‹ Mémoire sur la famille des primulacées;Chapitre 2 sur 18 · S 4%. ORGANES DE LA VÉGÉTATION · texte numérisé non relu

S 4%. ORGANES DE LA VÉGÉTATION

On ne trouve dans la famille des Primulacées que des herbes et tout au plus quelques petits sous-arbrisseaux dans quatre genres, le Lubinia dont la partie inférieure à une consistance arborescente, le Douglasia, et les espèces orientales des genres Gregoria et Macrosyphonia qui quoique à peine hautes de quelques pouces, offrent une tige véritablement ligneuse. Hors ce petit nombre d’exceptions, toutes les autres espèces de la famille sont ou annuelles, ou bis-annuelles, ou vivaces ('). La racine est pour l'ordinaire fibreuse et donne naissance tantôt

(4) Le nombre total des espèces de Primulacées actuellement connues étant 215 : il y en a 179 vivaces, 24 annuelles, 8 ligneuses et 4 hisannuelles ; c’est-àdire que sur 400 espèces il y en a 85 vivaces, {1 annuelles, 4 ligneuses, 2 bisan-

nuelles. Ce fait caractérise très-nettement la végétation de notre famille.

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à une tige plus ou moins allongée, mais qui ne dépasse pas (dans les plus grandes espèces de Lysimachies) quatre à cinq pieds; tantôt à un rhizôme soit tige souterraine plus ou moins ligneuse, dans les Cyclamens tubéreuse. Dans le premier cas, tantôt la tige est plus ou moins garnie de feuilles simples, entières. dentées ou crênelées, quelquefois lobées, trèsrarement pinnatifides (les Hottonia); tantôt la tige nue ou couverte des débris des vicilles feuilles marcescentes, porte à son extrémité des rosettes de feuilles imbriquées dont les supérieures sont tantôt droites, tantôt étalées. Les stipules manquent. Dans le second, la tige extérieure étant nulle, les feuilles sont dites radicales et pour l'ordinaire sont étendues sur le sol. Dans l’un et l’autre cas les feuilles sont tantôt sessiles, tantôt pétiolées; quelquefois le pétiole est fort long comparativement au limbe. Tantôt les fleurs sont solitaires au sommet d’un pédoncule scapiforme, c’est-à-dire, que la hampe ayant avorté, les pédoncules semblent partir de la racine; mais on trouve souvent au bas de chaque pédoncule la foliole de linvolucre absent, (par exemple dans le Primula grandiflora d'Europe et dans son corelatif d'Asie le P. petiolaris) et certaines circonstances de culture ou de terrain font reparaître la hampe absente; tantôt elles sont disposées en épis ou en rameaux axillaires, ou terminaux. Le plus souvent elles sont disposées en une fausse ombelle, c’est-à-dire, que par la condensation de l'axe du rameau, elles semblent partir d'un seul point, autour duquel les bractées de chaque pédoncule forment un involucre, mais la preuve que cette forme d’inflorescence n’est due qu'à ce que l'axe qui devait formet le rameau ne s’est pas

développé, c’est, 1° que si on observe avec attention ces prétendues ombelles, on verra que les pédoncules ne partent pas parfaitement du même point; 2 qu’en outre des folioles externes de l'involucre, lorsqu'il y à plus de cinq ou six fleurs, il y en a encore des internes placées comme des bractées à la base de chaque pédoncule; 3° ce mode d'inflorescence ne se rencontre que dans les genres à feuilles radicales et où il y a donc une tendance ou prédisposition à la condensation des axes; 4° les Primevères caulescentes, qui tantôt présentent des fleurs en verticilles (P. prolifera, Aucherii, etc. P. Sinensis) munis de bractées, tantôt les réunissent en ombelles, achèvent de démontrer la véritable nature de cette dernière disposition.

L'usage s'est établi d'appeler folioles les petites feuilles de ces involucres, qu'on devrait appeler bractées. Elles sont ordinairement étroites, sessiles, ovales, lancéolées, linéaires. Quand l'ombelle est mulüflore, les folioles internes sont plus étroites que les externes. Dans quelques espèces elles offrent une singulière anomalie. Dans le beau Primula sinensis de nos Jardins, tantôt elles sont entières, tantôt elles sont dentées, quelquefois même inciso-dentées ; dans le Macrosyphonia cespt- Losa ces folioles sont fort grandes, largement ovales, profondément dentées, presque trifides; dans un groupe d’Androsace des montagnes de l'Inde (4. incisa, parviflora, elegans) cet organe prend des formes toutes semblables et se rapproche de celui du Coriusa.

Les pédicelles qui supportent les fleurs, sont de diverses

longueurs relativement à la corolle; ils s’allongent fréquem-

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ment pendant et surtout après la floraison. Il y a à cet égard une très-grande anomalie entre les espèces les plus voisines ; chez les unes ils s’allongent considérablement, chez les autres ils conservent à peu près leur longueur primitive.

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