XL
peu sa gloire passée, ses batailles gagnées ou perdues, pour songer à former des générations sérieuses, saines de corps et d’esprit, de cette cruelle épreuve la France renaîtra plus forte et plus respectée. Elle aura appris qu’on peut être hospitalier sans être banal ; qu’une capitale n’est pas une auberge; que dans une bonne maison on fait une distinction entre ses hôtes et la famille, et qu’il ne faut jamais traiter les premiers de telle sorte qu’étant peu scrupuleux par aventure et venant à se brouiller avec vous, ils possèdent les secrets de votre intérieur et abusent de cette
connaissance pour vous déshonorer et vous ruiner.
Oubliant nos divisions de partis, nous pardonnant réciproquement nos fautes, mais nous en souvenant pour les éviter, songeant au pays, à tout ce qui lui manque pour reprendre son rang, nous devons d’abord panser ses plaies douloureuses. Ce ne sont pas des discours qui le guériront, encore moins des récriminations, mais l’action, le travail, l’habitude de raisonner et de réfléchir avant d’agir, de s’occuper lui-même de ses affaires. La France n’a pas à chercher un sauveur, les sauveurs coûtent trop cher; et quand en ces derniers temps j’entendais de bonnes gens éperdus demander «un homme », j’en rougissais de honte. Que chacun se décide à être l’homme nécessaire à luimême et à ses voisins dans la mesure de son intelligence et de ses forces, et nous n’aurons plus à chercher chaque
matin cet homme providentiel qui doit penser, agir pour