‹ Mémoire sur la langue de JoinvilleChapitre 23 sur 55 · Voy. aussi {Credo, p. 534) l'infinitif con^werre · texte numérisé non relu

Voy. aussi {Credo, p. 534) l'infinitif con^werre

trouvé huit fois otroi, ottroi, ostroi, outroy et outrei; puis, avec suppression uniforme de Ye final, acort, lo ou loii, doing, coniman et repors. Ces deux derniers mots seraient plus régulièrement écrits commant et report; mais l'omission ou l'altération de la dernière lettre du radical atteste d'autant plus l'habitude où l'on était de ne pas la faire suivre d'une voyelle finale, qui en eût rendu la prononciation plus sensible. La seule exception que j'aie à signaler est fournie par le verbe Jc^ conferme (U 9, etc.). On trouve dans l'Histoire plusieurs verbes qui sont encore écrits conformément k l'usage ancien, merci, p)7H, commant, deY}%ant, tesmoing et doins au lieu de doing. Je crois qu'il faudrait en outre, d'après ces exemples, y mettre lo, conseil, etc. au lieu de loe, conseille, etc,

La première personne du singulier se termine aujourd'hui uniformément par une s dans les trois autres conjugaisons, tandis que cette finale n'apparaissait guère autrefois que dans les verbes dont le radical se terminait, ou par cette lettre même, ou par un équivalent. Ainsi, à cause du c adouci de facio et de la combinaison de 1'^ et du c de cognosco, on disait, comme les chartes l'attestent, fais ou faiz, fas ou faz et connois; mais on y trouve consant, tieng, reteing , doi, mieil, vuieid, viiel ou vuil, di, promet. J'ai noté également dans l'Histoire tieing, retieing, vest, ramentoif, sai, twi, viteil ou veil, ahsoil^ croi, di, descent, entent, pleing, rent, requier; ce qui autorise à ne pas conserver dans d'autres passages retiens, ramentevoiz, asolz, diz, descens, prens, rens, et en général à faire disparaître 1'^ finale de tous les verbes où l'étymologie n'en autorisait pas l'emploi. Cette distinction est justifiée par le Credo, où j'ai noté, d'une part, Je concis (p. 532), et de l'autre, croi-je (p. 510).

Cette consonne finale devait naturellement reparaître à la seconde personne du singulier, et à défaut des chartes, qui n'en fournissent pas d'exemple, on en peut trouver un assez grand nombre dans l'Histoire.

Dans l'origine, le t final caractérisait la troisième personne du singulier pour toutes les conjugaisons ; mais en ce qui concerne la première conjugaison, les chartes n'en fournissent plus qu'un seul exemple demouret (R 34), et cet exemple unique est con-

tredit pour le même mot dans la même charte ^ Les autres chartes prouvent que l'usage était déjà établi de prendre Ve muet pour finale; c'est ce que l'on trouve aussi dans l'Histoire. Pour les trois autres conjugaisons, l'unique finale est le t; il remplace le cl du radical dans les mots tels que defftmt, prent, et paraît même dans at et vat sans exclure pourtant les formes a et va^.

J'ai noté dans l'Histoire quelques verbes terminés en on au lieu de ons à la première personne du pluriel; quant aux chartes, elles ne contiennent que la terminaison qui prévaut aujourd'hui^. On n'y trouve pas d'exemple de la seconde personne, mais tout annonce que les désinences actuelles étaient déjà en usage, et qu'il n'y a rien à modifier, sur ce point, à l'orthographe suivie dans la lettre de 1315, comme dans les manuscrits de l'Histoire et du Credo.

A l'égard de la troisième personne (sauf dans quelques verbes comme sont, ont, font, vont), on peut dire que la finale ent était déjà consacrée : seulement je dois noter que, par. exception, on a écrit doiet au lieu de doient pour dowent, ei poet au lieu de poent pour peuvent, dans une charte de mars 1264 (J 8 et 14), ce qui est analogue au subjonctif joa^V'^ au lieu de paient, que Joinville a écrit de sa propre main au bas d'une charte de 1294 (U Sl)^.

17°. IMPARFAIT DE l'iNDICATIF.

La terminaison régulière et habituelle de la première personne du singulier était, dans les chartes, pour toutes les conjugaisons oie. Les îoytciq^ pooiee et devoiee (L 10 et 72) ne sont que des exceptions à des exemples nombreux et concordants. Ce même

1. Le Credo fournit im autre exemple du t final à la troisième personne du singulier, dans la forme contracte lait du verbe laisser (p. 520).

2. Il y a dans l'Histoire et dans le Credo quelques exemples des finales st, substituées au simple t : je citerai emplist dans l'Histoire, puis gis! et occist dans l'un et l'autre texte. La charte de Vaucouleurs emploie cette double finale pour le verbe vest. La forme occis! est la seule que ne justifie pas l'étymologie latine.

3. Il faut eu excepter pour le verbe être les formes somes, sommes, soiwies et soumes, avec lesquelles on voit concourir par exception sons (X 57) et suns (K8).

4. On peut rapprocher de ces exemples ceux que je citerai tout-à-l'heure pour la troisième personne du pluriel de l'imparfait de l'indicatif.

usage est fréquemment attesté dans l'Histoire, où l'on rencontre aussi quelquefois aie y oi et ai; mais il n'est pas douteux qu'on ne doive rétablir partout la finale oie.

La désinence de la seconde personne , qui ne se rencontre pas dans les chartes, devait être comme, dans l'Histoire, oies. Pour la troisième, on trouve uniformément oit; par exception seulement l'Histoire présente aussi la forme et, qui doit être supprimée.

Pour la première personne du pluriel, l'Histoire fournit deux désinences : ions ou quelquefois ion, et iens ou quelquefois ien. Les chartes ne contiennent point un seul exemple de la terminaison ions; mais on y trouve seulement iens ou les équivalents eiens, iemes, et moins régulièrement iesmes. La forme iemes, qui paraît la plus ancienne, est aussi la plus rare; il faut donc préférer la désinence iens , qui se retrouve souvent dans l'Histoire ^ Ce même texte emploie régulièrement, pour la seconde personne du pluriel la désinence iés ou iez, et pour la troisième oient. J'ai noté une fois dans l'histoire estient au lieu de estoieyit; mais ce n'est peut-être qu'une faute de copie. Les chartes de mars 1264 et d'octobre 1266 contiennent au contraire la désinence oiet , substituée sciemment, quoique par exception, à la forme habituelle oient, dans les verbes estoiet, voloiet, lisoiet, lasoief, faisoiet (J 10 et 19, L 20 et 29). Au lieu de avoient et de pooient, on trouve dans deux autres chartes avoent ei pooe7it (E quater 10, L bis 14). Mais les exemples de la finale oie^it sont tellement nombreux qu'on ne doit point hésiter à la conserver sans mélange dans le texte de l'Histoire.

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