PrimuLa. (Tab. I, tab. II, f. 1 et
Les cinq groupes dans lesquels j'ai divisé ce genre, quoique n'étant pas, sauf le premier (Sphondylia, soit les Primevères munis d’une véritable tige), séparés par des caractères extrêmement précis et tranchés, ont cependant un ensemble de traits qui en rapprochent les espèces, et font qu'on distingue tout de suite auquel elles appartiennent.
ILest important dans la distinction des espèces de remarquer :
1° Qu'il y en a dans lesquelles les feuilles s’allongent pendant et après la floraison, tandis qu’il en est d’autres dans lesquelles elles restent stationnaires.
2 Il en est de même des pédicelles relativement aux folioles de l’involucre. Ce changement de proportion a surtout lieu dans la section des Aleuritia. Lors-
qu'il y a beaucoup de fleurs sur le scape, elles commencent à fleurir avec des pédicelles très-courts qui s’allongent beaucoup souvent en assez peu de temps. La nature du terrain et. la situation de la plante au soleil ou à l'ombre influent aussi beaucoup sur ce caractère, qui n’a donc pas dans ce genre une très-grande importance.
3° La longueur du calice relativement au tube est en général dans certaines limites un caractère important; cependant il ne faut pas le mesurer de trop près ; diverses circonstances physiologiques peuvent développer le calice et raccourcir le tube de moitié. Il y a néanmoins des espèces ou j'ai trouvé la proportion toujours la même.
4 Tout le monde sait que la longueur du style relativement au tube, et la position des etamines dans ce tube, sont des caractères sans aucune valeur.
Il y a des espèces qui varient extraordinairement selon leur position, la nature du sol, la hauteur à laquelle elles croissent, leur exposition au nord ou au midi des chaînes de montagnes, etc. Une des plus remarquables à cet égard est la P. villosa Jacq., qui soit sauvage, soit cultivée dans les jardins, a reçu, d’après le nombre de ses fleurs, la longueur de son calice et des folioles de l’involucre, ja longueur du scape et sa grosseur relativement aux feuilles, le développement de celles-ci et de la plante entière, une multitude de noms. Prises isolément, ces distinctions ont l'air d’être justifiées. Si on met par exemple le P. viscosa des Hautes- Alpes à côté du P. latifolia deslieux abrités et profonds des Pyrénées, on s’écriera que ce sont des espèces distinctes, Mais quand on voudra établir les caractères qui les différencient, sauf des proportions et des grandeurs, on n’en trouvera point; et quand on aura les intermédiaires, les P. hirsula, ciliata, decora, Pedemontana, on arrivera à la conviction qu'il n’y a là qu'une seule espèce sous une quantité de formes différentes. Ce n’est qu'après avoir vu des centaines et des centaines d’échantillons de cette plante que j'en ai établi la synonymie, telle que je l’ai donnée dans le Prodromus, t. 8, p. 58.
Les espèces de ce genre présentent peu d'anomalies, sauf la P. pusilla Wall., que j'ai figurée à la f. 2, t, 1 de ce Mémoire et qui a ceci de remarquable, qu’elle a la gorge fermée par une ceinture de poils articulés, qui, vus au microscope, se présentent sous la forme figurée à la lettre d. Les faiseurs de genre quand même pourront s'emparer de ce caractère et imposer un nom générique à celte espèce, qui n'offre, du reste, rien qui puisse l’élever à cette dignité.
Je ne puis reconnaitre ni même admettre comme section le genre Oscaria,
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formé par M. Lilja (in Lindbl. botan. not. 1859, p. 39, et in Linn. 1841, p. 259) sur le Primula sinensis et caractérisé par un calice ventru, tronqué à la base, à cinq dents infléchies, par une corolle infundibuliforme presque pentagone, dont le limbe est oblique plane 4-fide à divisions obcordées, par quatre étamines, par une capsule enflée, uniloculaire, membraneuse, parce que 1° le Primula sinensis, bien loin d’avoir toujours quatre étamines et quatre lobes à la corolle, en a bien plus souvent cinq (et même six) que quatre ; 2° la base plane du calice, fort bon caractère spécifique, ne suffit pas pour former un genre; 5° le limbe oblique de la corolle n’est qu’un caractère accidentel; 4° si la capsule membraneuse suflisait pour séparer le P. sinensis de ses congenères; il faudrait aussi faire un genre de l’Androsace filiformis et autres qui présentent ce même caractère, et rompre ainsi les aflinités les plus naturelles. Le P. sinensis fait le passage entre les espèces caulescentes et les espèces à rhizôme souterrain.
IIT. GREGORIA.
Ce genre a pour caractères essentiels d’avoir un tube allongé beaucoup plus long que le calice, dilaté et non resserré à la gorge ; une capsule à cinq valves qui s'ouvrent du sommet à la base et qui par l'avortement des autres ne contient que deux graines. Celles-ci sont fort grosses (pour la capsule), convexes extérieurement, concaves intérieurement ; l’ombilic assez long est placé au milieu de la concavité. L’embryon occupe toute la longueur de la graine ; la commissure des cotyledons est perpendiculaire au plan parallèle au hile. Les Gregoria sont de petits sous-arbrisseaux très-rameux des montagnes centrales de l’Europe et de l’Asie, et qui forment des touffes plus ou moins serrées, garnies de feuilles imbriquées, ce qui leur donne un facies tout particulier. Les fleurs sont sessiles ou très-courtement pédicellées , sans bractées ni involucre.
Les Primulacées du Prodromus étaient imprimées depuis plusieurs mois quand a paru le numéro du Flora, où M. Fenzl a décrit, sous le nom de Dyonisia odora, une des espèces découvertes d’abord par M. Aucher-Eloy, puis par M. Kotschy, dans les Alpes du Kourdistan. Un peu plus tard M. Fischer la publiait aussi dans les plantes de Kotschy, sous le nom d’Aretia longiflora. C’est l'espèce que j'avais nommée Gregoria Aucheri. Le nom spécifique de longiflora n'aurait pu d’ailleurs être adopté, puisqu'il y a d’autres Gregoria qui ont les fleurs plus longues que celles de cette espèce.
Quant à ce qui concerne la création du genre Dyonisia, Voyons ce qu'en dit
M. Fenzl {l. c. et pl. gen. et spec. dec. 12 p. 4): « Ce genre est particulièrement « distingué par sa structure ligneuse et gazonnante ; son calice presque divisé en « cinq parties; sa corolle, dont le tube est très-allongé et n’a à son orifice aucune « écaille ou rétrécissement ; son stigmate en tête, son placenta à trois ou à quatre « angles, et sa capsule à une ou deux semences, le distinguent du genre Grego- « ria et encore plus du Cortusa, Primula, Androsace, Douglasia. » Qui ne voit, au contraire, que les caractères indiqués par M. Fenzl sont précisément ceux du genre Gregoria ? Aussi dois-je purement et simplement faire du Dyonisia odora un synonyme du Gregoria Aucheri.
En outre de cette espèce, le genre Gregoria s’est enrichi de deux autres, dont l'une, le G. aretioides, ne m'est connue que par la description et la planche de M. Lehmann, qui en avait fait un Primula ; elle diffère par quelques caractères importants d’une plante fort remarquable que Michaux avait trouvée dans les montagnes de la Perse et que j'ai vue dans l’herbier de M. Delessert. Peut-être les deux espèces sont-elles les mêmes; cependant, en outre de différences de moindre importance, dans la figure de Lehmann les lobes de la corolle sont échancrés et en forme de cœur renversé ; dans la plante de Michaux ils sont ovales, obtus et entiers.
Ia MacrosypHonIA. (Tab. II, f. 5.)
Après y avoir réfléchi de nouveau et avoir réexaminé la plante que j'ai publiée dans le Prodromus sous le nom de Gregoria cespitosa, je me décide à proposer d’en faire un genre sous le nom de Macrosyphonia (des deux mots grecs uaxeos long et ciQuy tube).
Ce genre à pour caractères : un grand calice persistant campanulé, coriace ; une corolle hypocratérimorphe, dont le limbe a cinq divisions, la gorge est dilatée, le tube est extrêmement allongé, quatre à cinq fois plus long que le calice ; cinq anvhères sessiles à trois angles sont attachées par la base. La capsule, tantôt stérile, et alors fort petite et cachée au fond du calice (fig. f), tantôt fertile, et alors deux fois plus grande (fig. g), atteignant à peu près la moitié de cet organe, est ovale, à cinq valves qui s'ouvrent du sommet à la base ; elle renferme plusieurs graines (8-—10), beaucoup plus petites que celles du Gregoria, à trois côtés, ombiliquées sur un des côtés proéminents. — Petits sous-arbrisseaux à tiges ligneuses et trèsrameuses, terminées par une colonne serrée et cylindrique de feuilles imbriquées. Du milieu des rosettes de ces feuilles sortent des scapes plus ou moins allongés,
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qui renferment dans de grands involucres à folioles larges, profondément dentées et presque trifides, de une à trois fleurs munies de pédicelles inégaux et très-courts, qui deviennent verdàtres par la dessication.
Ce genre ne contient qu’une seule espèce, M. cespitosa (1. Il, f. 5), trouvée par M. Aucher-Eloy sur les rochers élevés du mont Elwind en Perse, et nommée par lui sous le n° 2611 Primula longiflora, et sous les n° 2609 et 2965 Androsace
cespilosa.