XI
J’aurai peu de choses à dire du pancréas; cependant quelques au-
teurs admettent qu’il peut influencer le cerveau et provoquer des maladies mentales. Mais nous n’avons ici qu’un guide infidèle, l’anatomie pathologique. 11 est difficile de constater pendant la vie les lésions organiques du pancréas, et les fonctions de cet organe sont encore enveloppées d’une obscurité qui ne permet guère d’en apprécier les troubles fonctionnels et d’affirmer que, dans certains cas, ils ont précédé manifestement tous les symptômes cérébraux. On a peine à croire a priori qu’un organe d’une vitalité aussi obscure puisse avoir sur le cerveau une réaction assez énergique pour amener le désordre dans ses fonctions.
Quoi qu’il en soit, Heister (Éphêmérides des curieux delà nature) n’a trouvé que des altérations pancréatiques dans les cadavres de deux mélancoliques qui s’étaient noyés. Blancard n’a constaté, chez un mélancolique qui s’était suicidé, qu’une suppuration du pancréas. Bichat veut que le pancréas soit souvent atteint dans l’hypochondrie. Bardenhewer a écrit une dissertation sur la folie liée aux maladies du pancréas.