtit une ville, à laquelle il donna le nom de Douma, d'après celui de son

1) Tab. I, ÏavÏ", 5 et 8, comp. ^aI**. 13 et Oêd al-ghdba I, i^ô .

2) Ibn Hadjar I, ï'ôt*', 6 a f.; comp. Yacout II, 1)"1, 12 et suiv.

3) Belâdh. 1^. 4) Ocaidir est le diminutif de Acdar.

6) Bekrî t*"!**, 1. dern. 6) Yacout II, 1l"l, 17 et suiv.

ancienne résidence. Une autre tradition ^) raconte qu'avant de s'établir à Doumat al-djandal, Ocaidir et ses frères résidaient dans une place de la principauté de Hîra, nommée Douma. Cette dernière yersion paraît exacte, comme nous l'avons vu plus haut, si nous la corrigeons d'après Tautre tradition, en ce sens qu'Ocaidir nomma la place » Douma'* après son retour. 11 n'est pas improbable que, durant le séjour d'Ocaidir à Doumat al-djandal , un de ses frères ait gouverné le siège de la famille en Hîra. Cette ville de Douma, dite Doumat al-Hira, était vraisemblablement située à peu de distance de Âin at-tamr^); Khâlid s*en rendit maître avant son voyage en Syrie,

C'est ici la place de m'inscrire en faux contre l'argumentation de M. Wellhausen ^), qui pense que la Douma prise par Ehâlid en l'an 12 est Doumat al-djandal, affirmant que Douma de Hîra n'était qu'un quartier de la ville dé Hîra et conséquemment comprise dans la conquête de cette ville. Cette assertion manque de fondement. M. Wellhausen reconnaît lui-même qu'une expédition de Hîra à Doumat al-djandal était un écart »eine Digression", Sans doute, puisque Kfaâlid aurait dû traverser le désert de Samâwa, qui sépare Ain at-tamr de Doumat al-djandal, dans toute sa largeur. En tout cas, il est impossible d'admettre que cette expédition ait eu lieu après que Tordre de partir immédiatement pour la Syrie eut été donné. Toutes les difficultés disparaissent si nous supposons que dans les passages Tabari ^w, 5, Belâdh. ill, 12 le mot al-djandal a été

1) Ib. p. *if . 2) YacoQt II, 1ï*v, 16 et suiv.

8) Skizzen VI, 47 n. 3.

interpolé. La f^te remonte à Saif ou à ses autorités. Le retranchement de Wadî*^a le Kelbite à Doumat al-djandaP) a eu lieu en l'an 11 et selon Tabarî 'aa. 1. dern. ce fut Amr ibn al-Aci qui fut chargé de le combattre. Il est évident qu'Abou Bekr n*a pu entreprendre la conquête de rirâk et de la Syrie ayant d'être maître de Doumat aldjandal. Et puis, une expédition contre cette place devait partir de Médine, non pas de l'Irak, comme dans le récit de Saif. Ayant trouvé dans les traditions que Khâlid, après la conquête de Hîra et quelque temps avant son départ pour la Syrie, avait pris Douma, y avait fait des prisonniers, entre autres la belle Laila, fille d'al-Djoudi 2), et avait tué Ocaidir, ensuite qu'Iyâdh ibn Ghanm avait été commandant de Douma ^), Saif ou ses autorités ont composé le récit romantique qu'on lit chez Tabari I, ï**1ô et suiv. L'explication donnée par A. MûUer*) et qui s'accorde avec la mienne, est donc la seule qui soit acceptable. Les vers qui se trouvent chez Tacout II, Aôi*, 15 et suiv., ont été probablement empruntés au récit de Saif, mais ne nous apprennent rien sur la question qui nous occupe. La tradition elle-même d'après laquelle la fille d'al-Djoudi aurait été faite prisonnière à Douma, c'est-à-dire soit à Doumat al-djandal, soit à Douma de Hîra, est très sujette à caution. Belâdhori ^) fait mention d'une autre tradition, d'après laquelle elle fut prise dans un village des Ghassan. Selon Ibn al-Athîr et Ibn Hadjar^) elle appartenait elle-même aux Ghassan et

1) Tab. I, Jav^, 14. 2) Tab. I, ^w, 5, Belâdh. T.

3) Selon Madâini (Tab. I, ftH, 5) lyâdh y a été envoyé par Abou Bekr en 18.

4) Der Islam I, 229 note. B) P. *tï* 1. dern. 6) Osd aïrghdba III, t***©, Ibn Hadjar IV, wv et suiv.

fut faite prisonnière en Syrie après la (seconde) prise de Damas. Abdarrahmàn , le fils d'Abou Bekr, l'avait vue à Damas avant la conquête de la Syrie et s'était épris d'elle. Il l'obtint pour épouse après la conquête. Si nous admettons que ce village des Ghassan ait été la Douma près Damas qui existe encore aujourd'hui*), nous nous expliquons l'origine de la confusion.

Il n'est guère invraisemblable qu'il faut placer au temps de la prise de Douma en Hîra par Ehâlid ce qu'on nous raconte sur le frère d'Ocaidir, Horaith, à savoir qu'il embrassa l'Islam et qu'il fut laissé en possession de ses biens ^). Yazîd, fils de Moâwia^ épousa plus tard la fille de ce Horaith.

L'an 11, peu avant la mort de Mahomet, on prépara une nouvelle expédition contre la Syrie ^) ; cette fois sous la conduite d'Osâma, fils de Hâritha ibn Zaid qui avait péri à Monta. Déjà les troupes allaient se mettre en marche, lorsque le prophète mourut, et quoiqu'Abou Bekr pût à peine se passer de ces forces, il résolut néanmoins de donner suite à Tordre de Mahomet et les fit partir, se contentant de réduire le nombre des troupes et d'ordonner à Osâma de se borner à exécuter les ordres du prophète. Celui-ci, d'après Ibn Ishâk % lui avait donné l'ordre de faire une razzia sur >les frontières de la Belcâ etduDâroumde Palestine". Wâkidi nomme le lieu de destination Obnâ'^), Saif, selon deux bonnes autorités^), Abil, dite Abil az-zait >de

1) Socin-Baedeker* p. 421. 2) Belâdh. "W, 8.

3) Ibn Hish. 111, Tab. I, !v1f et suiv., Bokhârî III, Hï*, Oyoun al-atkar t 176 V., 176 r.

4) Ibn Hish. 1v*, Tab. I, tvif, 12 et suiv.

5) V^eUh. Magh. 433, 436. 6) Tab. I, îvlô, 4, Îaô{, 4 et 7.

rhuile")» ïin des Mashârif syriens. Il est évident que Wâkidi a voulu désigner par Obnâ une place dans le voisinage de Monta. Mais comme Obnâ n'est communément qu'une prononciation modifiée de Tobnâ, l'ancienne Tabniël (Tamnia) et qu'al-Dâroum (nommée aussi Dâroun) est une forteresse bien connue au Sud de Gaza sur le chemin d'Egypte ^), on a attribué à Osâma une expédition vers la contrée de Gaza. Abou Daoud^ dans son Corpus traditionum ^), rapporte qu'Abou Moshir, ayant été interrogé sur la ville d'Obna, répondit: > C'est Yobna en Palestine, et l'expédition dans la Belcâ est celle de Zaid, père d'Osâma, avec Djafar, fils d' Abou Tâlib et Abdallah ibn Rawâha, qui tous périrent à Monta". Puis, Ibn al-Amîr ^) assure qu' Obna et Tobna sont la même ville, et c'est ce que prétend aussi Tacoubi *), qui pour cette raison représente l'expédition d'Osâma comme dirigée contre cette place. Pour la même raison, Masoudi dans son Tanbih a fait de l'tixpédition d'Osâma deux expéditions, l'une dirigée vers Tobna et Azdod*), l'autre contre la Belcâ, Adhriât et Monta ^). La confusion vient probablement de ce qu'on a entendu prononcer le nom d'Abil (Jjt) avec la terminaison syrienne Abilâ (^t ou ^^\) qui, écrit sans voyelles, pouvait être prononcé Oblâ, qu'on a pris pour une variante d'Obnâ^). Chez Tabari Iaô( le manuscrit employé par Kosegarten a en efifet Obnâ au lieu d'Abil ^).

1) Yacoat II, ô\*ô, 11 et suiv. Baladin Ta détrnite.

2) Chez Bekrî 1^

3) Glose marginale dans l'exemplaire de Leide de Bekrî.

4) Bibl. Geogr. VII, ^^X 4-6. 5) P. ^vT, 18.

6) P. \*w, 16 et suiv. Comp. Yacoubi Hiii. II, ^fo 1. dern. ijo^^ q^ (J^^. ^.k^Jl? et tn, 1 i^LftJLJI joj.

7) V. Bekrî *i^, 5 a f. et suiv. 8) V. la note g.

La situation de cet Abil n'a pas été précisée par les chroniqueurs. Dans un récit de Saif sur Khâlid ibn Sa^d ibn al-Açi dont nous parlerons plus loin, nous trouvons mentionné un lieu de ce nom que sans hésiter nous devons identifier avec > Abil des vignes *)", 6 ou 7 milles d'Amman. Mais comme TAbil d'Osâma s'appelle > Abil de Thuile" et que nous savons par des traditions dignes de confiance que le but imposé à Osâma était le lieu où son père avait été tué ^), nous sommes autorisés à admettre la justesse du renseignement de Naçr ') d'après lequel Obna (Abil) était un village des environs de Monta, et qui est d'accord avec celui de Saif que nous avons donné plus haut selon lequel Abil était un des Mashârif syriens *). Par le Dâroum d'Ibn Ishâk il faudra entendre, non pas la forteresse au Sud de Gaza, mais le district de ce nom dans le Sud-Est de la Palestine, dont parlent si souvent Eusèbe et Jérôme et que Tacout mentionne sous la forme syrienne de Dâroumâ^).

Wâkidi raconte ^) qu' Osâma, quoique fort jeune encore, avait été désigné expressément parce qu'on allait venger la défaite de Mouta, et il ajoute qu'il tua le meurtrier de son père et recouvra même le cheval monté par celui-ci à Mouta ^). Puis il punit les habitants de Cathcath (selon Wâkidî; je ne sais pas pourquoi M. Wellhausen a corrigé le nom en Gabcab), ou d'al-Hamcatain (selon Saif^) et dispersa les tribus rebelles des Codhâ^a ®) qui étaient mécon-

1) Winer BeaUexicon, in v. 2) Tab. I, Uv», 4.

3) Chez Yacout I, 11, 21. 4) V. plus haut p. 18 1. 1.

5) II, ô\*ô, 8. 6) Wellh. Magh, 483, Masoudi TanUh l*w.

7) Magh. 436, 436. 8) Chez Tab. I, W, 1. dern. comp. W*, 16. 9) Tab. I. Uv\*, 12 et suiv.

tentes parce qu'Abou Bekr ne leur avait pas accordé ce qu'ils désiraient '). L'expédition entière dura 70 jours ^), dont 40 furent employés pour le voyage d'aller et le châtiment des Arabes '). La campagne avait été projetée et fut exécutée comme une razzia; aussi j a-t-il fort peu de rapports entre le départ de cette bande peu nombreuse et les conseils et les avertissements d'Abou Bekr que Saif place ici, et qui au contraire s'expliquent parfaitement bien au moment du départ des armées pour la conquête de la Syrie, où les placent la plupart des auteurs. Entre le départ des troupes d'Osâma*) et le moment où Abou Bekr pouvait employer ses troupes en Arabie, il se passa environ trois mois ^). ^Le motif principal de l'envoi d'Osâma était sans doute le respect illimité d'Abou Bekr pour l'ordre du prophète. Mais l'expédition avait un côté pratique. Elle devait donner l'impression, tant en Arabie que chez les tribus arabes de la Syrie méridionale, qu'à Médine on se sentait fort. Peut-être que ce qui contribuait à décider Abou Bekr, c'était la considération que Mûller *) lui attribue, qu'il pourrait être utile pour les Ançâr de s'absenter pendant quelque temps de la ville, afin d'apprendre à se résigner à leur insuccès lors de l'élection du khalife^

1) Tab. I, U*if, 9. 2) Tab. I, Uv», 9, (ava, 8 et suiv.

3) Tab. I, Uôt, 8 comp. W,, 9. Yacoubi II, tf ï*, a 60 ou 40.

4) Rabi* I, Tab. I, ÎaIa, 16. 6) Tab. I, tiAf. 7. 6) Der Islam I, 218.

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