XI. II
nous, entre les mains duquel nous remettons notre honneur, notre bien, et que nous brisons dès que la fortune
l’abandonne, comme ces sauvages qui battent leur fétiche
si les vœux qu’ils lui adressent ne sont pas exaucés.
X... Pour résumer, vous êtes bien d’avis que, malgré tout, Paris a beaucoup fait pour sa défense ?
XX... Paris a du moins sauvé son honneur, c’est beaucoup, c’est tout même ; et c’est à la partie saine, intelligente et laborieuse de sa population, partie heureusement trèsconsidérable et inconnue aux étrangers, qu’il doit d’avoir pu, pendant quatre mois et douze jours, arrêter devant ses remparts les forces imposantes de l’invasion allemande. L’histoire de ce siège sera donc d’un haut intérêt. Je n’ai pas la prétention de la faire complète; mais ayant été appelé à participer à toutes les opérations de la défense devant cet ennemi presque toujours invisible, je dirai ce que nous avons fait, ce qu’on aurait pu faire peut-être, ce que j’ai vu, et ce que la triste expérience que nous venons d’acquérir doit suggérer, à mon sens, pour l’avenir, si jamais pareilles épreuves nous attendent.