I. PATRINU
Ce genre y établi par M. de Jussieu, comprend toutes les Valérianées pluriloculaires à fleurs jaunes. Il répond au Fedia d'Adanson et à toute rigueur aurait dû conserver ce nom comme le plus ancien , si l'usage n'en avait ordonné autrement. Il a été aussi nommé Mouffeita par Necker, et Gjrtonanthus par Raflnesque, mais désigné d'une manière si incomplète, que j'ai cru, avec la plupart des botanistes modernes, devoir admettre le nom proposé par M. de Jussieu et appuyé sur une bonne description. 11 se caractérise parce que les fleurs ont quatre étamines , et que le limbe du calice y est ou totalement tronqué ou muni de quelques petites dents peu apparentes : son port le fait d'ailleurs facilement reconnaître. Dans trois espèces de ce genre ( P. sibirica , intermedia et rupes-tris ), le fruit est collé contre une bractée ovale ou orbiculaire , qui grandit après la floraison et semble être une aile du fruit, mais ce caractère ne peut servir de diagnostic générique , car il manque dans le P. scabiosœfolia , qui ressemble d'ailleurs tellement aux autres qu'il est impossible de l'en séparer. Le P. villosa, qui est la Valeriana villosa de TKunberg, a été rapporté à ce genre par M. de Jussieu, d'après la description de Thunberg. M. Siebold, qui l'a vu au Japon , confirme ce rapprocbement.
n. N ARDOSTACH YS , PL /et //.
Ce genre se rapproche du Patrinia par ses fleurs à 4 étamines , et son fruit à 3 loges, dont a stériles, mais il en diffère parce que le limbe du calice est divisé jusqu'à Tovaire en cinq partitions foliacées et dentées. A ce caractère essentiel on peut ajouter i"". que les corolles y sont pourpres
VALÉRIANÉES, 5
au lieu d'être jaunes; a", que le fruit n'est jamais collé aux bractées; 3". que le stigmate est en tête; 4°- ^^^ ^^ port des espèces, très semblable à lui-même dans les deux genres, est très difTérent d'un genre à l'antre.
J'ai donné à ce genre le nom de Nardostachys , parce qu'il me parait bien prouvé que l'une de ces espèces au moins (et peut-être toutes les deux) est la plante mentionnée chez les anciens sous les noms de Nardostachys ou Nardostachjum , et aussi sous ceux de Spica ISardi, Nardus Iridica, JVai-dus GangUis , et chez les Arabes sous ceux de Cembul ou Siinbul.
On sait que le mot de nord (dérivé par les uns (]) du radical ar, qui signifie odeur, et par les autres (a) du nom de la ville syriaque de Naard (près de l'Euphrate); on sait, dis-je , que le mot de nard a été appliqué par les anciens à un grand nombre de plantes différentes, toutes remarquables par l'odeur de leurs racines i ainsi le nard celtique parait être la ï^'aleiiana Celtica , l'un des nards de l'Inde (celui menlionné par Arrian, et dont on dit que l'odeur frappa si fort l'armée d'Alexandre en allant dans l'Inde, ) est, comme l'a prouvé M. Gilbert Blane (3), une graminée du genre y^ridropogon, et le nard syriaque paraitj d'après les savantes recherches de Jones (4) , être notre plante. Le nom de Syriaque lui a été donné , soit , comme le prétend Uioscoride , parce qu'elle crolt sur des montagnes qui ont un de leuiï versans veis l'Inde et l'autre vers la Syrie, soit plutôt, comme le présume Stapel , parce qu'elle parvenait aux anciens Grecs par les marchés de la Syrie, et qu'on lui en donnait ce nom comme nous le faisons nous-mêmes d;ms bien des cas. Encore actuellement ce nard est apporté de l'Inde à Alep , d'après le H témoignage dePatr. Russel. Quant au nom de iV. Gaiighis, qu'on trouve
H chez les anciens, il parait bien provenir du fleuve du Gange , et j'ignore
V d'après quelle autorité M. de Téhis le rapporte à la petite ville de Ganges
(i) DeTAeis.glou.hot.
{i) Stapel, comm. llieopli. 1017.
, (3) PhUos. Transaet. vol. 60. p. a, p. afi^. ' {4) '/^afïc HsmopcAm, Tot. S. p. 4oS et /|. g
:o9 et 4&'-
Je n'ajouterai rien ici aux remaiH]ues philologiques de Jones pour prouver que la plante connue aujourd'hui des Indiens sous le nom de Jatamansi est lancien Spica-Nard y opinion que les juges les plus compétens dans ces matières, Boxburgh et ensuite M. Don, paraissent adopter entièrement; mais je remarquerai avec M. Don que Jones, plus philologue que botaniste, ^ donne une figure et une description du Jatamansi qui ne correspondent point à la plante de ce nom. Celle-ci a été bien décrite par M. Don; j'en ai reçu des échantillons authentiques recueillis par M. Wallich , et qui font partie des belles collections dont l'honorable Direction de la Compagnie des Indes veut bien me faire part. La première planche de ce Mémoire la représente avec beaucoup d'exactitude. Si on la compare avec la figure donnée par Jones, il est évident qu'elles représentent deux plantes , qui paraissent bien toutes deux des Yaléria* nées, mais qui ont été confondues ensemble. La première figure, publiée par Jones à la page 4^5 du deuxième volume des jisiatic Resear^ ches, me parait le f^aleriana Ff^aWchii que j'ai fait figurer à ma planche cinquième. La seconde figure de Jones ( vok 4> p* 4^^ ^" même ouvrage) pourrait bien être un amalgame de la racine de Jatamansi avec les feuilles du Valeriana fVallichii.
Les Nardostachjrs ont en commun un port qui l'appelle au premier coup d'œil celui de la Scorzànera humilis. Leurs racines sont épaisses , à tronc cylindrique, garnies vers le collet de fibrilles dressées et sèches qui paraissent formées par les débris persistans des nervures des anciennes feuilles. Cette partie supérieure de la racine, qui a été jadis célèbre pour son odeur, et qui a souvent été introduite dans les pharmacies, est figurée par Garcias ab Horto (Ârom. , p. i33) , sous le nom de Nardus , et par J. Bauhin (Hîst. pi. 111, p. a, p. 2o3) sous celui de Nardus indicavulgaris. Les feuilles radicales des deux espèces sont allongées, oblongues, un peu rétrécies en pétiole, entières, marquées de nervures obliques presque parallèles. Leurs tiges, au nombre de i à s, sont annuelles, cylindriques^ un peu plus longues que les feuilles radicales et chargées de 11 ou 3 paires de feuilles opposées, sessiles, et un peu plus larges à leur base que les radicales.
Les fleurs forment des cimes en tête au sommet de la tige et des petits rameaux qui naissent des feuilles supérieures réduites k l'état de bractées.
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Les corolles sont de couleur purpurine, et deviennenl presque noirâtres par la dessiccalion.
Les deux espèces connues de ce genre sont les suivantes :