‹ Mémoire sur la famille des MélastomacéesChapitre 10 sur 56 · DAVYA DC. prod.-JS. p, io · texte numérisé non relu

DAVYA DC. prod.-JS. p, io

Le genre le plus voisin des LaiH)isiera semblait appartenir de droit à l'illustre sir Humphry Davy, qui a avancé les théories générales de la chimie par de brillantes découvertes, et a, en particulier, appliqué cette science à la physiologie végétale et à l'agriculture.

Les Dayjra ont pour caractère que le tube de leur calice est en cloche ou ovoïde oblong , bordé par un limbe membraneux entier, et qui semble formé de 10 à la dents soudées; les pétales sont au nombre de 5 à 6; lès * anthères sont terminées par un bec à un seul pore , et portées par un connectif dont la base se prolonge en un appendice ou éperon simple, ou terminé par 2 ou 5 soies. L'ovaire est libre, globuleux ou oblong, glabre et déprimé au sommet , surmonté d'un style filiforme; la capsule estli 5 loges. Je ne connais pas les graines, et c'est par l'analogie générale que je rapporte ce genre aux Lavoisiérées.

Les Davy a ont un port qui les rend faciles à reconnaître ; leurs rameaux, dans l'Herbier, ressemblent à des Banisieria; leurs feuilles sont grandes, pétiolécs, presque glabres, à 5 nervures; leurs fleurs jaunes, disposées en corymbe ou en paniculc. Ce genre a du rapport avec le Merianiay par son calice, mais il en diflère par tous les autres caractères.

J'ai primitivement établi ce genre sur une espèce recueillie a la Guiane française par Patris , et qui fait partie de mon herbier. Dès- lors, j'en ai trouvé une seconde espèce , originaire du Brésil, parmi celles de M. Mar« tins; et deux, une du Brésil et une du Pérou, parmi les Mélastomacées du Muséum d'Histoire naturelle de Paris* Les Day^^a se trouvent, dans

i8 MEMOIRE I.

r Amérique méridionale, plus dispersés que les LasKHsieraj qui sont tous du Brésil.

Je joins ici , pour éclairer le genre, la description et la figure du

DAVYA GUIANENSIS pi. 3. — prod. 5. p. io5.

Cette espèce est originaire de la Guiane française. Je l'ai décrite primitivement d'après un échantillon récolté par Pa tris, et dès-lors j'en ai retrouvé un échantillon dans l'Herbier de Richard, sous le nom inexact de Topobea paniculata; mais cette plante ne peut être rapportée au vrai Topobea d'Aublet, qui rentre dans le Blakea.

Notre échantillon parait provenir d'un arbre à rameaux un peu volubiles, et au premier coup d'œîl, dans l'Herbier, on serait disposé à le rapporter a un Banîsteria. D'après les notea des voyageurs, l'arbre a environ !ko pieds de hauteur, et son tronc atteint lo pouces de diamètre. Les rameaux sont à 4 angles très obtus dans leur première jeunesse, et garnis de quelque peu de duvet; ils deviennent ensuite glabres et cylindriques; les feuilles sont opposées, glabres, portées sur un pétiole demi-cylindrique long de g à i-o lignes; leur limbe est ovale, obtus à la base, acuminé au sommet, entier sur les bords; à 5 nervures, dont 2 latérales, voisines du bord ; long de 5 pouces sur i et demi de largeur. Les nervures sont réunies par des veines transversales peu saillantes; la surface est d'un vert un peu pâle.

Les fleurs forment au sommet des branches un thyrse paniculé^ lâche, à rameaux opposés, dont les inférieures partent des aisselles des feuilles supérieures : les bractées sont d'ailleurs nulles ou caduques; la surface des pédoncules et pédicelles est recouverte d'un duvet roux, mou, lâche , peu abondant et facilement caduque.

. Le calice aie tube oblong, presque cylindrique, dépourvu de nervures, et présentant dans sa première jeunesse quelques légères traces de duvet ; le limbe est un rebord ondulé, ouvert, entier, ou à peine légèrement sinueux. Les pétales sont ovales ,- obtus , inséras sUr le haut du tube, entiers et dépourvus de cils sur les bords, en estivation tortillée dans leur jeunesse; ils paraissent, d'après le sec, être d'ua jaune pâle; leur longueur de 4 lignes sur a f de largeur. Les étamines sont au nombre de lo, insérées sur le haut du tube du eâliee, peu inégale^; leur filet est linéaire , un

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peu aplati^ à peu près de la longueur des pétales. L'anthère est dressée à sa maturité, linéaire, terminée par un seul pore, munie à sa base d'un long éperon dressé qui se termine par 3 ou 3 petites soies ; cet éperon porte à sa base un petit crochet peu saillant. L'ovaire est libre de toute adhérence, parfaitement glabre, à 5 stries longitudinales, de forme ovale, plus court que le tube du calice, divisé en 5 loges polyspermes, surmonté d'un style filiforme qui atteint à peu près la longueur des pétales, et se termine par un stigmate simple. Je n'ai pas vu le fruit.

Le Dayjra glabra, que j'ai observé dans l'ELerbier du Muséum de Paris^ et qui provient du Brésil, difiere de l'espèce que je viens de décrire par sa surface entièrement glabre, par ses feuilles elliptiques, un peu amincies à la base, et qui de portent que 3 nervures, par ses fleurs moins nombreuses, et dont le calice ofire 5 lobes un peu plus distincts.

Le Dayjra peruviana , que Dombey a découvert au Pérou , se reconnaît sans pûpe, parce que ses jeunes pousses sont plus veloutées que dans l'espèce de la Guiane, et qu'en particulier ses feuilles le sont à la surface inférieure; ses fleurs sont plus petites et d'un jaune tirant sur le rouge, au moins dans le bouton; le pétiole des feuilles atteint n pouces de longueur, quoique la grandeur du limbe ne difiere pas beaucoup de celle de la Guiane.

£xplication de la Planc?te /II.

A. Un rameau de grandeur naturelle;

1. Une fleur en bouton , à moitié épanouie, à peu près double de la grandeur naturelle ;

2. La même, avec 1^ pétales enlevés et les anthères dirigées en bas;

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