‹ Mémoire sur la famille des primulacées;Chapitre 10 sur 18 · XV. Lysimacura. (Tab. IV, f · texte numérisé non relu

XV. Lysimacura. (Tab. IV, f

J'ai dit plus haut combien le caractère de la présence ou de l'absence des filets stériles est, malgré la théorie, un caractère de peu d'importance, et comment, si on voulait s’en servir pour diviser ce genre si naturel, on éloignerait des espèces tellement rapprochées qu’il faut y regarder de près pour ne pas les confondre. Ainsi M. Rafinesque (Ann. gen. sc. phys. [1820] 7, p. 192) fait des Lysimastrum trois genres : 1° Tridynia, caractérisé par un calice à cinq divisions profondes, une corolle en roue profondément divisée, cinq étamines inégales, de trois différeutes grandeurs ; des filets monadelphes à la base, les trois plus longs occupant ordinairement la partie inférieure de la fleur; une capsule oligosperme, et il y rapporte les L. quadrifolia, angustifolia, racemosa, Herbemonti, glauca (espèce qui m'est inconnue) ; 2° Steironema, caractérisé par un calice à quatre à six divisions profondes, une corolle en roue profondément divisée, quatre à six étamines égales, presque monadelphes à la base, alternes avec tout autant de filets stériles ou de dents allongées; une capsule polysperme. À ce genre appartiennent les L. ciliata, hybrida, heterophylla, longifolia, revoluta, nummularia ; 5° Lysimachia, calice à cinq divisions profondes, corolle en roue profondément divisée, cinq étamines égales et monadelphes à la base, capsule à dix valves polysperme. À ce genre se rapportent toutes les autres espèces alors connues de Lysimastrum.

Observons d’abord que quant aux valves de la capsule, elles ne sont au nombre de dix que parce que les cinq valves normales se fendent quelquefois par le milieu; cela se rencontre dans tous les autres genres de la famille qu’on n'a pas imaginé de dédoubler pour cela. En second lieu, la diminution ou l'augmentation par une unité des parties de la corolle se rencontre de même accidentellement dans plusieurs espèces, par exemple, le Primula sinensis. Ce n’est que rarement qu'on trouve les espèces rapportées par M. Rafinesque à son Steironema avec quatre ou six lobes au calice ou à la corolle. En troisième lieu, le caractère de l’inégale longueur des étamines et de la présence des filets stériles oblige d’éloigner le L. stricta et le L. Herbemonti des L. longifolia et quadrifolia, avec lesquelles elles ont le plus grand rapport; le L. vulgaris du L. punctata, etc. 4° Ces deux caractères sont fort peu sûrs. M. Rafinesque rapporte à son Tridynia le L. quadrifolia, que j'ai toujours vu avoir les étamines presque égales, et laisse avec

les Lysimachia le L. Davurica, qui a deux étamines plus petites. Et quant à la présence des filets stériles, on passe par tous les intermédiaires, depuis le L. ciliata, qui a cinq filets stériles très-marqués, au L. quadrifolia, qui a cinq petites dents à peine visibles, au L. vulgaris, qui n’en a point. Il est de même de la soudure à la base des cinq étamines : on passe aussi par tous les intermédiaires, depuis le L. vulgaris, dont les filets sant soudés jusqu'à la moitié de leur longueur, au L. hybrida, où ils le sont à peine, et au L. ciliata, où ils ne le sont pas du tout. Les observations qui précèdent combattent également les trois sections du genre (Lysimandra, Lysimastrum et Lerouxia) proposées par M. Endlicher.

Malgré que j'aie retourné sous tous les points de vue ce genre Lysimachia pour voir si je ne pourrais trouver des caractères pour le subdiviser, je n'ai pu arriver qu'aux deux sections que j'avais déjà admises dans le Bot. gallicum ; 1° Ephemerum, caractérisé par ses fleurs blanches ou bleues, rarement jaunes, disposées en épis ou en rameaux terminaux; ses étamines, jamais monadelphes, insérées à la base des lobes de la corolle et plus ou moins soudées avec eux. 2° Lysimastrum, contenant les espèces à fleurs jaunes en panicules ou solitaires axillaires, ses étamines plus courtes que la corolle, ses filets tantôt monadelphes, tantôt libres.

Il me reste à dire quelques mots du genre Coxia, proposé par M. Endlicher (gen. p. 755) pour une espéce du Cap, rapportée par quelques auteurs au Lubinia, avec lequel elle n’a aucune espèce de rapport. M. Endlicher lui donne pour caractère distinctif un calice à einq divisions qui ne dépassent pas le milieu, une corolle infundibuliforme dont le tube égale le calice, tandis que dans les Lysimachia elle est en roue avec un tube très-court, un limbe à divisions droites et se rapprochant les unes des autres, au lieu d’être très-ouvertes, une capsule sans valves? Mais d’abord il s’est glissé quelques inexactitudes dans cette description. Les divisions du calice sont aussi profondes que dans d’autres Lysimachia de la section des Ephemerum à laquelle appartient notre plante (fort justement nommée par M. Nees d'Esenbeck L. nutans), le tube de la corolle est fort court et deux fois plus que le calice ; la capsule s'ouvre en cinq valves. Il ne reste done plus que la position des lobes qui, au lieu de s’étaler, se rapprochent pour former une espèce de tube campanulé; mais ce caractère ne suflit pas pour caractériser un genre; et une nouvelle espèce, trouvée dans les montagnes de l’Inde par M. Leschenault (L. Leschenault Dub. in D. C. prod. 8, p. 61. tab. IV, F. 4) fait avec le L. lobelioides Wall., la transition aux autres Ephemerum.

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