III. — Facerhombe
La face rhombe s , par sa position sur le rhomboèdre primitif, peut être considérée comme la limite entre les pîa-
gièdresde la zonee' ^e*, et ceux de la zone pse^^ dont il sera question plus loin , de sorte que son signe peut s'écrire
indifféremment (b^ d^d*) ou (d^ d* J'). Dans les cristaux prismes simples, celte face, comme l'a fait remarquer M. Rose, n'existe jamais que sur trois des angles solides de la pyramide supérieure, et sur les trois angles de la pyramide inférieure, situés à l'extrémité des mêmes arêtes verticales que la première 5 si l'on suppose ces six troncatures suffisamment prolongées pour se rencontrer, elles forment, suivant qu'elles sont situées sur trois angles alternes, ou sur les trois autres, deux solides symétriques égaux , mais opposés, composés chacun de six faces triangulaires, et dont la réunion constituerait un isocéloèdrej ce sont ces solides que M. Rose nomme trigonoèdres, et qu'on peut
désigner simplement sous le nom à^hémi-isocéloèdres droit et gauche. Ainsi que je le dirai bientôt, en parlant de certains plagîèdres, le phénomène de la rotation du quartz paraît surtouf lié à la position de ces bémi-isocçloèdres, qui jouent ainsi le même rôle que les deux solides hémièdres opposés , reconnus dans tous les sels où Ton a observé la polarisation rotatoire-, nous retrouvons ici le même genre de symétrie que dans les sels cubiques préparés par M. Marbach , où chaque solide hémièdre considéré isolément, peut être superposé à son inverse, tandis que dans les combinaisons dont ils font partie, ils ne jouissent pas de cette propriété.
Le cristal fortement enfumé ^g^. 33, PL /, qui] ne présente à l'extérieur aucune apparence d'enchevêtrement, paraît d'abord faire exception à Fhémiédrie dont je viens de parler , car il offre deux faces rhombes, situées sur deux angles solides adjacents^ mais si Von examine des plaques coupées perpendiculairement à l'axe de ce cristal , on voit déjà dans la lumière naturelle que la disposition de lamatière fuligineuse annonce un groupement d'au moins deux cristaux , et dans la lumière polarisée la structure paraît encore plus compliquée-, en effet, une première plaque, prise tout à fait à l'extrémité inférieure, se compose d'une grande plage lévogyre et de trois plages plus petites, triangulaires, presque entièrement dénuées de rotation 5 une seconde plaque sciée, un peu plus haut dans le cristal, fait voir que toutes les parties portant la flèche \ (fig. 8 , PL IF)^ possèdent la rotation gauche, tandis que la petite portion marquée /' offre la rotation droite ; dans les plages N et N, les deux rotations contraires se détruisent presque complètement : il est probable que dans une plaque prise encore plus près du son:ïmet, la petite plage dextrogyre s'accroîtrait aux dépens de la petite plage lévogyre: cependant il est impossible de rien affirmer à cet égard, car on voit que, si l'ensemble du CTÏsXÛfig, 33 se compose bien d'un oudeplusîeurs individus dextrogyres, et d'un oude plusieurs
individus lévôgyres, renchevêtreraent de ces individus est tout à fait irrégulîer et ne paraît nullement en rapport avec l'enveloppe extérieure 5 on peut même remarquer que toute la partie située à doite de la plaque j^g^. 8, PL IF\ qui semble correspondre au plus grand rhombe droit .v, est celle où l'on trouve la rotation gauche, tandis que c'est dans une partie placée en avant , et un peuà gaucbe de cette plaque , correspondant plutôt au petit rhombe 5, qu'on rencontre la rotation droite.
La même irrégularité et la même confusion des deux rotations se sont aussi manifestées dans une plaque prise au milieu d'un échantillon composé de deux individus portant, l'un le plagièdre x à droite, et l'autre le même plagièdre k gauche , et accolés de manière à offrir, d'un côté deux sommets bien distincts , et de l'autre côté un seul prisme comprimé suivant deux faces parallèles.
Les cristaux si limpides de Little-Falls, près Tren ton , comté de New-York, dont quelques-uns ont été décrits comme très-réguliers par M. Rose, offrent presque tous sur les faces de leurs sommets des ondulations plus ou moins semblables à celles de la fig, 34 , copiée d après un cristal appartenant à M. de Verneuil ; un certain nombre porte la face rhombe sur trois ou quatre angles contigus; et quoique la limite des individus enchevêtrés soit souvent difficile à reconnaître sur ces cristaux , la lumière polarisée fait voir que ceux sur lesquels les faces rhombes modifient régulièrement trois angles solides alternes, présentent une masse assez homogène traversée par quelques flammes triangulaires de même rotation que cette masse, tandis que ceux où les faces rhombes sont contiguës, se composent de deux individus de rotations inverses, accolés parallèlement à une face p. Il peut, du reste, arriver que l'un des individus soit tellement prédominant, que toute la plaque semble n'avoir qu'une seule rotation : j'ai, en effet ^ observé une plaque, comprenant dans son épaisseur une portion des faces de la
pyramide et une portion des faces verticales, qui avait été extraite d'un petit cristal limpide du Brésil \ cette plaque, prise au centre même de l'échantillon , offre sur trois angles contigus une face rhombe parfaitement nette , qui semble promettre deux rotations bien distinctes 5 or, dans toute son étendue, la lumière polarisée ne développe, au contraire, qu'une seule teinte uniforme et homogène , et ce n'est que dans un tout petit angle, situé au-dessus du troisième rhombe, intercalé, sans sutures visibles, au milieu des deux autres , qu'on aperçoit des traces d'une rotation contraire à la rotation générale : un autre gros cristal du Brésil portant un plagièdre a:, de même sens, sur trois angles solides contigus et un angle rentrant très-prononcé qui annonce bien une mâcle, a également été coupé et poli parles deux bouts 5 l'enchevêtrement des individus quia fait naître cet angle rentrant est si superficiel, que la lumière polarisée ne paraît déterminer qu'une teinte uniforme dans toute la masse, et qu'il faut employer des artifices particuliers pour apercevoir quelques légers groupements intérieurs.
Quoi qu'il en soit, on peut dire que tout cristal géométriquement ou physiquement simple ne doit porter la face rhombe que sur trois angles alternes du prisme hexagonal, et que toute face rhombe irrégulièrement placée sur un ou plusieurs des autres angles annonce une pénétration d'individus de rotations opposées.
Quant aux zones dont le rhombe s fait partie, j'ai déjà
cité y Jîg. 17, -P/. /, la zone e' 5 e* 5 l'agrandissement des
faces e* peut réduire le rhomboèdre e* à un plan presque imperceptible , ou môme le faire disparaître complètement : il en résulte alors une bordure étroite formée par la face s ,
entre deux faces e' (fig. 18).
J'ai encore rencontré dans la zone dont je viens de par-
1er une petite face très-étroite entre 5 et e' 5 son symbole
est H = (b'^'d'd^) (fig. 44, PI. II).
(37) Enfin 5 deux cristaux du Brésil m'ont ofi'ert la zone re-
marquahle S yR=(d^d*b') et e' (fig. Sy, PL 11)-^ et sur le cristal du Dauphiné fig, 35 j'ai cru reconnaître
une nouvelle face 4> = (&* «ÎM* \) très-voisine de l'inverse de R , et déterminant la zone ^ 4> e ' .