OSS^A DC. prod. 5. p. i
M. Antoine de la Ossa, habitant de File de Cuba et ancien directeur du Jardin de la Havane , a contribué à avancer la connaissance de la botanique par les envois qu'il a bien voulu me faire et que j'ai souvent cités dans le Prodromus. Je lui ai en conséquence dédié ce nouveau genre , presque entièrement composé d'espèces originaires des Antilles.
Les Ossœa sont des arbrisseaux presque tous glabres , à feuilles munies de 3 ou 5 nervures, et remarquables dans cette Êimille par la petitesse de leurs fleurs ; ceis fleurs naissent des aisselles des feuilles tantôt sessiles, tantôt portées sur de courts pédicelles agglomérés, tantôt disposées en petits thyrses.
Ces fleurs sont sur le système quaternaire ; leur calice a le tube ovale non anguleux, comme dans le Ccdjrcogonium , ni prolongé au-delà de l'ovaire comme dans le Medinilla, divisé en 4 lobes courts et aigus; les pétales sont au nombre de 4 f lancéolés et pointus ; les 8 étamines sont courtes, égales , et ont leurs anthères à peine un peu prolongées à la base^ l'ovaire est glabre ou pubèscent; le style filiforme non dilaté au sommet; la baie a 4 loges , couronnée par le calice et les graines ovoïdes-anguleuses.
Parmi les espèces déjà connues on doit rapporter ici les Mel. acuti^ petala, muUiflora et amjrgdalina de l'ouvrage de Bonpland, scabrosa et purpiirascens de Swartz, kUeriflora de Vahl.
MELASTOMACÉES. 65
Je joins ici la description de deux espèces nouvelles que j'ai à y ajouter.
!*>. OSSiBA SPARSIFLORA DC. prod. 5. p: 169.
Cette espèce avait été trouvée, pour la première fois, à la Guadeloupe par M* Richard, qui la désignait .dans son Herbier sous le nom de Mel. sparsijlora; elle y a été retrouvée depuis par M. Perrottet, qui m'en a communiqué un échantillon en boutons. Cest un arbrisseau de la à i5 pieds, qui croit dans les montagnes de^^la Guadeloupe , et commence à y fleurir à la fin de juin. Ses rameaux sont à peu près cylindriques, glabres dans Tétat adulte; dans leur première jeunesse on y aperçoit quelques soies couchées qu'on retrouve en plus grand nombre sur les pétioles et la surface supérieure des jeunes feuilles. Celles-^ ci sont opposées, pétiolées, ovaies-oblongues, acuininées aux deux extrémités, entières et un peu roulées en dessous sur les bords , plus pàlés en dessous, glabres k l'état adulte , un peu coriaces et évidemment triplinerves, c'est^i-dire que les deux nervures latérales ne partent de celle du milieu qu'environ 5 lignes au^essus de la base du limbe. Les fleurs naissent aux aisselles des feuilles de l'année précédente, réunies 5 ou 4 ensemble en petits faisceaux, presque sessiles et dépourvues de bractées; les boutons de fleurs prêts à 3'épanouir sont ovoïdes, pointus, à peine plus gros qu'une tête d'épingle; le calice est trwquë : vu à la loupe, il parait couvert de très petites soies couchées; les 4 pétales sont lancéolés, aigus, de couleur jaunâtre; les étamines au nombre de 8, sont égales entre elles. Le fruit n'est pas connu. Cette espèce a de grands rapports avec VOssœa lateriflonij mais elle n'a pas les feuilles obovées ni le moins du mondé, dentelées.
a«. OSSiEA ACUMINATA DC. prod, 5. p. 169.
Cette espèce est originaire de Saint-Domingue^' oà fdle a été découverte par M. Bertero qui me l'a communiquée sous le noni de Mel. micrantha; mais leMel. micrantha de Swartz, espèce d#U Jamaïque peu connue, et qui probablement appartient aussi au genre Ossœa, diffère de notre espèce de Saintf-Domingue , parce qu'elle a les feqilles trinerves et non triplinerves, les grappes de fleura recourbées et non dressées, le calice à 4 .dents très prononcées, etc. Notre Ossœa acuminata ressemble beaucoup à VOssœa muMJlora, qui est le Mel. muUiflora de.Desrousseaux (Bonpl. ]4. 67);
mais il en diffère par ses feuilles et ses pétales très acuminés, au lieu d'être pi^esque obtus, et par son calice plutôt ové que campanule. D*ailleurs la figure citée de Bonpland ne donne pas mal Tidée de notre plante.