‹ Mémoire sur la famille des MélastomacéesChapitre 9 sur 56 · LAYOISIERA. GC. ffivd. 3. p. lq · texte numérisé non relu

LAYOISIERA. GC. ffivd. 3. p. lq

Il y a plus de vingt ans que j'eus occasion d'analyser l'espèce dont je donne ci-joint la figure^ et j'avais déjà alors le projet de la publier sous le même nom ; mais craignant de proposer une innovation partielle dans une famille dont je voyais toute la difficulté , je conservai mes notes en portefeuille. Ma patience a été récompensée : au nombre des Mélastoraacées de M. Martius se sont trouvées 16 autres espèces évidemment congénères, et qui ont ainsi formé un beau genre digne d'être dédié à la mémoire de cet illustre fondateur de fet chimie moderne, dont le aom^ équivaut aux plus grands éloges : heureux dttre le premier & pouvoir lui consacrer ce modeste hommage ^

' Les Lawisiera sont de petits arbustes tous originaires* du Éréiil, tous remarquables par leur feuillage glabre Usse , et cPune teinte un peu jaunâtre dans rétat de dessiccation.

Leur caractère commun est d'avoir un calice en fbrme de toupie obkwvgue, à 5 ou 10 lobes; 5 ou 10 pétales ovales ouobovés; lo ou ^oétamines; celles-ci ont des anthères ovées terminées par un bec court, ouvert par un seul pore. La moitié de ces anthères port^, sur un connectif afiongé, et qui se prolonge h son articulation , un appendice échancré presque à deux Itobes; Tautre moitié, située en position alterne avec la précédente, a le connectif court et à peine prolongé a sa base; l'ovaire est libre et ne porte aucune soie au sonnnet; la capsxille est? à 5 ou 10 logeSy^et les graines droites et anguleuses.

Deux ports très différens se- font remarquer parmi les Lmmsierw;, les unes, telles que le L. insigms, ont les feuilles très rappracbées les unes des autres, imbriquées, courbées en carène, bordées de cils poides, et ont toute ht fleur à cinq- parties seulement : ce sont les JLamimra fanxw Diostnas ou Diosmoides. Les autres ont lies feuilles planes dépourvues de cite , et ont souvent fes fleurs à plus db 5 parties : ce sont les LoimsiBra^ Élusses Gentianes ou Gentianoîdès ; mois, entre ces deyr groupes , se trouvent deux espèces qui lès Kent asseis- natorellement : l'une est la Z. mucofi-fera, qui a les feuilles planes comme les Gentianoîdes, mais bordées de

MÉLASTOMACÉES. i5

cils {dus moas que ceux des Dîosmoïdesy mais cependant analogues; Tautre est le £• tetragona^ qui a l& fisuilles en carène comme les Diosmoïdes, mais dépourvues de dis, comme les Gentianoïdes. Le désir de faire saillir ces diverses former m'a décidé à eu former deux petites sections intermé- Maires.

Le L. cataphracta pourrait bien avoir les antiières à deux pores; et, s*il en est ainsi, il devrait être retiré du genre, et probablement ra{^rté aux Axinœa. L*état de la fleur des échantillons que j'ai eus sous les yeux ne m'a pas permis d'arrêter mon opinion à cet égard; sa patrie et son port m'ont engagé à la placer avec doute parmi les Lavoisiera.

Parmi les Mélastomacées déjà publiées, on ne trouve que le Bhexia im^ briccUa de Thunberg qui appartienne à ce genre; toutes celles qui ont été découvertes par M. Maitius seront sans doute décrites par lui, et je me bornerai à insérer ici la description et la figure dç mon L. wsignis.

LAVOISIERA INSIGNIS pL a. prod. v. 3. p, io3.

Cette belle espèce est originaire du Brésil, et a des rapports avec le L. imbricata. C'est un arbrisseau assez rameux et à branches le plus souvent dichotomes; ces branches sont dans leur jeunesse complètement couvertes de feuilles. Lorsque celles-ci sont tombées, on remarque que leurs cicatrices saillantes opposées, croisées à angles droits et très rapprochés, rendent les ra* meaux presque tétragones; ils deviennent ensuite cylindriques. Les feuilles sontsessiles, courbées en carène, ovales, acuminées, lisses, à une seule nervure, bordées de dis roides, soit sur le bord, soit ça et là sur la côte inférieure de la nervure moyenne. Ces feuilles ont 5 lignes de long sur a de large.

Les fleurs naissent solitaires au sommet des rameaux y de sorte qu'à l'é* poque de leur développement elles sont terminales, mais entourées par les dernières paires, qui jouent presque le rôle d'involucre. Mais ensuite il nait deux rameaux de Faisselle des feuilles supérieures, et le fruit, qui persiste assez long-temps, se trouve à peu près sessile à la bifurcation de deux branches. Cetle disposition est représentée pL Mfjig* B, où l'on a tracé l'apparence d'une branche dénudée de feuilles.

Le pédicelle propre de la fleur est à peine visible*; le tube du calice est ovoïde , chargé , vers le milieu de sa longueur, de quelques poils un peu glanduleux au sommet ; le limbe est divisé en ti lanières allongées , poin-

î6 MÉMOIRE I.

tues, bordées de cils pectines, terminés chacun. par une petite glande. Les pétales, qui sont aussi au nombre de 6, sont obovés , obtus ,. bordés vers le sommet de quelques cils légèrement glanduleux. Ces pétales sont, comme dans toute la famille, insérés sur le haut du tube du calice, et alternes avec ses lobes; leur longueur est à peu près double de celle des lobes du calice; les étamines sont insérées au même. lieu, en nombre double des pétales; les 6 qui sont alternes avec ceux-ci, ou situées devant les lobes du calice , sont beaucoup plus grandes que les autres ; leurs filets dépassent sensiblement la longueur du calice; Tanthère est ovale, à a loges, terminée par un. bec courte obtQS, qui s'ouvre par un pore arrandi, portée par un connectif deux à trois fois plus long que Fantbère , arqué et comme ascendant à l'époque de son plus grand développement ; les petites étamines situées devant les pétales ont llanthère semblable aux autres, mais le connectif dressé, et ne dépassant pas la longueur de Tanlhère ; dans l'un et l'autre cas le connectif se prolonge à sa base en deux petites oreillettes très obtuses.

• L'ovaire est libre de toute adhérence avec le calice ovoïde, glabre, un peu strié en long, surmonté d'un style filiforme plus court que les étamines , et terminé par un stigmate simple.

Après la floraison, les lobes du calice, un peu accrus, se déjettent sur le tube comme une espèce de collerette, et la capsule, par son accroissenoient, tend à rompre ce tube; cette capsule est ovoïde, a 6 loges polyspermes , et s'ouvre vers la base des loges par une déhiscence loculicide. Chaque loge porte à l'angle interne un placenta un peu charnu. Les graines que j'ai vues en mauvais état m'ont paru droites et anguleuses.

Cette espèce diffère du Z* imbricata, i*. par ses feuilles moins appli- ^ées les unes sur les autres , et beaucoup plus oblongues et pointues (celles du L. imbricata ont environ 5 lignes de longueur sur a de large, et sont presque obtuses); a"", par ses pétales ciliés au sommet; y. surtout parce que les lobes du calice du L. imbricata sont courts, ovales, obtus, mem* braneux , blanchâtres et comme scarieux.

ExpUcation de la Planche II.

A. Un rameau chargé de feuilles et de fleurs. -. B. Un dit, plus»ancien et dépouillé de feuilles.

MÉLASTOMACÉES. t?

Page 1