‹ Mémoire sur la Généralité de RouenChapitre 164 sur 228 · Lettre de Voysin à Colbert, 5 juin · texte numérisé non relu

Lettre de Voysin à Colbert, 5 juin

« J'ay veu le sieur Le Vasseur, sieur de Beauplan que je vous avés envoyé, suivant l’ordre que vous m'aviés fait l'honneur de me donner, pour vous presenter la carte qu’il a faitte de la Normandie dont il m'a dit que vous luy avés tesmoigné estre satisfait et que vous avés estimé que cet ouvrage meritet d’estre donne au public et que pour cela vous luy avés ordonné de vous envoyer le mémoire de la despense qui sera necessaire pour la faire graver, et que vous luy avés fait esperer que Sa Majesté oret agréable de la fournir ; et mesme de la grattifier de quelque pension. Il a souhaitté que j'eusse l’honneur de vous présenter le memoire qu'il en a faitet quila mis dans le paquet cy-joint.…

.. J’ay fait encor examiner son ouvrage depuis son retour par une personne fort intelligente qui le trouve fort accomply. Il paroist avoir grande

Saint-Brieuc, en train d'arpenter la province!; mais en même

temps il faisait travailler à la gravure de sa carte. Le graveur était Jean Toutain, de Rouen; un ami de Beauplan, le sieur Des Essarts, médecin à Rouen, surveillait l’ouvrier. Le 28 juillet, Beauplan prie Colbert de faire payer le graveur « afin qu'il continue a travailler a la carte de Normandye, pour la finir promptement? ». Le 6 août, Des Essarts rend compte à Colbert de l’état du travail. La carte « sera belle, bien exacte et bien gravée, a quoy faire je m'employe de tout mon pouvoir. Le graveur... n’y espargne ny temps, ny industrie et a quitté tout autre employ dans le dessain qu'il a, Monseigneur, de vous contenter et satisfaire, et ce qui l’encourage est que je luy ay promis qu'il n’atendroit point après son argent, et luy ay faict voir une lettre que j'ay receue de M. Talon par laquelle il me mande que j’aye a tirer sur luy, a veue, la somme de 300 I. laquelle il a receu a bon compte pour laditte graveuref ». Beauplan de son côté se déclare satisfait du travail‘; au début de 1666, ayant interrompu sa besogne de Bretagne à cause de l'hiver, il vient à Paris présenter un fragment de la gravure à Colbert”; au début de juin, Colbert lui fait payer une gratification de 1 200 L., qui le remplit d’aisef.

Un contretemps était cependant survenu : le graveur, ayant la vue fatiguée, avait dû interrompre son travail’. Il le reprend à la fin de juin, mais désormais il va très lentement. Colbert lui écrit en vain pour le stimuler. Le 21 septembre, Des Essarts rend compte de ce qu'il a fait : six des plus grandes planches, sur douze, sont ürées; Toutain demande de nouveaux crédits $. A partir de cette

os de travailler au plustost a faire une pareille carte de ia province de relagne come vous luy avés ordonné » (Mél. Colbert 130? £° 1 007).

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