‹ Mémoire sur la folie sympathiqueChapitre 32 sur 33 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

Affection vermineuse ; aliénation mentale-, expulsion des vers. Guérison (I).

3e Cas. M. G. T..., âgé de 38 ans, d’un tempérament bilieux, était affligé par intervalles de violentes douleurs dans les intestins, principalement vers le nombril ; ces douleurs revenaient par paroxysmes, à peu près à la même heure; des antispasmodiques furent administrés sans succès; bientôt on s’aperçut que les idées du malade étaient vagues, confuses, incohérentes, elles se succédaient avec rapidité et sans or dre : une mélancolie hypochondriaque confirmée survint ensuite; ce malade se croyait composé de verre, et ne voulait faire aucun mouvement de peur d’être mis en pièces. Je fus consulté le 17 mai 1785; je trouvai qu’il avait peu de sommeil pendant la nuit; ses facultés intellectuelles étaient fort altérées; la mémoire était presque anéantie, etc.; il était pâle, amaigri, faible, il avait une très-grande teudauce à la constipation. Il y avait dans son regard un vide et une insignifiance extraordinaires ; il persistait à soutenir qu’il était de verre, et il ne voulait faire aucun mouvement.

Les pupilles étaient dilatées, l’hale'.ue fétide, il avait souvent des éructations et une tension continuelle dans l’abdomen, ce qui me fil penser que des vers, par l’irritation qu’ils occasionnent dans les intestins, pouvaient avoir produil de la débililé dans les premières voies, et avoir été la cause primitive de la maladie. Il me fut impossible de découvrir que le malade eût jamais été tourmenté par des vers, ou qu’il en eût évacué aucun; mais, bien persuadé de la justesse de ma conjecture, je prescrivis une potion anlhelmiuthique, et dans la soirée du quatrième jour du traitement, le malade évacua par les selles deux grands vers du geure des helminthes cylindriques; le lendemain il en évacua un troisième beaucoup plus grand que les deux premiers; comme il était certain désormais que la cause existante du délire était une affection vermineuse, et que les forces du malade permettaient d’en user ainsi, je prescrivis une dose énergique de calomel et dejalap que l’on administrait de temps en temps; la sauté se rétablit entièrement, et le malade recouvra assez pleinement la raison pour être en état de vaquer à ses occupations comme de coutume.

(l) Perfect, Annales de la folie.

Je n’ai pas entendu dire qu’il ait évacué d’autres vers, et l’ex-malade est toujours demeuré, depuis , exempt de toute espèce de maladie mentale.

Page 1