‹ Mémoire sur la famille des ValérianéesChapitre 9 sur 14 · IX. VALERIANA · texte numérisé non relu

IX. VALERIANA

Je conserve encore intact le genre f^aleriana de Necker, qui fait à lui seul les deux tiers de la famille entière; mais je garde cependant quelques doutes à cet égard.

VALERIANEES. i5

i". Le génie P/ifllaclis de Persoon , adopté par MM. de Jassieu, Dufresne et Nullall , et rejeté par M. Kuuth , pourrait bien être définitivement admis : il est remarquable par ses feuilles toutes radicales et entières, par l'absence d'une vraie tige, par ses fleurs af^glomérces au collet, enfin , par ses corolles à 3 et non à 5 lobes. Le fruit est encore mal conuu dans la plupart des espèces. Celles-ci sont toutes des contrées froides de l'Amérique, et il est à désirer que des descriptions plus complètes les fassent connaStre. Eu attendant je n'ai admis ce groupe que comme section.

C'est au même titre que j'ai groupé deux espèces des mêmes pays , remarquables par leurs tiges demi-ligneuses, leurs feuilles coriaces, petites, entières et imbriquées, leurs fleurs jaunes cachées entre les feuilles supérieures et leui-s corolles souvent à 4 lobes. Les f^. aretioides et sediformis forment , à raison de ces caractères , ma section ^retiastrwn , qui sera peut-être le rudiment d'un genre.

Toutes les autres Valérianes forment ma troisième section, que j'ai nommée Phu ; mais il est à examiner si toutes ont bien te limbe aigrette. Ce caractère est certain pour toutes celles de l'ancien continent. Quant à celles de l'Amérique, M. K.uuth en a démontré la vérité {>our un grand nombre. Deux espèces de la Flore du Pérou restent encore à déterminer, savoir les /' . coarctata et serrain. I^es auteurs de cet ouvrage disent le calice comme denté , et s'il en est ainsi , elles appartiendraient au genre jislrephia.

Les Valérianes de la section des Phu se séparent en trois séries, selon que leur tige est ligneuse, volubile ou herbacée. Les deux premières sont toutes composées d'espèces américaines; la troisième, qui est la plus nombreuse, se compose d'espèces sauvages dans des pays divers. J'en mentionnerai ici quelques unes, qui me paraissent nouvelles pour la science, et qui sont originaires de l'Asie ou de l'Amérique. Les Valérianes asiatiques sont connues par les beaux travaux de M. Wallich, et m'ont été libéralement communiquées par l'honorable Compagnie des Indes.

I». Valeriana WnlUchu, PI. IV.

Je désigne sous ce nom le f'.villosa, des herbiers de Waliich, qui n'est pas celui de Thunberç; quoique l'espèce de Thunberg soit rejetée provî-

i6 MÉMOIRE VII.

soirement dans le genre Patrinia, il ni*a paru plus convenable d'éviter toute équivoque. Elle semble avoir été confondue avec le f^. Hardwickii, dont elle me parait distincte. Elle croit dans le Népaul et la province de Kamaon ou Népaul oriental.

Notre plante a une racine épaisse à son collet , dépourvue de fibrilles lèches, reste des anciennes feuilles, et prolongée par sa base en fibrilles grêles et cylindriques. Ses feuilles radicales sont munies d'un pétiole couvert d'un duvet courte serré et presque rebroussé ; leur limbe est en forme de cœur, pointu ou un peu obtus, entier ou à peine dentelé, pubescent, surtout en dessous. Du collet naissent a à 3 tiges, longues de 8 à m pouces, presque simples, sillonnées, glabres, ou un peu pubescentes. Elles portent 3 à 4 paires de feuilles petites, éloignées, tantôt simples et oblongues, tantôt partagées jusqu'à la base en 3 segmens oblongs. Celles du sommet formant des bractées linéaires, i^es fleurs sont en cime corymbiforme, de couleur blanche, tirant sur le rose. Le tube du calice, et par conséquent le fruit, est ovoïde, un peu poilu, plan d'un côté, convexe de l'autre, surmonté à la maturité du fruit par une aigrette à lo rayons plumeux. I^a corolle est à 5 lobes ovales, obtus, et à 3 étamines.

2**, / aleriana tenera. Wallich.

Elle ressemble aussi au f^. Hardwickii ^ surtout en ce que toutes les feuilles caulinaires sont pinnatiséquées , mais elle est plus petite et plus glabre dans toutes ses parties; sa tige est droite, un peu cannelée, longue de 5 à 6 pouces, glabre , excepté aux nœuds, soit origine des feuilles^ où elle présente un peu de duvet court et serré. Les feuilles radicales sont portées sur de longs pétioles; leur limbe est petit, réniforme, presque entier, celles de la tige sont pinnatiséquées , à segmens lancéolés, pointus, à peu près entiers. Les fleurs sont peu nombreuses, forment un corymbe serré très peu épanoui. Cette plante croit dans le Népaul oriental ou Kamaon.

3^. F'cderiana repens. Wall.

Cette. plante, ainsi nommée par Wallich , est très distincte du F', repens djs Host, qui ne me semble qu'une simple variété du f^. officinalis. Toute

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)a partie herbacée est couverte d'un duvet mou, court et très peu apparent. lia tige est striée, longue de 5 à G pouces, et pousse de petites racines de ses nœuds inférieurs; les feuilles inférieures sont portées sur de longs pétioles; leur limbe est en forme de cœur, à peine denté. Celles du liant de la tige ont un pétiole fort court, et se divisent en 5 segmens, lancéolés aigus, deux latéraux étroits, l'intermédiaire pins large, plus graud et de forme plus ovale. Les fleurs forment une sorte de panicule à rameaux opposés et corymbiformes.

4*. P^aleriana Leschenaultii.

Cette espèce se trouve par erreur désignée sous le nom de Sperniacnce , dans les herbiers do Leschenault. Ce voyageur l'a irouvée dans l'Inde orientale, dans les monts Anigueda. Elle diflêre moins que les précédentes des espèces d'Europe; et, au premier coup d'œil, on serait tenté de la rapprocher du /-'. dioica ou du tuberosa, mais elle en diffère facilement par ses feuilles inférieures toutes couvertes d'un duvet court, mou et serré. Je ne connais pas sa racine; les feuilles radicales sont portées sur un pétiole de 12 à 18 lignes de longueur; leur limbe est ové ou ovale, obtus, légèrement crénelé. I-a tige est simple, glabre, striée, longue d'un pied environ; elle ne porte que deux ou trois paires de feuilles très petites et très écartées : celles du bas sont poilues, ohlongues, un peu dentées à la base; celles du haut sont glabres à lobes linéaires, un terminal très long, 2-3 latéraux plus courts. Les cimes des fleurs sont réunies en une espèce de panicule ovale et serrée. Les fruits sont un peu velus; les fleurs entremêlées de bradées aiguës assez semblables à celles du F', tuberosa.

Parmi les espèces américaines, il en est deux cueillies au Mexique par Berlandier, qui sont remarquables à raison de leur extrême ressemblance avec la y. Hardwidii de l'Inde, mais qui en sont certainement distinctes, savoir :

5°. f^aleriana Toluccana.

Cette plante, qui croit au Mexique dans la vallée de Tolucca, a une tige herbacée droite, longue d'environ 2 pieds, glabre, cylindrique, très Légèrement striée; ses feuilles sont pianatiséquées et glabres ; lessegmens,

i8 MÉMOIRE VU.

au nombre de 3à 4de chaque côte, outre l'impair, sont de consistance membraneuse, et bordés de sinuosités ou de dents larges et obtuses; dans le bas de la plante, ces segmens sont ovales ou oblongs; dans le haut étroits, presque linéaires. Les fleurs forment une panicuie lâche, allongée, à rameaux opposés, terminés chacun en cime dichotome. On trouve une fleur sessile à chaque bifurcation de leurs rameaux. Les iruits sont oblongs, garnis de quelques poils; les fleurs sont semblables, sauf la disposition, à celles de la V. officinaUs.

6^. F^aleriana Mexicana.

Cette espèce , qui croit près de la ville de Mexico , ressemble beaucoup à la précédente et au J^. Hardwickii. Elle est de même droite et herbacée; sa tige est longue de 2 à 5 pieds, glabre et un peu anguleuse; ses feuilles sont aussi parfaitement glabres et pinnatiséquées : leurs segmens sont oblongs, un peu sinueux ou obtusément dentés, au nombre de a de chaque côté, outre l'impair, qui est plus grand que les autres, de forme ovée, et quelquefois muni d'oreillettes à sa base; la panicuie est lâche et allongée; ses rameaux latéraux sont allongés, trichotomes; les étamines plus saillantes que les espèces voisines ; le fruit ové , légèrement hérissé.

La seconde sous-division des Valérianées uniloculaires comprend celles dont le fruit est bien a une seule loge comme les précédentes , mais où le limbe du calice ne se roule point en dedans et ne se prolonge pas en aigrette comme dans la première division. Je rapporte ici deux genres nouveaux asseas remarquables , savoir :

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