INTRODUCTION. XXIII
différences telles, qu'on ne peut admettre qu’il les ait utilisés !.
Il reste donc l’hypothèse que Voysin s’est servi de mémoires manuscrits, rédigés par des personnes compétentes en chaque matière particulière et qu'il avait à sa disposition. Cette hypothèse est confirmée par l’étude du texte. Les différentes parties du mémoire, en effet, présentent entre elles des contradictions et des discordances qui ne peuvent s'expliquer que par l’utilisation de sources hétérogènes. En‘voici des exemples :
Au chapitre premier, Voysin dit que la rade de Dieppe « est esloignée [du port] de trois-quarts de lieue »; au chapitre v, il dit : « environ une lieue ». Au chapitre premier encore, il insiste sur les avantages exceptionnels du port du Havre, dont on pourra faire, dit-il, « un port royal pour la retraicte des vaisseaux des Indes », tandis qu'au chapitre v, il prône Dieppe par-dessus le Havre : « la rade est estimée..., beaucoup meilleure que celle du Havre-de-Grâce; la profondeur du port en est aussy beaucoup plus grande? ». Le vicomte de Neufchatel, « en mesme temps receveur des tailles » s'appelle à un endroit, Mouchard (p. 104), et à un autre, Boullient (p. 129, n. 4). — M. de Montigny à un endroit est gouverneur de Dieppe (p. 74), à un autre, il n’est que lieutenant (p. 69). M. de Panneville a épousé tantôt « la fille du feu sieur Cavelet, président au presidial » (p. 75), tantôt « une fille de M. de Sourdiat » (p. 68). M. de Lestendart a, ici, de vingt à vingt-quatre mille livres de rentes », (p. 75), et là 24000 I. (p. 69), etc. Les renseignements de même nature ne sont pas donnés de façon uniforme : les chiffres de revenus font défaut pour toutes les paroisses du Vexin francais; la liste des cures elle-même manque pour les parties des diocèses d’'Evreux et de Lisieux comprises dans la généralité. Au chapitre de la justice, la liste des officiers est donnée pour certaines vicomtés et
1. Les chiffres de revenu des bénéfices ne sont pas ceux du pouillé de 1648; il ne donne pas ceux des bénéfices du Vexin français, alors qu'il aurait pu les trouver dans le pouillé; les détails historiques qu’il donne sur les principales abbayes ne figurent pas tous dans les livres du temps; son exposé du privilège de Saint-Romain offre des variantes par rapport à ceux de Farin, de Pasquier, de Dom Pommeraye, etc. L
2. Ms. A, fol. 167. Je n’ai pas donné ce passage dans les extraits.