‹ Mémoire sur la généralité de Rouen (1665) Analyse et extraits, avec notes et appendicesChapitre 134 sur 199 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p

4. Voir ci-dessus, p. 9-10, ce qui est dit du port, avec les documents et travaux signalés dans les notes, et en outre : G. De Nipiville, Le portrait de la ville et citadelle du Havre de grâce..,, s. 1., 1867 in-4" (Bibl. Nat., Lk^ 3 685); Montegai de la Montagne, Mémoires et remarques sur V importance de la fille et citadelle du Harre de grâce, s. 1. n. d., in-8° (/éiW., n° 3 689) ; Th. Corneille, Dictionnaire, art. Le Havre (1705); Guislain Lemale, Ls Havre sous le gouvernement du duc de Saint-.4ignan, 1119-1176, Le Havre. 1898 (Bibl. Nat., Lk^ 3 734), et surtout r//£s<. delà ville du Havre, de Borély, Le Havre, 1880-81, 3 vol. Sur les travaux entrepris dans la ville et dans le port, au temps de Colbert, voir les lettres du duc de Saint-Aignan et de Berryer dans les Mélanges Colbert, Bibl. Nat., .Manuscrits. Saint-Aignan rencontra l'hostilité des Havrais; il se plaint d'eux souvent; ils sont, dit-il, « intéressez, cabalistes, séditieux, et la pluspart très mal intentionnez pour le service du Roy. Dans une autre guerre que contre la Hollande, ils auroient pu tesmogner plus de zelle, mais quand on interrompt leur commerce, il n'y a point de quartier avec eux... » (L. du 19 déc. 1673, Mél. Colbert 166tiis, i° 668). Des détails sur la malpropreté de la ville en septembre 1671 sont donnés dans plusieurs lettres du successeur de Yoysin, Barin de la Galissonnière, qui s'occupa avec Berryer de la faire nettoyer. (B. Nat., Mél. Colbert 157"", i"' 562, 584 et 6fi7).

5. Mais elle a encore le privilège d'être imposée directement par les commissions du Roi.

6. Ce château contient 16 lits pour l'entretien desquels le Trésor paye 16 1. en 1665; il dépense en outre 30 1. pour le bois et la chandelle des corps de garde de la place (Reg. du Trésor, Mél. Colbert 270, î° 6 v°).

7 Voysin explique ensuite comment la ville doit sa naissance au pont, construit et fortifié au temps de Charles le Chauve pour arrêter les incursions des .N'ormands vers Paris. Le château, où le duc de Longueville avait tenu garnison pendant la Fronde, avait été rasé en 1650 {Lettres de Mazarin, t. III, p. 460-61). Voir L. de Duranville, Essai hist. et archéol. sur la v. du P. de l'A., Rouen, 1856, et les articles du même dans la Rev. de la Norm., 1869 et 1870,

oe.nehalite de rouen.

146 GENERALITE DB ROUEN.

« 11 n'y a dans la ville qu'une parroisse^. Y a un couvent de religieux penilens qui n'est qu'un auspice et ou il n'y a que cinq ou six religieux qui ont le revenu de Ihospital, dont ils sont obligez d'avoir le soin et de fournir le feu et le coucher aux pauvres passans; le l'evenu de cet hospital est de 700 1. ou environ. Il y a aussy un couvent de religieuses de Sainct Bcnoist qui ne sont que 15 ou 16, n'ont de revenu en fonds qu'environ cinq ou six cens livres, et au surplus subsistent des penssions des religieuses. C'est un prieuré dont le sieur de Montenay est fondateur. »

5° LouviERs. — Ville purement taillable*, où l'archevêque, comme seigneur temporel, a un bailli, un lieutenant, et un procureur fiscal, dont l'appel ressortit aux hauts-jours de l'archevêché \ — Le lieutenant général de Pont de l'Arche y connaît des cas royaux.

« Monsieur l'Archevesque y a aussy un verdier, capitaine des chasses pour les eaux et forests du comté de Louviers, qui luy appartiennent. L'appel en va aussy aux hauts-jours, ou ses officiers doivent la comparence.

« Il y a quatre eschevins, dont on en change un tous les ans. Le lieutenant gênerai du Pont de l'Arche y vient tenir le siège de la jurisdiction le premier lundy d'après la my-aoust pour l'eslection de l'eschevin et pour en recevoir le serment; cet eschevin est nommé par l'assemblée générale des habittans faicte devant luy, les quatre eschevins en charge en ayant choisy quatre qu'ils proposent aux habittans, du nombre desquels ils en eîizent un a la pluralité des voix. Le bailly de Monsieur l'Archevesque ne peut pas présider a ladite eslection, estant de la fonction du juge royal de faire les eschevins et d'en prendre le serment, parce qu'ils sont faicts pour recevoir les ordres du Roy. Le mesme jour de cette eslection d'eschevin se faict l'adjudication des octroys par les esleus du Pont de l'Arche qui vont aussy pour cet effect tenir la jurisdiction a Louviers.

« 11 n'y a dans la ville que la parroisse de Nostre Dame, dont les moynes de Sainct Taurin d'Evreux ont la présentation^. Il y a deux

1. Cf. ci-dessous, appendice, p. 257 : en 1665 la ville a 377 feux taillables; en 1689 elle est composée de viron 200 maisons ».

2. Cependant, dit Voysin, les habitants ont eu, en l'i41,des lettres-patentes, confirmées en 1483, par lesquelles ils sont « déclarez exempts de toutes failles, aydes, quatriesmes et tous autres subsides, réservé la gabelle, et leur est permis de porter en devise une lettre couronnée, et est porté par lesdites lettres que les villages subjects au guet et garde du chasteau du Val de Reuil la feront en la ville de Louviers, et que les habittans auront leur hardouart et maisonnée franchement en la forest de Bord, la faculté de peupler de poissons les fosssez de la ville et en prendre les poissons a leur proffit. » Voir ces lettres dans Ont. des rois de France, t. XIII, p. 351.

3. Voir ci-dessus, p. 96. La ■ville dépend néanmoins, pour le spirituel, de l'évA» cbé d'Evreux.

4. Cf. le Dictionnaire de Th. Corneille, art. Louviers (1704); à cette date la ville a « environ 1 000 feux ». En 1665, le nombre des taillables y est de 1337,

curez qui servent par sepmaine, et n'ont pour eux deux que le tiers de la dixme, qui leur vaut environ 800 livres chacun, les deux autres tiers appartenant aux i^eligieux de Sainct Taui'in. Il y a deux fauxbouro;s qui y ont chacun leur parroisse : Sainct Jean et Sainct Gervais, dont les cures sont aussy a la présentation des mesmes religieux de Sainct Taurin, et vallent 200 a 300 livres chacune.

« La ville contient dans Fenclos de ses murailles 20 acres 50 perches. II y a une maison de penitens de 8 ou 10 religieux, des religieuses de Saincte Elisabeth de Tordre de Sainct François, ou il y a 40 ou 50 religieuses, qui ont 4 000 ou 5 000 1. de rente en fonds* ».

6° PoNT-AuDEMEn ". — Autrcfois purement taillable,

en 1635, elle fut « abonnée a 8 000 livres, comme estant ville maritime; on la fit déclarer telle par la faveur de Monsieur de Blerancourt sous prétexte d'un vaisseau que l'on y fit venir par la rivière de Rille a force de cordages et de chevaux, le reflux de la mer n'y venant point. Depuis 1640, les abonnemens furent révoquez, et a esté taxée comme non abonnée pour la taille et subcistance a différentes sommes qui ont esté jusques a 20 000 et 25 000 1. D'abord on faisoit a leur prière deux lignes, l'une des 8 000 1. de leur abonnement, dans l'espérance qu'ils avoient de s'y faire restablir, et l'autre ligne pour la subcistance ; mais a présent on met le tout ensemble par un seul article. En 1649 la ville ayant este assiégée par Monsieur de Harcourt auquel elle se rendit, il leur fît accorder un arrest du Conseil qui regloit leur imposition a 12 000 livres, ce qui n'a eu lieu qu'une année, et, depuis ils ont esté librement imposez par les commissions du ConseiP. »

Il y a deux paroisses : Saint-Ouen et Notre-Dame du Sépulcre, et des couvents de Cordeliers et de Carmélites.

La ville est «assez jolie; l'enclos de ses murailles et[=est] de seize acres et demy ».

1° QuiLLEBEUF

« n'est proprement qu'un bourg, n'ayant qu'une rue. C'estoit autres fois un simple village ou il y avoit un fort sur le bord de la rivière, lequel pendant les guerres civilles un nommé La Chesnaye commendant, le remit entre les mains de Henri IV^, qui, a cause de ce, accorda aux habittans toutes exemptions de tailles et autres impo-

1. Voysin omet de mentionner l'Hôtel-Dieu de Louriers, qui avait été réorganisé par un règlement du 23 janvier 1656 (Arcli. S. Inf., G, 991).

2. Cf. Th. Corneille, Dictionnaire, art. Pont-Audemer (1704); abbé de Longuerue, Descr. Iiist. et géogr. de la France, 1719, in-fol., p. 73; Canel, Hist. de la ville de Pont-Audemer, Pont-Audemer, 1885, 2 vol., t. I, p. 348 et suiv.

3. Cf. La taille en Normandie, ch. V. En 1689, la ville sera abonnée à la somme de 19 000 1. (A, Canel, Hist. de P.-A., I, 361). Voir une étude sur les franchises de Pont-Audemer dans le Recueil des travaux de la soc, d'agricult. de l'Eure, t. III (1844-5).

1/18 GENKRALITK DE HOUEN.

sitions ', et l'assiette estant advantageuse, il y voulu faire une fortification et la nomma Henrycarville. P^lle ne payoit point de tailles jusques en 1640 que Ton révoqua les privilèges des villes franches et abonnées, et fut lors imposée a la subcistance qu'elle a depuis tousjours continué de payer par capitation '^. »

8° PoNT-L'EvKQUE. — Ce n'est qu'un bourg, qui a toujours été purement taillalilc ', et ne possède pas d'échevins,

« les délibérations sur les affaires communes s'y faisant à l'issue de la messe parroissialle, comme dans un village.

(( Ils n'ont d'autre trafic que celuy des fromages, lequel est diminué depuis le règlement qui a esté faict pour le sel blanc, dont ils ont l'usage, et le prennent au grenier de Touques *. »

9° HoNiLEun. — Ville maritime, ayant une bonne rade avec un port où l'on pèche des moules". — Elle était jadis abonnée à 1 050 1. pour toutes impositions, et payait cette somme avec le produit de ses octrois, mais l'abonnement a été révoqué eu 1640, puis

« ils ont esté imposez a différentes sommes jusques a 30 000 livres pour la subcistance. On faisoit d'abord deux lignes, l'une de 1 050 livres pour l'abonnement, que l'on payoit des deniers d'octroy, et l'autre ligne pour la subcistance, qui se payoit par capitation ; a présent, il n'y a plus qu'une ligne qu'ils })ayent par capitation ''. »

Honfleur « appartient » à Mademoiselle, h cause de la vicomte d'Auge ' ; la ville dépend pour la plus grande partie du vicomte d'Auge, qui vient y tenir ses plaids tous les quinze jours, le samedi; le vicomte de Roncheville a justice dans un des faubourgs et dans une partie de la ville, qui dépendent

1. Cf. l'arrêt du conseil du 27 févr. 1509. B. Nat., mss fr. 1816'i. fol. 6i».

2. Voj'sin commet ici une erreur : l'édit de nov. 1640 maintenait expressément le ))rivilcge de Quillebeuf pour la taille (lici^lcmenis sur les tail/c-i... en Normandie, éd. 1710, p. iy.")-199), mais une ordonnance postérieure était sans doute intervenue pour supprimer ce privilège, car ou trouve la ville imposée à 2 000 1. pour la subsistance en 1G68, 1G64, 16G5, 1066. Ensuite son imposition ira en croissant : en 1676 elle est de 5 000 1. (Commissions des tailles, B. Nat., Mél. Colbert).

3. Mais il est imposé directement par les commissions des tailles, comme toutes les villes mentionnées dans ce chapitre.

4. Cf. ci-dessus, p. 13,'j. Le trafic des fromages reprendra peu après : voir Th. Corneille, Dictionnaire, art. Pont-Lévcque.

5. Les moules, ajoute V'^oysin, ■• s'attachent à un gravier ou terre caillouteuse ou ils [les moules] se forment, et la mer ne les emporte point ; (juant la' mer vient, elles s'ouvrent, et quand elles se retire elles se ferment; il s'en pesche encore au Havre, et point ailleurs dans la généralité ». — Voir ce qui est dit du port, ci-dessus p. 10-11 avec la note, et ci-dessous, appendice III.

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