‹ Mémoire sur la généralité de Rouen (1665) Analyse et extraits, avec notes et appendicesChapitre 25 sur 199 · Exactement 10 h. 44 (Ports maritimes, I, p · texte numérisé non relu

Exactement 10 h. 44 (Ports maritimes, I, p

GENERALITES. POUTS. ETATS. 9

« EsTRETAT est Une vallée seiche longue d'une lieue et demie, large de deux cens toises, et ou, depuis le rivage de la mer jusques a demie lieue de haut tirant vers les terres, la vallée va tousjours baissant, de sorte que si le perré du bord delà mer estoit rompu, la pleine mer rempliroit demie lieue de la vallée, qui est plus profonde et plus basse que la basse eau de la mer. On pourroit faire en ce lieu un des plus beaux ports et des plus beaux bassins de la province, car la mer ne s'y retire au plus loing que de soixante brasses '■.

« La rade est au nordouest et très bonne, ayant huict brasses deau, a trois cens cinquante brasses de terre, d'où elle pourroit estre deffendue avec le canon, d'un fonds en partie terre et en partie sable avec du menu perré; sur le rivage de la mer il y a plusieurs fontaines qui sourdent et que la mer couvre quand elle vient, et quand elle est retirée on y vient puiser l'eau pour boire-.

« Le Gap de Caux ou Foyer de guerre est une très haute falaize au sommet de laquelle il y a un foyer jadis basty pendant les guerres ou l'on entretient du feu la nuict pour servir de fannal aux navires. Entre ce cap et le Havre de Grâce est une rade ou l'on ancre pour entrer dans le Havre.

« Le Havre'^... est un lieu considérable par son assiette pour en faire un port royal pour la retraicte des vaisseaux des Indes. Il y peut monter de grande mer des vaisseaux de quatre cens thonneaux, et qui le voudroit mettre en Testât qu'il peut estre, on y feroit entrer toutes les marées les raesmes vaisseaux de quatre cens thonneaux. On peut aussy agrandir le havre pour le logement des vaisseaux et y faire un bassin pour y loger cent vaisseaux de guerre qui seroient tousjours en flotte. Ce qui rend ce havre recommandable c'est qu'il tient son plain pendant trois heures, qui est un long temps pour donner loysir aux vaisseaux d'y entrer. Les vents pi'opres pour son entrée sont le sudouest, ouest-sudouest, ouest, ouest-nordouest, nordouest et nord-nordouest et pour en sortir les vents opposez, lesquels sont propres aussy pour sortir [de] la Manche. Ce qu'il y a de deffectueux c'est que sa rade n'est pas des meilleures pour n'avoir de basse mer que trois brasses d'eau et un fonds assez mauvais, qui est une huistryère meslée en partie de sable et en partie de roche; elle est descouverte des vents cy-dessus de sudouest, ouest sudouest, ouest, ouest-nordouest, nordouest et nord-nordouest, qui sont tous très dangereux. On dit que cette rade a esté gastée par le lest des vaisseaux que l'on y a deschargé ^. On la peut prendre plus

1. Cf. l'abbé Cochet, Elreiat, son passé, son présent son avenir, 4^ éd. Dieppe, 1862. Un croquis du pori est joint au ms. A, i° 9'"°'".

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