Sur l’élu de Pontoise, v. ci-dessous, p
3. Cf. Papire Masson, Descriptio fiuminum Galliæ, Paris, 1618.
k. Vauban, vers 1698, pense qu’on pourrait rendre l'Eure navigable jusqu’à Chartres par des écluses et un canal latéral (Mém. sur la navigation des rivières, dans Mémoire de l’intendant de Paris, p. 403). En 1681, Colbert fait travailler l'ingénieur Poitevin à l'aménagement de la rivière (Clém., IV, 532 et 553). :
5. Une gribanne est « une sorte de barque ordinairement bâtie à sol, et qui est depuis 30 jusqu’à 60 tonneaux... [Elle] porte un grand mât, un mât de misène sans hunier, et un beaupré; ses vergues sont mises de biais comme sur celles de l’artimon » (Dictionnaire de Marine, La Haye, chez Adrien Mætjens, 4° éd., 1742, au mot gribanne).
6. La Rille fut aménagée après Colbert. En 1687, Montmort constate qu’elle peut porter jusqu'à Pont-Audemer « des barques et gribannes jaugeant jusqu’à 40 et 50 tx ». (Bibl. Serv. hydrogr., ms. 971, # 106). Mais en 1698, La Bourdonnaye écrit que les travaux « n’ont pas eu le succès qu’on en avoit attendu » (ms. fr. 4 286, f° 10 v°). Les projets de Vauban vers la même date
k GÉNÉRALITÉ DE ROUEN.
Roncheville, « des vaisseaux tirant cinq pieds et demy d’eau et portant 40 ou 45 tonneaux, a trois poinsons pour thonneau! ». La Dive « porte batteaux jusques a Varaville et quelquefois jusques a Saint-Clerc; les vaisseaux y tirent cinq pieds et demy d’eau et portent 40 ou 45 tonneaux ».
Les améliorations à faire aux ports de la généralité sont exposées en détail par Voysin. Il énumère d’abord les conditions que doit remplir un bon port? :
« Premierement que la rade soit au respect de l’entrée du havre au sud ou au sud-ouest, parce que le flot qui vient de ce costé-la conduit de soi-mesme les vaisseaux au port. Secondement, que la mer s’y retire peu, parce qu'il s’y trouve plus de profondeur et que l'on n’est pas obligé d’y avoir tant d’espics pour empescher qu'il ne se bouche. Troisiesmement, que le plain de la mer au temps d’une vive eau soit entre les huit heures du matin et les quatre heures apres midy, parce que les grands vaisseaux n’entrans que de vive eau ne pourroient pas entrer que dificilement et avec peril l'hiver apres quatre heures du soir qu'il faict nuict, ny avant huict heures du matin, ne faisans pas encore jour. Le port de Saint-Malo a ce deffeut, il y a tousjours dix pieds d’eau de difference de la vive eau a la morte eau... [suivent quelques généralités sur les marées]. Quatriesmement, qu'il y puisse monter de morte eau 15 a 20 pieds d’eau. Cinquiesmement, que son plain puisse tenir du moins deux heures, afin que les vaisseaux ayent du temps pour entrer. Sixiesmement, que les vaisseaux puissent sortir du havre des vents du nord, no-nordest, nordest, est-nordest, qui sont propres pour sortir de la Manche. On se sert aussy pour en sortir des vents depuis le sudest jusques a l’est.
« Il faut aussy qu'il y ayt une bonne rade, laquelle ayt un bon fonds, qu'elle ne soit, sy faire se peut, esloignée de la terre qu'a portée du canon, afin qu’elle en soit deffendue, et qu'elle soit scituée a l’esgard du havre en sorte que, la mer montant, le mouvement du flot conduise le vaisseau qui est a la rade droict au port. L'on pourroit encor desirer qu’elle fut couverte des mauvais vents, qui sont depuis le sud-ouest jusques au nord. On peut avoir tous ces advantages en la Hague en Basse-Normandie, mais il n’est [pas] possible d’y fermer le port *. A l’esgard du fonds de la rade, il y en
pour la rendre navigable jusqu’à Beaumont-le-Roger (mém. cité, p. 402) n’eurent pas de suite, car en 1704 iln’y a que les « petites barques » qui peuvent, avec la marée, remonter jusqu’à Pont-Audemer (Th. Corneille, Dictionnaire, art. Pontaudemer; Canel, Hist. de la v. de Pont-Audemer, t. I, chap. xxvr).
1. Réparations faites au lit de la rivière en 1682 (Clém., IV, 534 et 550). Vauban pense qu’elle «se peut accommoder jusqu’à Lisieux » (mém. cité, p.405).
2. Je donne ce développement in extenso en raison des particularités qu’il renferme sur les ports de Normandie. À comparer avec les conditions géné- ‘ales d’un bon port dans le P. Fournier, Hydrographie, éd. 1667, p. 47-9.
3. Les avantages de La Hougue sont signalés à Richelieu dans un mémoire anonyme, sans date, sur les ports de Picardie et de Normandie : « Ce lieu paroist le plus propre de tous ceux qu’il y a en toute la coste pour faire un
a de trois sortes : le premier est un fonds de vase ou terre, qui est le meilleur que l’on scauroit trouver, et en une rade qui a un tel fonds, avec huict ou dix brasses d’eau, un vaisseau coulleroit plustost sous ses ancres que de charier. Le second est un fonds qui est en partie terre et en partie sable, lequel est moins bon, et qui neantmoins ne laisse pas que de passer pour bon. Le troisiesme est un fonds qui est tout de sable, lequel est encore moins bon que le second, d'autant que, de grands vents, les ancres peuvent charrier, ce que ne peut faire un fonds qui est de terre ou vase ou mesme meslée de sable, car pour ceux qui ont un fonds de roche, ils doivent passer pour mauvais, arrivant de grands temps que les cables se couppent contre les roches, et mesme que les ancres se rompent, ce qui cause la perte des vaisseaux, qui sont incontinent Jettez en coste. À
« Tous les havres de Normandie sont havres de marée et ou mesme l’on n'entre que de vive eau, exepté la fosse d'Omonville en Basse-Normandie, ou l’on entre non seulement de toutes marées, mais a toute heure; et lorsqu'il y a le moins d’eau, il y en reste seize pieds a l’entrée et 12 en la fosse, laquelle peut contenir 30 vaisseaux de guerre.
« Les ports qui sont dans la generalité de Rouen en commençant du costé de la Picardie sont :
« LE TRESPORT qui est un lieu a l’emboucheure de la riviere d’Eu assez propre pour y faire un havre, et ou il pourroit entrer des vaisseaux de cent tonneaux ?. Comme le pays est haut, il n ÿ monte pas plus de quatre brasses d’eau de grande mer. Sa rade est bonne et est a demie lieue; le fonds n’est que de sable, a cinq ou six brasses d’eau — Une brasse contient cinq pieds —. Il ny a en ce port que des vaisseaux pescheurs qu'on eschouent sur le gallet pour les mettre a couvert de la tempeste ?.
ort », n’était le fonds de sable perméable qui empêche d’y retenir l’eau, de
asse mer (Bibl. du Service hydrographique de la marine, ms. 970, art. xxv.) Cf. le Dictionnaire de Th. Corneille à ce mot. V. les nombreux plans et cartes de la baie, avec des projets d'aménagement, Arch. du Serv. hydrographique de la marine, portef. 37.
1. Sur cette fosse, v. les cartes des Arch. du Serv. hydrogr., portef. 37.
2. Cf. la description du port en 1664 par Clerville, ci-dessous, appendice JT. Voysin omet de signaler qu’il est obstrué par les galets. Cet inconvénient, qui est capital, est relevé dans le rapport de M. de Montmort, chargé d’inspecter les côtes de Normandie en 1687 : « Sans une jettée du costé du nord-ouest, qu’il est très nécessaire d’y construire, le dit port sera dans peu entièrement bouché » (Bibl. Serv. hydrogr., ms. 971, f° 33). Montmort estime seulement à 7 ou 8 pieds la hauteur habituelle de l’eau par haute mer.
Voir une carte du port à l’époque de Richelieu, avec un projet de travaux à exécuter, Bibl. Serv. hydrogr., ms. 970, n° 10; une autre du temps de Colbert (s. d.), cbid., ms. 967, n° 9; celle de l’enquête de Montmort en 1687, cbid., ms. 971, f° 38, très détaillée, et toute une série de cartes, la plupart du xvrr1° siècle, aux Arch. du Serv. hydrogr., portef. 36, divis. II. Une lettre du gouverneur du Tréport, M. de Lannoy, à Colbert, 22 déc. 1664, lui vantant les avantages du port, est publ. dans Depping, Corresp. admin., IV, p. 29. Pour l’état actuel, voir Ports marilimes de France, publ. par le Ministère des Travaux publics, t. 1 (1874), p. 413-445 (notice de Lavoinne).
3, Cf, un rapport du lieut. de l’amirauté du Tréport, du 11 avril 1665, sur la décadence du port, causée par les pestes successives et « la misairo de la
« CRIELLES est a un bon quart de lieue de la mer; il y a aussy de petits basteaux pescheurs qui s’eschouent sur le perré.
« Dieppe est un fort bon havre a l'emboucheure de la riviere d'Arques, ou il peut entrer des vaisseaux de 5 a 600 tonneaux’, moyennant qu'on empesche que son entrée ne se bouche, ce qui est facille par le moyen des espics? que l’on faict a l'entrée du havre. Il monte de grande mer cinq brasses d’eau; son plain ne dure que demie heure, d'autant que la riviere d’Arques qui passe au travers du havre faict retourner la mer presque aussytost qu’elle est montee,
ce qui faict que les vaisseaux ont peu de temps pour entrer au havre *,.
« Sa rade est une des meilleures qu’on puisse trouver, ayant huict brasses d’eau et un fonds argilleux, elle est esloignée de trois quarts de lieue au nordouest *. Ses marées sont sud-sudestet nor-nodouest, c'est-a-dire que lorsque la lune se trouve en l’un de ces deux vents (que) la mer y est pleine, et que lorsqu'il est nouvelle ou pleine lune, la mer est pleine precisement a dix heures et demie a Dieppe. La mer s'y retire d'un quart de lieue. Les vents propres pour y entrer sont nordouest, nor-nordouest et nord, et pour en sortir le sud, sud-sudest et est-sudest *.
guerre qui a tousjours continuée de causé le deperissement des jettées, palissaddes, perte de vaisseaux qui ont esté pris » (Bibl. serv. hydrogr., ms. 271, fes 19-23).
1. Un plan du port est annexé au manuscrit A, f 8'#: il est détaillé et sa date le rend précieux. V. une série d’autres plans du xvn° siècle : aux Arch. serv. hydrogr., portef. 36, divis. IL (la pièce 2 était probablement annexée à un rapport de Duquesne sur le port en 1668; v. ce rapport cd. cart. 18, sect. 6); la pièce 7 semble être de Lebocage .Boissaye, qui travailla sous les ordres de Voysin (cf. ci-dessous, p. 10, n. 4); à la Bibliothèque du Serv. hydrogr., mss 970, n° 12 (pour Richelieu), 967, n° 13 (pour Colbert), 971, f 52 (Enquête de Montmort, 1687), 945, n° 9 (pour Pontchartrain); à la B. N., Est. Va 390 et L49, et Gaignières, n° 5882-5. Voir aussi Collection de mémoires et de plans relatifs au port de Dieppe, publ. chez Oursel, à Rouen, 1790, in-#, et Ports Maritimes de la france, publ: p. le Ministère des Travaux publie, t. I (1874), p. 451-507, et atlas.
2. Cf. la description de ces épis par l'ingénieur Madiot, envoyé pour inspecter le port du Havre en novembre 1662, Arch. serv. hydrogr., cart. 18, sect. 21, et, sect. 9, les plans et devis du charpentier Gouye, en 1670-72. Cf. aussi Asseline, Les antiquités. de Dieppe, t. IE, p. 351-2.
3. Cf. sur le régime des marées à Dieppe, Ports Maritimes de la France, t. I, p. 454-7.
k. Uette rade est pareillement vantée par Clerville dans son rapport cité à la note qui suit; aujourd’hui elle est au contraire considérée comme mauvaise par les marins (Ports Maritimes de la France, t. I, p. 452).
5. Sur l'état du port, cf. le mémoire présenté à Richelieu, Bibl. Serv. hydrogr. marine, ms. 970, n° 12; le rapport du chevalier de Clerville en 1664 publ. par Bréard, avec la date erronée de 1701 (Mel. de la Soc. de l'Hist. de Normandie, L. I, p. 255 suiv.); l'enquête du lieutenant de l’Amirauté en 1665, Bibl. Serv. hydrogr., ms. 271, et l'arrêt du conseil du 23 sept. 1666 (Rec. des privil. de Dieppe, p. 266); le rapport de Duquesne, du 15 avril 1668, Arch. serv. hydrogr., cart. 18, sect. 6; l'enquête de M. de Montmort en 1687, Bibl. serv. hydrogr., ms. 981, f® 39 et suiv. V. aussi l’/ydrographie du P. Fournier, éd. de 1667, liv. XIX, ch. xzvr.
Voysin avait visité le port à différentes reprises : cf. ses lettres à Colbert ‘dans Depping, Correspondance administrative, XX, 835-7 et 688-9. Colbert travaillait, depuis plusieurs années, à développer le commerce de Dieppe.
« VEuLLES ! est un grand bourg ou il n’y a point de havres, mais seullement des eschouages pour les batteaux pescheurs. Il y a un ruisseau qui commence au dessus du bourg. La rade est a demie lieue, ou l’ancrage est bon.
« SAINT-VALLERY EN CAUXx est aussy un bourg ou il y a un petit havre. Il y peut monter des vaisseaux jusques a cent thonneaux — Le thonneau c'est le poids de deux mil livres. — Et d'autant que la terre est haute, il n’y monte que quatre brasses d’eau; le port est petit et ne peut contenir au plus que 40 petits vaisseaux, et comme il est neglige, on le laisse le plus souvent boucher. La mer ne s’y retire pas tant qu'a Dieppe, d'autant que la terre est plus haute que celle de Dieppe, c'est pourquoy il n'y monte pas tant d’eau. Il y a des barres ou escluzes, ou l’on retient l’eau de grande mer dans un petit fonds, et puis quant la mer est retirée on ouvre ces escluzes, et l’eau s’escoulant reince le havre et desbouche l'entrée. Comme il n'y à point de traffiq dans ce bourg, aussy ont-ils negligé de faire jouer les barres, ce qui faict que le havre demeure le plus souvent bouché et, estans reduits a la pesche ?, ils ayment mieux eschouer leurs batteaux sur le perré que de nettoyer le havre. La rade est bonne a demie lieue au nordouest comme est celle de Dieppe*.
« VITTEFLEUR, ou la vallée de Palluel, ou Claquedent, est une belle ou profonde vallée par ou passe une forte et roidde rivière“. On pourroit en ce lieu, si l'on en voulloii faire la despence, y construire un bon havre et un grand bassin. Sa rade est de mesme que celle de Saint-Vallery a demie lieue ou trois quarts de lieue au nordouest. La mer s'y retire bien un quart de lieueÿ.
« Depuis ce lieu il y a plusieurs petits ports d’eschouages qui
1. Cf. L. Prévost, Recherches historiques sur la ville et la vallée de Veules (S. Inf.), Paris, 1888, in-18.