‹ Mémoire sur la défense de Paris, septembre 1870-janvier 1871Chapitre 5 sur 14 · MARS · texte numérisé non relu

MARS

J’ai cru devoir faire précéder le Mémoire sur la défense de Paris de ces quelques pages écrites au moment de la capitulation, sous l’impression des événements.

Depuis lors il semblerait que Paris ait laissé flétrir l'honneur qu’il avait acquis devant l’histoire. Quoi qu’il arrive, quelles que soient les conséquences des folies odieuses qui jettent un voile sombre sur les suites du siège , il faut juger les choses sans passion, sans entraînement.

Une population de 2 millions d’âmes ne peut être ainsi

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isolée du monde sans qu’il en résulte un grand trouble, une profonde altération de l’esprit public. Les événements du 18 mars sont une conséquence de cet état exceptionnel.

Puis, il faut être équitables : deux fois Paris a donné des preuves éclatantes de son dévouement au gouvernement de la défense nationale pendant le siège. A deux reprises il lui a fourni tous les éléments d’une autorité puissante et active. Pourquoi ce gouvernement n’a-t-il pas usé de ces pouvoirs? Pourquoi, pour répondre dignement à la confiance qu’on lui accordait, n’a-t-il pas rompu avec ces partisans de l’anarchie qui prolongent aujourd’hui par leur criminelle conduite les souffrances de tout le pays?

S’il a cru devoir prendre de tels ménagements, comment ce gouvernement, ou ceux qui en faisaient partie, osent-ils accuser de faiblesse et d’abandon les honnêtes gens qu’ils n’ont pas su soutenir à l’heure favorable, et qu’ils ont trop souvent sacrifiés aux énergumènes et à ces insensés pour lesquels il n’y a ni patrie ni honneur national ?

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