‹ Mémoire sur la généralité de Rouen (1665) Analyse et extraits, avec notes et appendicesChapitre 155 sur 199 · Lettre de Voysin à Colbert, 5 juin · texte numérisé non relu

Lettre de Voysin à Colbert, 5 juin

« J'ay veu le sieur Le Yasseur, siour de Beauplan que je vous avés envoyé, suivant l'ordre que vous m'aviés fait l'honneur de me donner, pour vous présenter la carte qu'il a t'ailte de la A'ormandie dont il m'a dit que vous luy avés tesmoigné eslre satisfait et que vous avés estimé que cet ouvrage meritet d'estro donne au public et que pour cela vous luy avés ordonne de vous envoyer le mémoire de la despense qui sera nécessaire pour la faire graver, et que vous luy avés fait espérer que Sa Majesté oret agréable de la fournir; et mesme de la grattifier de quelque pension. 11 a souliaitté que j'eusse l'honneur de vous présenter le mémoire qu'il en a fait et (ju'il a mis dans le paquet cy-joint...

... J'ay fait encor examiner son ouvrage depuis son retour par une personne fort intelligente qui le trouve fort accomply. Il paroist avoir grande

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Saint-Brieuc, en train d'arpenter la province*; mais en même temps il faisait travailler à la gravure de sa carte. Le graveur était Jean Toutain, de Rouen; un ami de Beauplan, le sieur De'- Kssarts, médecin à Rouen, surveillait l'ouvrier. Le 28 juillet, Beauplan prie Colbert de faire payer le graveur « alin qu'il continue a travailler a la carte de Normandye, pour la finir promptement- ». Le 6 août, Des Essarts rend compte à Colbert de l'état du travail. La carte « sera belle, bien exacte et bien gravée, a quoy faire je m'eraploye de tout mon pouvoir. Le graveur... n'y espargne ny temps, ny industrie et a quitté tout autre employ dans le dessain qu'il a. Monseigneur, de vous contenter et satisfaire, et ce qui l'encourage est que je luy ay promis qu'il n'atendroit point après son argent, et luy ay faict voir une lettre que j'ay receue de M. Talon par laquelle il me mande que j'aye a tirer sur luy, a veue, la somme de 300 1. laquelle il a receu a bon compte pour laditte graveure^ ». Beauplan de son côté se déclare satisfait du travail*; au début de 1606, ayant interrompu sa besogne de Bretagne à cause de l'hiver, il vient à Paris présenter un fragment de la gravure à Colbert^; au début de juin, Colbert lui fait payer une gratification de 1 200 I., qui le remplit d'aise ".

Un contretemps était cependant survenu : le graveur, ayant la vue fatiguée, avait dû interromj)re son travail". Il le reprend à la fin de juin, mais désormais il va très lentement. Colbert lui écrit en vain pour le stimuler. Le 21 septembre. Des Essarts rend compte de ce qu'il a fait : six des plus grandes planches, sur douze, sont tirées; Toutain demande de nouveaux crédits^. A partir de cette

passion de travailler au plustost a faire une pareille carte de la province de Bretiigne conie vous luy avés ordonné » (Mél. Colbert 130"" f° 1 007).

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