‹ Mémoire sur la famille des ValérianéesChapitre 10 sur 14 · X. BETCREA · texte numérisé non relu

X. BETCREA

La plante que je désigne sous ce nom a été récemment découverte au Chili par M. Bertero, qui a bien voulu me la communiquer avec un grand nombre d'autres végétaux rares ou encore inconnus. 11 la désignait sous le nom de Valeriana samolifoUa, et se demandait si elle n'appartenait point au genre Fedia. Le doute de cet habile observateur était fort juste; cette plante ressemble en effet aux vraies Valérianes par son fruit uniloculaire , et aux Fedia par son calice non développé en aigrette; elle difière de l'un

VALÉRIANÉES. 19

et de l'aulre par son fruit exactement triangulaire, cl représentant en petit la graine du lilé sarrazin (Fol/gonum Fagopjntm). Ce fruit, à sa maliirité, est complètement nu au sommet. La graine est triangulaire et se remplit complètement; la fleur fort semblable à celle des Mâches. La plante ressemble aussi aux Mâches par sa racine annuelle. C'est une herbe droite, glabre, peu ou point rameuse, à feuilles opposées entières, les inférieures obovees, un peu oblongues, les supérieures ovées ou arrondies, sessiles et ud peu embrassantes ; les fleurs partent des aisselles supérieures disposées en cimes courtes, serrées et munies de bractées.

Cette plante constitue évidemment un genre distinct de tous ceux admis dans la famille. Je l'ai dédiée à M. Betcke, qui a publié à Rostock une dissertation sur les Valérianelles, dont lesjournaux botaniquesd' Allemagne ont parlé avec éloge.

Xr. TRIPLOSTEGIA. PL F.

M. "Wallich, qui a découvert ce nouveau genre dans les hautes montagnes du Népaul, prèsGossain-Than, lui a donné le nom de Triplostegia , parce que chaque fleur est enveloppée dans un triple tégument, savoir deux involucres et le calice. L'involucre extérieur est à 4 bractées distinctes , chargées de poils glanduleux au sommet : l'intérieur est tubuleux, à 8 sillons et à 8 dents. Le calice a son tube collé sur l'ovaire, et son limbe à 4 dents. La corolle est à 5 lobes obtus , et n'est ni bossue ni éperonnée à sa base. Les étamines sont au nonnbre de 3 , le stigmate en tète. Le fruit est un utricule uniloculaire et moiiosperme, revêtu par les deux involucres, et couronné par les dents du calice.

Ce genre tient, à certains égards, le milieu entre les deux sections de la famille ; il a en effet le fruit à une loge, comme les Valérianées à aigrette, et le calice terminé en dents et non en aigrette, comme les Valérianées à fruit pluriloculaire.

On peut aussi , à d'autres égards , considérer ce genre comme tenant le milieu entre les Valérianées et les Dipsacecs; il offre en effet l'exemple unique d'une Valérianée, ayant comme les Dipsacées un involucelle uniflore, monophylle, à 8 sillons et un involucre polyphjlle extérieur à l'involucelle. C'est à cause de ta ressemblance de son port et la structure

ao MÉMOIRE VII.

uniloculaire de son firuit que je Fai placé à la suite du genre Valeriana, et à cause de son double involucre, il y forme une sorte de transition aux Dipsacées.

Je dois à M. Wallich un échantillon de ce genre remarquable ; il a bien Youlu y joindre une description faite sur le vivant , et je ne puis mieux faire que de la transcrire ici.

« Radix longe fibrillosa, nec recens ^ nec sieca , ullo modo odorem emîtlU yalerianaceum. Canlts gracîlis, obsolète /rsulcalus , 6-1 a-pollîcaris, sîmpTex Tel ramis paucîs oppositis; tectus Tillis longîusculis articulatîs, opacè venoso-glandulosas. Folia opposita ad basiii cauHs approzimata, obtnsinscula , OTato-lanceolata , dentata , basi sœpius pinnatîfida , a-polHcaria, snpra pubescentia, snblns villosula, quandoqne 3-4*polHcarîa, oblônga, profonde pînnatifida; lobis lanceolatis grosse scrralis. Petioli i-a pollicares foliorum parvcl 2 caulina parya pînnatifida. Corymbus glandaloso-yiscoso-TiIlosus ; fructifer elongatus^ Flores parri ternati. Calyx exterior et intermedias ( inyolncra dao ) hypogyni. Exterior ( calyx ) fere 4-pbyIlns intermediam et interiorem omnino occnltans ; foliola canaliculata , carinata extus yillosa. Intermedias oblongus i-pbyllus, plimm compressus 8-costatas » ore 8-denticulus (obscure) OTarium recondcns. Calyx infcrîor epigynus , minatus subcyathiformis 4-dentatas. Corolla infundibaliformis puberola , glanduloso-pnnctata , lobis «qualibus obtasis. Stamina 3 e basi ferè lobi , antheris érectis snbexsertis. Oyarium oblongo-snbcompressum i-IocuJ. i-spermum , oyulo pendnlo. Stylus dcciduas. Stigma capitato-oblongnm. Utriculus tenutssimus'ct membranacens diaphanus larvis, rostro longo filiformi teiîninatot « apice adfigens calycem epigynnm ( interiorem } paaio amplectens ; omnino obteotns, et occnltus calycibus bypogynis , pamm acntis. Semen pendulam cylindricam tectum ut in Yaleriana rubra apud Gaertner. fr. a p. 35. t. 86.

Je terminerai ce Mémoire en disant quelques mots de la distribution géographique des Valérianées. Sur les i^S espèces connues, on en compte :

I au Japon.

4 en Sibérie.

1 commune à la Sibérie orientale et à T Amérique boréale.

8 dans les parties montagneuses de Tlnde orientale. II propres à TOrient (Perse, Arménie, Caucase, etc. ) i4 à l'Europe méridionale.

i5 à l'Europe tempérée.

1 1 communes à l'Europe et à l'Orient.

f au Cap de Bonne-Espérance.

3 aux terres Magellaniques*

VALERIANEES. si

40 dans l'Amérique méridionale.

7 au Mexique.

5 aux Etals-Unis, a dont la patrie est inconnue.

o dans toute l'Australasie, l'Archipel indien , l'Afrique centrale, etc.

ou en d'autres termes on en compte 55 en Amérique et 66 dans

l'Ancien monde.

Il n'y en a aucune qui paraisse commune à des régions non coatiguës

entre elles. Cependant notre Cenlrarithus ruber, qui a été retrouvé à

Qu ito, semblerait faire exception à celle règle s'il n'y a pas été transporté

par les Européens, comme cela est vraisemblable.

Ejcplication des Planches.

PI. I. NARDOSTJCHYS J<iùimanti.

A. La plante entière de grandeur naturelle.

B. Une des sommités fleuries , détachée de la planche au point *. I. Un faisceau de fleurs avec sa bractée et son pédicule grossi ainsi

que toutes les 6gures suivantes.

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