‹ Mémoire sur la famille des ValérianéesChapitre 3 sur 14 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

Ija pclile famille des Ynlérianées est sans doute une des moîas nombreuses du règne végétal; mais elle ne laisse pas que d'avoir quelque intérêt soit par la singularité de ses formes, soit par les questions de classification auxquelles leurs différences donnent naissance, soit par l'iiistoire de quelques unes de ses espèces.

Linné confondait les Valérianées dans l'asseniblage incohérent qu'il décorait du nom d'ordre des j4ggregatœ, Bernard de Jussieu s'est approché de la vérité en ne laissant les Valérianes mélangées qu'avec les vraies Dipsacées. Adanson et A. L. de Jussieu ont fait un pas de plus en les considérant comme une section des autres Dipsacées. Enfin, j'ai proposé dans la More Française et dans mon Essai sur les propriétés médicales des plantes, de les considérer comme une famille proprement dite; el il me semble que celte opinion a été dès-lors unanimement adoptée, et notamment par M. de Jussieu, dont l'approbation en pareille matière est toujours la première qu'un botaniste doive désirer. Ce savant, en adoptant les quatre genres que j'avais moi-même adoptés, en a joint un cinquième, le Patrinia, pour les espèces de Sibérie à 4 étamines et à fleurs jaunes, et a adopté celui du Phj-Uaclis , proposé parPersoon pour les espèces d'Amérique à corolle trilobée. Dès-lors, M. Dufresne a présenté, en 181 1, à l'École de Médecine de Monlpellier, une monographie soignée de cette famille. Aux six genres admis par M. de Jussieu, il en a ajouté un septième, \Jstrephia, pour les espèces d'Amérique, qui, selon le témoignage de Ruiz el Pavon, auraient un fruit uniloculaire, comme les

vraies Valérianes , mais où le limbe du calice développé ne prend point la forme de pappus. L'assertion de Ruiz et Pavon, et par conséquent la réalité du genre jéstrepfiia, a été contestée par M. Kunth, qui a bien démontré que quelques espèces diAstrephia sont de vraies Valérianes, et qui en a conclu que toutes devaient Fêtre. Tel était l'état de la science quant à la classification générique, lorsque j'ai commencé à m'occuper de cette famille pour le Prodromus.

Je ne reviendrai pas sur les caractères et les affinités de l'ordre des Valérianées, parce que je n'ai rien ni à ajouter, ni à modifier à ce que j'en ai dit dans la Flore Fmnçaise, et à ce que M. Dufrew^ en a exposé avec plus de détails dans sa dissertation; mais je dois faire observer ici qu'à l'époque où les Valérianes étaient placées dan$ une famille composée d'objets très disparates, on avait raison de les considérer comme un seul genre, car elles formaient un groupe dont les espèces se ressemblaient beaucoup plus entre elles qu'elles ne ressemblaient à aucun des genres qui leur étaient associés; mais, dès qu'on admet que les Valérianes forment une famille, il faut alors, pour être conséquent avec soi-même, examiner si les différences qu'on observe entre leurs groupes sont d'une valeur égale à celle des caractères d* après lesquels on établit les genres dans les autres familles, et surtout dans les familles voisines. Or, il est évident que les genres établis jusqu'ici , et ceux que je vais y établir, sont fondés sur des caractères tels que s'il s'agissait de Rubiacées ou de Composées, personne n'hésiterait à les admettre comme caractères génériques. Je regarde donc leur admission comme une conséquence forcée de l'établissement de la famille des Valérianées. Ils sont d'ailleurs très conformes au port des plantes, et n'entraînent pas à une division exagérée, car le nombre des Valérianées connues est de 1 23 , le nombre des genres que j'admets est de 1 1 ; et, par conséquent, le nombre moyen des espèces est de 1 1, tandis qu'il est de ro dans la moyenne des familles.

Pour simplifier ce que j'ai k exposer dans ce Mémoire, je commencerai par donner le tableau synoptique des genres, et je reprendrai ensuite chacun de ces groupes^ non pour en &ire l'histoire complète, mais pour dire seulement ce que j'y ai observé de nouveau ou peu connu.

VALERIANEES. 5

f I limbe du calice tronqué

4 élam.i ou à peine denté. PATKINIA.

I limbe du calice à 5 part. NâRDOSTACBYS.

I rertUe.<

I limbeducaticeàS part. DVFRESNTA, mbe du l' corolle saoi

VALERlANBLhA.

liverA corolle à

nié. ( court. ASTREPHIA.

étaroincs FËDIA.

VALERIANEES. '

ffmilàB luges, douta stériles épant

i fruit

fruit bordé de deux aîtes

fl élamine , corolle

PLECTRITIS.

. CENTRANTHUS.

I 3 élamines, point

( d'éperon FALERIASA.

Cl double involncre,

I fruit comprimé. . TRIPLOSTEGIA.

1 point d'in-volucre,

( fruit triangulaire. SETCKEA.

On voit d'après ce tableau que les Valei-iaiiées forment quatre groupes assez prononces, et dont, si le nombre des espèces en valait la peine , on pourrait faire quatre petites tribus.

i". Les Valerianées tétrandresj qui ont 4 etamines et le fruit à 3 loges , non couronné d'aigrette ( Pû/r/n:a , Nardostachys).

i". Les Valérianées/ê'f//eV5 qui ont a et 3 e'taoines et le fruit à a ou 3 loges non couronné d'aigrette {Dufresnia , P^nlerianella , jistrephia, Fedia , Plectriiis ).

■i". Les Valerianées aigrettées , qui ont i à 3 e'tamines et le fruit à une loge couronné d'une aigrette plunieuse ( Centranthus , F'aleriana ).

4°. Les Valéi-ianées betckées, qui ont 3 etamines et un fruit uniloculaire non couronné d'aigrette plumeuse {BetcAea, Triplostegta).

La division fondamentale des Valerianées à fruit pluri ou uniloculaire correspond à la division générique de Vahl et de Gaeriner : ainsi , la

première est leur genre Fedia et la deuxième leur genre F^aleriana; mais la diversité des calices , des étamines et même des fruits , m'a obligé à pousser la division plus loin qu'eux. Sous la première division , je réunis toutes celles dont le fruit est, au moins dans la jeunesse , à a ou 3 loges dont une seule est fertile , et qui , en outre , ont toujours le limbe du calice plus ou moins foliacé et denté , et ne se prolongeant point en aigrette.

Page 1