‹ Mémoire sur la cristallisation et la structure intérieure du quartz (volume 2)Chapitre 10 sur 20 · LATÉRAUX DU RHOMBOÈDRE PRIMITIF · texte numérisé non relu

LATÉRAUX DU RHOMBOÈDRE PRIMITIF

Celte face, combinée à la pyramide hexagonale qui se

compose des faces des deux rhomboèdres inverses p et e% est certainement la forme dominante des cristaux de quartz de presque toutes les localités^ je n'ai donc rien à ajouter à ce qui en a été dit par tous les observateurs.

VI bis, — Base du prisme hexagonal a\

J'ai rencontré dans le cours de mes recherches une face excessivement rare, tronquant la pyramide hexagonale suivant un plan perpendiculaire à Taxe principal du rhomboèdre primitif, et ayant, par conséquent, pour symbole rhoraboédrique a*, et pour symbole hexagonal p. Deux cristaux seulement m'ont offert cette base, inobservée jusqu'à présent ; l'un, incolore, vient probablement du Brésil ; l'autre, noir, à peine translucide sur les bords, est d'une localité inconnue. Le premier, représenté ^g'. 5g, PL 11^ • appartient à la collection de l'Ecole des Mines ; le second, représenté ^g'. 60, PL II, est la propriété de M. Achard. Le cristal de l'Ecole des Mines n'a que sa partie supérieure complète, la partie inférieure étant cassée; la base a^ n'est pas assez unie pour se prêter à une mesure exacte 5 elle porte dans diverses directions des stries plus ou moins régulières, limitées par trois lignes légèrement saillantes qui, du centre de l'hexagone, se dirigent assez exactement vers trois de ses angles alternes, et semblent, par conséquent, indiquer la projection des faces rhombes 5; mais ce qui suffit pour prouver que cette base est bien réellement perpendiculaire à Taxe, ce sont les six bordures étroites comprises chacune entre deux lignes parallèles, qui représentent les intersections avec la base et avec les faces verticales e* de deux rhomboèdres, dont je n'ai pu déterminer les symboles à cause des cannelures qui les recouvrent.

Autant que j'ai pu en juger à travers deux faces non polies, et dont Tune était simplement noyée dans de la térébenthine, ce cristal , vu dans la lumière blanche polarisée^ paraît en partie composée de couches alternatives de rotation inverse, dont l'arrangement est difficile a bien saisir.

Le cristal ^g^. 60, PL 11^ est plus complet que le précédent : d'un côté, il offre la base hexagonale, terne et granulée, bordée par des portions étroites des six faces de ia pyramide, dont les incidences sont faciles à déterminer \ de l'autre coté existe un sommet complet, formé par trois faces;:?, prédominantes et fortement ondulées, et par trois

faces e^ plus petites, et n'offrant que de légères ondulations. La disposition de ce cristal rappelle donc celle des cristaux pyro-électriques de zinc silicate.

Outre les bases bien caractérisées dont je viens de donner la description, j'ai encore trouvé sur l'un des sommets d'un petit cristal bipyramidé, à prisme très-court, une face entièrement arrondie qui, par sa position, ne peut • évidemment appartenir qu'à la modification «* ; mais, vu son peu de netteté, je n'en parle que pour mémoire.

Haûy avait noté dans sa collection, comme cristaux basés perpendiculairement à l'axe, de petits cristaux comprimés en escaliers, de Beralston, en Devonshire; un examen attentif de ces cristaux, connus en Angleterre sous le nom de babel-quartz , m'a montré qu'on ne pouvait pas les considérer comme l'avait fait Haûy, et que leur forme rentrait dans celle des cristaux dont une face s'est développée anormalement aux dépens des autres.

La Jig. 61 y PI. II y représente un cristal isolé de Beralston, dont la position respective des faces a été déterminée au moyen de mesures directes. On sait que les échantillons qui portent ces singuliers cristaux se présentent à l'observateur sous deux aspects bien différents : on a, en effet, d'un côté, des cristaux prismatiques ordinaires à double sommet pyramide , groupés confusément en masses géodîques ;

de l'autre côté, on voit parfaitement la trace de gros cristaux cubiques de fluorine, maintenant disparus, sur lesquels les pristaux prismatiques de quartz ont du se déposer; c'est de l'empreinte produite parce contact que sortent, sous forme de gradins polygonaux plus ou moins saillants, les cristaux que Haûy regardait comme basés ^ et c'est par la face p^ de la pyramide inférieure, invisible sur \^fig* 6i , que ces cristaux s^e fondent dans la masse qui s'est appuyée sur la fluorine : cette face est devenue tout à fait prédominante , et elle sert de support aux piles de lames décroissantes sur lesquelles on retrouve les autres faces p et une

face e* de la même pyramide inférieure, trois faces e', et deux petites faces rhombes, dont une visible sur la figure, et enfin des faces de la pyramide supérieure, dont la seule visible est une face primitive jp, parallèle à celle qui sert de point d'appui : cette face p offre toujours, jusque dans ses plus petites dimensions, la figure d'un hexagone ou d'un heptagone à côtés inégaux et assez irrégulier.

On rencontre souvent, en Angleterre, de gros cristaux de chaux fluatée , recouverts de petits cristaux de quartz , Irès-brillants ; lorsqu'on enlève un de ces petits cristaux, on trouve, à sa place , dans la fluorine, une empreinte plus ou moins profonde, dont la forme rappelle tout à fait celle de la face libre du babeUquartz.

La même association de quartz et de fluorine produit du véritable babel-quanz dans des géodes qu'on trouve près de Saint-Yrieix (Haute-Vienne), .

Parmi les gros cristaux du Brésil que j'ai examinés , j'en ai trouvé quelques-uns dont une des faces p portait des excroissances semblables à celles qui constituent le babelquartz de Beralston ; comme rien, dansées cristaux, n'annonce un contact avec de la fluorine ou d'autres corps étrangers, il est possible qu'on puisse assigner à ce développement anormal , dans la direction d'une seule face, plusieurs causes différentes.

(84) On a souvent noté, dans les collections, comme offrant la base , des cristaux dont les faces du sommet sont plus ou moins complètement remplacées par un seul plan , qui paraît quelquefois à Toeil presque perpendiculaire à l'axe. J'ai examiné un grand nombre de ces échantillons, et j'ai trouvé que ce plan, souvent assez régulier, pouvait être considéré comme produit, tantôt par le contact du quartz contre une surface unie, tantôt par une cristallisation dont une cause quelconque aurait gêné le libre développement 5 ce qu'il y a de curieux , c'est que l'oblitération ne parait pas s'être faite tout à fait au hasard : quelquefois, en effet, la face oblitérée est parallèle à une arête d'intersection de la pyramide avec le prisme e', comme on s'en assure facilement à l'aide des stries horizontales qui couvrent ce prisme; l'angle de cette face avec l'axe a été trouvé de 124 degrés sur un cristal, et de 102 degrés environ sur un second cristal ; d'autres fois , et c'est le cas le plus fréquent, la face n'est plus parallèle à aucune des arêtes d'intersection de la pyramide et du prisme, mais sa plus grande inclinaison sur l'axe est encore comprise généralement entre 107 et io3 degrés. Il ne m'a jamais paru qu'il y eût là une loi assez constante pour être exprimée par des nombres, et je n'ai signalé ces faits que pour bien montrer qu'ils n'ont aucun rapport avec la base des cristaux^gf. 5^ et 60.

Page 1