Ms. B. : les sieurs
3. Cf. Farin, L part. chap. x1v, et Gosselin, Les plaids à masse, dans le Précis anal. des trav. de l'Acad. de Rouen, t. LXXVI, p. 397. FA
4. Plus haut, Voysin a dit qu’elle est « la seconde du royaume », mais il ne donne aucun chiffre de population. Cette évaluation était particulièrement difficile, parce que la ville ne dressait ni rôles de taille, ni rôles de gabelle. Les chiffres qui nous sont donnés par les documents du xvir° et du xvu° siècles
« Les rues y sont estroites et les maisons basties la pluspart de bois seullement. » Cathédrale; palais du Parlement; abbaye de Saint-Ouen; « la maison de l’abbé est la plus belle de Rouen; M. le Gouverneur y loge * »; le pont de bateaux, « ouvrage extraordinaire », remplaçant l'ancien pont de pierre, « dont quelques arches ayant esté rompues, on acheve de demolir les autres; il estoit basty sur pilotis qui sont presque a fleur d’eau, lorsqu'elle est basse, et auroit pu estre restably; il estoit trop estroit? ».
La ville est partagée en quatre quartiers et comprend 120 rues.
varient beaucoup, suivant les auteurs. En septembre 1668, les marchands de Rouen écrivent à Colbert que leur ville contient « 150000 personnes ou environ » (B. Nat., Mél. Colbert 1485, f° 486); cette estimation n’est fondée sur rien, et paraît exagérée. Un état des villes du royaume, contemporain de Colbert, et recueilli par Clairambault, donne 80 000 hab. (B. N., ms. Clairambault 474, f° 63). Le mémoire de 1698 dit qu’ « autrefois » il y avait plus de 80 000 hab., mais que depuis la mortalité de 1693-94 et la sortie des religionpaires, ce chiffre est tombé à « environ 60 000 » (B. N., fr. 4 286, f° 13). En 1722, de Masseville calcule, à l’aide du nombre des communiants de chaque paroisse, que la ville a « près de cent mille âmes » (Ætat géogr. de la prov. de Norm., |, 262). V. Gomboust, Rouen au XVII siècle, nouv. éd. par Frère, p. xxu1, et de Beaurepaire, dans les Mém. Soc. antiquaires Norm., 1872.
1. Les indications données ici sur la ville et ses monuments sont brèves et n’ajoutent rien aux nombreuses descriptions contemporaines que nous connaissons, comme celles de Fonteny (1631), Gomboust (1655), Farin (1° éd., 1668), Thomas Corneille (1708), Piganiol de la Force (1715), etc. V. Dubosc, Rouen monumental au XVII® et au XVIII® siècles, Rouen, 1897, et du même : Rouen d’hier et d'aujourd'hui, Paris, 1908. Sur le palais de justice, v. quelques indications dans un ms. d'Alexandre Bigot, de 1642 (B. Nat., fr. 22 456, p. 19-21) et G. de Stabenrath, Le palais de justice de Rouen, Rouen, 1895, in-8. Sur l’abbaye de Saint-Ouen, v. une série de vues de la fin du xvr1° siècle dans le Monasticon Gallicanum, 64. Peigné-Delacour, t. IL, pl. 121 à 128. Autres vues et plans Bibl. Nat., Est., Va 380 et 449. On trouvera des descriptions dans Hippeau, t. IX, p. 215 et suiv.
2. Ce pont de bateaux, succédant à l’ancien pont de pierre écroulé (voir Deville, Rech. sur l’ancien pont de Rouen, dans Précis anal. trav. Acad. Rouen, 1831, p. 166-173), avait été construit de 1626 à 1630, sur les plans du Frère Nicolas. (L'acte d’adjudication de la construction, du 3 mars 1625, est à la Bibl. Nat., LK 7 8485). Il se composait de 21 bateaux supportant un plancher de 270 pas de longueur; on l’ouvrait la nuit pour donner passage aux navires, et on le démontait l'hiver pendant la débâcle des glaces (Duplessis, Il, p. 17; Farin, I, p. 163; Piganiol de la Force, 2° éd., V. 379-80; Saugrain, Dictionnaire universel, Paris, 1726, t. II, art. Rouen; Gomboust, Descript. de Rouen, nouy. éd. p- 12). I fut à plusieurs reprises emporté par les crues, par ex. le 8 février 1635 (cbid.), le 25 janvier 1670 (B. Nat., mss Ein Cents Colb. 275, f° 207, v°). Son entretien était fort onéreux pour la ville, et es échevins s’en plaignaient dans leurs comptes-rendus (Félix, Comptes-rendus des échevins de Rouen, II, 173, 195, 223, etc.). Les échevins, en 1659, estiment à 10 000 1. le coût annuel de l’entretien du pont. (V. aussi de Beaurepaire, dans Bull. com. antig. S. Inf., t. VIII, p. 111-116 et t, XII, p. 247-256, et une lettre de Pellot à Colbert du 18 avril 1670, B. Nat., mss Mél. Colb. 176, f° 99).
À partir de 1660, on entreprit de démolir les restes du pont de pierre qui gênaient la navigation (Duplessis, II, 17, et Farin, 1, 166). On y travaillait activement en 1665 (Lettres de Fermanel, B. Nat., Mél. Colbert 131, f° 153, et 132, f° 332). En 1667 encore on y prenait de la pierre pour les travaux du Havre et de Pont-Audemer (Ibid., 143, f° 211). Sur les nombreux projets de reconstruction au xvri° siècle, x. le mémoire de 1698, B. Nat., fr. 4 286, f° 12, v°).
Il y a 22 fontaines publiques « de fort bonne eau‘ ».
Les couvents de religieux et religieuses de tous ordres sont nombreux (énumération)?. .
Pour la police, il y a un corps spécial, la Cinquantaine, composée de 50 cavaliers qui
« font la ronde toutes les nuicts dans la ville au nombre de 20 ou 25, et du jour # font la recherche des vagabonds, et, lorsqu'il faut aller a la campagne, sont obligez de monter a cheval. Il ÿ a encore la compagnie des 104 arquebusiers qui ont esté creés parce que la Cinquantaine n’estoit pas assez forte pour procurer la seureté publique dans la ville. Les uns et les autres sont aussy employez pour l'exécution des ordres de justice par les cours souveraines et par Messieurs les Intendans. Ils jouissent les uns et les autres des mesmes privileges, dont le principal est de pouvoir tenir par leurs mains leurs biens de la campagne sans estre imposez a la taille*. »
2° Drigppe. — Importance de la ville par son port, dont la
1. Sur les fontaines de Rouen, v. notamment Farin, I, chap. x1; Duplessis, IL, p. 21-23; Gomboust, Description des antiquitez et singularitez de la ville de Rouen, éd. Frère, introduct. De Beaurepaire, dans le Bull. de la comm. des antiq. S. Inf., t. IV, p. 367. Entre 1659 et 1662, d'importants travaux ayaient été faits aux fontaines (Félix, Comptes rendus des échevins, Il, 233-4). Le mémoire de 1698 indique 35 fontaines (ms. fr. 4 286, f° 12). Les travaux de voirie seront activement poussés par le président Pellot : v. ses lettres à Colbert dans Depping, Corresp. admin., I, p. 815 et 846, et III, 220.
2, Cette énumération n’ajoute rien à ce qui est donné dans les descriptions de la ville citées plus haut et par Farin, V° et VI° parties.