‹ Mémoire sur la folie sympathiqueChapitre 22 sur 33 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Folie hypochondriaque consécutive à une maladie du foie ; autopsie (1).

Un homme de lettres reçoit, à la promenade, un coup violent sur l’hypochondre droit; à l’instant, il perd connaissance et rejette ses aliments.

(1). Scip. Pinel, Thèses de Paris, n° 295; 1819.

Le lendemain, douleur à l’épigastre s’étendant à I’hypochondre droit, pouls dur et fréquent, paroxysme le soir, anxiété extrême.

Le septième jour, couleur jaune de la peau, abdomen tendu et douloureux, douleur pongitive à droite; urine brune, sueur tachant le linge en jaune.

Le seizième jour, l’état aigu a diminué ; le pouls est moins fort ; le malade ressent une douleur sourde dans la région hépatique, des flatuosités incommodés, des éructations, la constipation, des sentiments irréguliers de chaleur au visage, des vertiges, une tristesse profonde et concentrée, des craintes de la mort, la défiance la plus ombrageuse, incohérence des idées. L’état ue fait qu’empirer; la mort survient au bout de près de neuf mois.

Pendant les premiers mois de sa maladie, ce malheureux se croyait sans cesse obsédé de petits démons qui voltigeaient autour de lui, s’introduisaient dans son lit , parlaient dans son ventre, etc. Cet état persista pendant près de trois mois ; il succéda une sombre tristesse et des terreurs paniques jusqu’à la fin de la maladie.

A l’ouverture du corps, le cerveau et les viscères thoraciques furent trouvés sains.

Le foie, d’un volume considérable, occupant une grande partie de l’hypochondre gauche, descendant près de l’ombilic, était farci de tubercules Iardacés, cancériformes, d’une grosseur variable. Le reste de la substance du foie n’était pas désorganisé, mais jaunâtre et presque sec; la vésicule biliaire, d’une petitesse extrême, contenait un peu de bile rougeâtre.

L’estomac et les intestins , remplis de gaz, étaient d’une blancheur remarquable.

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