‹ Mémoire sur la cristallisation et la structure intérieure du quartz (volume 2)Chapitre 1 sur 20 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

LA CRISTALLISATION ET LA STRVGTURB INTÉRIEURI

Par N. DBSGL0IZB41IX.

Ayant eu, Tannée dernière, entre les mains un grand nonJ^re d'échantillons de quartz de la vallée de Conches et d'autres points du Haut-Yalais, présentant plusieurs modifications entièrement nouvelles , j'ai entrepris les recherches qui font l'objet de ce Mémoire , et dont les principaux résultats ont été présentés à l'Académie des Sciences, dans sa séance du 3o avril dernier. Les observations sur le système cristallin du quartz publiées en 1846 par M. G. Rose, dans les Mémoires de l'Académie royale de Berlin (i) , ayant déjà prouvé l'influence du gisement sur les formes dominantes des cristaux et sur leurs divers modes de groupement, j'ai pensé qu'il y aurait quelque intérêt à étudier tous les quartz cristallisés des collections publiques et privées de Paris, et j'ai été ainsi peu à peu entraîné à faire une sorte de monographie de ce minéral, qui m'a demandé beaucoup plus de temps que je ne l'avais supposé d'abord.

Les matériaux nécessaires à ce long travail m'ont été fournis par les collections du Muséum d'histoire naturelle, de l'École impériale des Mines, de la Sorbonne , du Collège

(i) Ueher das Krystallisations ^stem des Quartes; Mémoire lu h rAcadcmie des Sciences de Berlin , le a5 avril 1844 ? P^r M. G. Hose. ■ ^

de France, et par celles de MM. le duc de Luynes, Adam et Damour ] qu'il me soit permis d'adresser ici mes siucères remecciments aux éminents professeur^ placés à la tète de ces diverses collections et aux savants minéralogistes que je viens de nommer, pour l'extrême bienveillance avec laquelle chacun a mis ses échantillons à ma disposition.

De mon côté, j'avais rassemblé les cristaux intéressants que j'avais pu me procurer tant à Paris qu'à Londres, de sorte que j'ai eu à en examiner un très-grand nombre, de provenances très- diverses.

M. Rose s'étant attaché, dans son Mémoire, à décrire avec le plus grand soin les accolements et les enchevêtrements , à axes à peu près parallèles , qu'on trouve dans les localités les plus connues, je n'avais pas à iï\'en occuper au même point de vue ; mon but principal , dans l'examen des cristaux composés que j'ai rencontrés, a été de rechercher si leurs axes étaient rigoureusement parallèles, et surtout de voir s'il existait quelque relation simple entre les divers accidents de leur enveloppe extérieure et leur structure intérieure. En suivant les travaux de M. Soleil , depuis la construction de son saccharimèlre et de ses compensateurs de quartz, j'avais appris que les enchevêtrements d'individus, à axes le plus souvent parallèles , constituaient l'état normal de la plupart des cristaux de ce minéral, même lorsque ces cristaux semblaient annoncer une structure homogène : aussi rien n'est-il plus rare que de trouver un échantillon assez pur dans toute son étendue pour résister aux épreuves si délicates de la polarisation.

Pour parvenir à la solution de la question que je m'étais posée, j'ai d'abord déterminé avec soin la forme et les accidents extérieurs d'un assez grand nombre de cristaux, dont les opticiens n'avaient jamais songé à tirer parti, à cause de leurs petites dimensions ] puis j'en ai fait tailler, par un habile praticien, des plaques perpendiculaires à l'axe, que j 'ai examinées au moyen du microscope polarisant d'Amici .

(3) Comme il est impossible de reproduire fidèlement par le dessin les phénomènes très -complexes qu'on observe par ce procédé ou à l'aide de tout autre instrument convenablement disposé, j'ai essayé de photographier ceux de ces phénomènes qui se présentaient avec le plus de netteté.

Grâce au concours si intelligent de M. Dubosq, dont l'habileté est bien connue pour toutes les recherches de ce genre , et qui a organisé un appareil de polarisation éclairé par la lumière électrique et projetant ses images sur du coUodion sensibilisé, j'ai obtenu, dans la plupart des cas, des résultats très-satisfaisants. Les épreuves photographi- ' ques une fois obtenues , restait à trouver le moyen de les . reproduire directement et sans retouche, afin de leur conserver leur principal mérite, celui de l'exactitude : le nou*veau procédé de gravure par la lumière, dû à MM. Garnier et Salmon, de Chartres (i), m'a permis d'obtenir cette

(i) Voici très-sommairement , en quoi consiste ce procédé complètement distinct, comme on va le voir, de ceux qui ont été proposés en Angleterre par M. Talboty et en France par M. Niepce de Saint-Victor :

On soumet une plaque de laiton bien polie à Paclion de la vapeur d^iode, on recouvre cette plaque iodée d^un positif ou d'un nigatif sur verre (le positif doit être préfère, pour ne pas compliquer Popération), et on expose le tout à la Himière diffuse pendant sept à dix minutes, si le temps est clair, ou pendant vingt, trente et môme soixante minutes en hiver, dans les temps obscurs. L^action de la lumière a pour effet de faire foncer la couleur de riodure cuivrique allié sous les parties transparentes du cliché qu^elle traverse, tandis que cette couleur reste intacte au-dessous des parties noires du dessin.

La plaque ainsi influencée, on la frotte légèrement avec de la ouate impré- Qnée de mercure, qui a la propriété de s^amalgamer très-facilement avec le laiton iodé. Mais dans la condition où la plaque se trouve, après Paclion d« la lumière, Tamalgaroation n^a lieu que sur les parties de Tiodiire recou* vertes par les noirs du dessin, et par conséquent n^ayant subi aucune modification de la part de la lumière; Timage apparaît donc, négative ou positive, suivant Tétat négatif ou positif du cliché employé.

Pour procéder à la gravure , on passe sur la plaque un rouleau de lithographe enduit de noir typographique, qui, repoussé par le mercure liquide, recouvre toutes les parties du laiton non amalgamées; si Ton fait alors oiordce la planche par une solution acide de nitrated'argent destinée àenlevcr

reproduction d'une manière assez satisfaisante pour donner une idée nette des phénomènes que j'aurai à décrire.

La véritable mâcle à axes inclinés, décrite autrefois par M. Weiss (i), d'après un seul échantillon du Daupliiné, n'a été depuis reproduite que très-imparfaitement dans les divers Traités de Minéralogie 5 j'avais donc le plus grand désir d'examiner attentivement le petit nombre d'échantillons connus de cette très-rare variété : j'ai été assez heureux pour en rencontrer trois en Angleterre et trois à Paris, et leur étude m'a conduit à des conclusions un peu différentes de celles qu'a publiées M. Weiss.

La révision générale que j'avais entreprise m'ayant fait passer sous les yeux un très-grand nombre de cristaux des localités les plus variées, j'avais bien pensé que je trouverais quelques modificalions nouvelles, mais j'étais loin de m'attendre à l'abondance des formes que j'ai rencontrées.

J'ai considéré comme nouvelle toute face qui n'est citée ni dans le Mémoire de M. Rose, ni dans le Manuel si com^ plet de Brooke et Miller (2).

C'est par la description cristallographîque des diverses combinaisons formées par les modifications nouvelles que je vais commencer ce Mémoire, en renvoyant à la Note placée à la fin pour l'explication des symboles employés dans la notation des faces.

le mercure et à creuser le cuivre, la préparation pour Ta tailfe^doirce sera terminée.

Les inventeurs de ce procédé, auquel se rattache la gravure par décalque, à riode , au brome ou au chlore, de dessins à la plumo, au crayon noir ou à la mine de plomb, etc., ne doutent pas qu^un agent accélérateur ajoute à riodû sur le laiton ne leur permette un jour d^opérer immédiatement dans la chambre noire, comme cela a lieu pour les plaques daguerriennes.

(1) Ueber die herzformig genannten Zwillingskrystallc von Kalkspath, und gewisse analoge von Quart; lu à TAcadémie des Sciences de Berlin , le 3 no- Tcmbre 1829.

(2) An eUmentary Introduction to Mineralogr, par feu W. Phiilips; nouvelle édition considérablement modifiée et augmentée, par H -J. Brooke et W.-H. Miller, professeur de minéralogie & Cambridge; Londres ,^ i852.

(5) Les formes dérivées du quartz peuvent se diviser, comme l'a fait M. Rose, de la manière suivante :

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