LA CARTE DE NORMANDIE DE LEVASSEUR DE BEAUPLAN
Au début de son instruction, Colbert prescrivait aux intendants de rechercher les cai'tes qui existaient de leurs circonscinptions, et, au cas où elles ne seraient pas exactes ou pas « assez amples », d'en faire dresser par « quelque personne habile et intelligente ». Son but était de se renseigner « non seulement en général, mais mesme dans le détail », sur les circonscriptions ecclésiastiques, militaires, judiciaires et financières : « Observez partout, en toutes les quatre sortes de gouvernemens, que Ton sçache le nombre véritable des villes, bourgs et paroisses dont chacune de ces divisions générales et particulières est composée' ».
Avant même cette instruction, Colbert s'était inquiété de faii'e dresser de telles cartes. Il en demandait à son frère Charles une de l'intendance d'Alsace, dès 1661, puis de la généralité de Poitou, quand il l'y eut envoyé, en 1663 ^. Des dessinateurs, des ingénieurs, en même temps que des cartographes de profession ', furent mis en campagne à partir de 1664, pour relever toutes les paroisses, faire le plan des ports et des places fortes, reconnaître exactement les limites de toutes les circonscriptions. En 1665, Nicolas Sanson '^ est nommé historien et géographe du roi, pour