C'est la seule dont le Credo offre quelques exemples
disparaître; il ne faut pas non plus tenir compte d'un exemple unique de l'a substitué à Y ai dans otroia (p. 78). C'est ainsi encore qu'à la troisième personne du singulier le copiste a écrit une fois envoi au lieu de emwia (p. 304, n. 2).
Pour la deuxième conjugaison, la première personne du singulier, contrairement à l'usage actuel, n'admettait guère d'5 finale. Les chartes faisant ici défaut, il suffit de remarquer que dans l'Histoire, comme dans le Credo, cette orthographe est constatée par de nombreux exemples : ainsi je trouve dans le Credo (p. 518), je di, je in en eshahi; dans l'Histoire : je menti (p. 16), je oiivri (p. 254), je ting (p. 16),jereving (p. 80). Il est vrai qu'on y trouve aussi Je revins (p. 170); mais c'est une exception contredite par les exemples nombreux de reving et de vin g. Toutefois il est possible qu'on eût écrit je moriis aussi bien que Je moru.
Il n'est pas douteux que Y s ne dût toujours terminer la seconde personne du singulier. A la troisième, le t final paraît après Yu dans il moriit, et après in dans tint, vint; au contraire après Yi on ne le rencontre pas, en sorte que les prétérits de cette terminaison ont la troisième personne du singulier semblable à la première.
Au pluriel, les formes actuelles étaient établies : toutefois à la forme contracte vinmes on préférait venimes, écrit quelquefois mais rarement venismes ; en outre au lieu de vinrent, employé dans la lettre de 1315, il y a dans l'Histoire et le Credo de nombreux exemples de vindrent comme de tiiidrent.
Les 'formes du prétérit défini de la troisième conjugaison paraissent avoir été très-variables dans la langue de Joinville. Les chartes fournissent seulement deux exemples, qui se rapportent à la première personne du singulier du verbe voir, écrite vis en 1292 et veiz en 1294 ; dans l'Histoire, au contraire, on rencontre presque toujours vi sans s ni z final. L'une et l'autre forme peuvent avoir été simultanément en usage, et il est plus sûr de les conserver toutes deux, d'autant plus que dans l'Histoire même, l'emploi de cette s finale est implicitement attesté par la forme vist qui paraît quelquefois à la troisième personne du singulier, et par la forme veismes qui est beaucoup plus fréquente qweveimes, à la première personne du pluriel. Outre jevi, j'ai noie je soy pour je sus (p. 398), et je ramentu (p. 118). Mais pour les verbes vouloir et asseoir, le z et Y s
paraissent constamment à la première personne du singulier, je voidz {^. 254), plus ordinairement y e ro;r (p. 78, 82, etc.), je m'assis (p. 270 et 338).
A la troisième personne du singulier, j'ai noté sans t final arcli et chai ou chei dans l'Histoire ; le t final y paraît uniformément après l'o et Vu, comme danspo^ sot, miU,2^arut ; on le trouve aussi après Vi dans vit : le Credo fournit des exemples analogues.
Je trouve encore dans l'Histoire, par exception et probablement aussi par erreur, meiist, à quoi il faut préférer l'orthographe ordinaire nn.tt K Pour le verbe ass€oi7\ au contraire, je crois qu'il faut conserver la forme asist (p. 24), d'où dérive assistrent (p. 112), à la troisième personne du pluriel. On retrouve, en effet, pour plusieurs verbes de la quatrième conjugaison, cette corrélation entre les finales ist et istrent.
A la première personne du pluriel, on rencontre les finales en eûmes et en eimes, comme peumes et veimes, ou trèssouvent veismes. A la troisième personne, outre la finale istrent dont j'ai parlé tout à l'heure, j'ai noté les finales irenty orent et tirent^ dans virent, vorent (pour voulurent) et valurent. Les finales orent et eureyit se rencontrent tour à tour dans les verbes pouvoir et savoir : la première, qui est la plus fréquente, servait aussi pour le verbe avoir.
Beaucoup de verbes de la quatrième conjugaison se comportent au prétérit comme ceux de la seconde : ainsi j'ai noté dans THistoire, à la première personne du singulier, sans s finale, les verbes ceingny, entendi, rcspondi, cognu et cru. Au contraire, 1'^ ou le z paraît à la fin de plusieurs verbes où rétymologie paraît avoir maintenu cette finale, comme dans diz ou deis, enqiiis, fiz ou feis, plains^, promis, trais \ mais on la trouve aussi dans prins et semons, malgré la forme des parfaits latins prehendi et suhmonui ; c'est peut-être à cause de la similitude des participes passés ^rm^ et semons, ou
1. Il n'y a pas de raison d'exclure la forme meut\ mais on ne peut admeUre meust, où rien ne paraît justifier la présence de Vs.
2. Hist. p. 271. Le z. final représente Yx âe planxi. Je trouve ailleurs (p. 238) je me pleing, mais c'est une faute du copiste qui a confondu la forme du prétérit avec celle de l'indicatif présent. On peut voir, en effet, pleing employé (p. 232) comme équivalent de plango.
de quelque analogie avec d'autres verbes où Vs finale était régulièrement employée. Quoi qu'il en soit, les finales st paraissent à la troisième personne du singulier dans prist et ses composés aprist, empristy entreprist, de même que dans les verbes dist, flsf, promist ; par la même raison on trouve la finale istrent à la troisième personne du pluriel pour pristrent et empristentj comme pour distrent, enquistrent^ mistrent.
Cependant, cette corrélation des finales ist et istrent n'empêchait pas l'emploi simultané d'autres formes, telles que dirent, mirent^, prirent, retrairent, enclorrent. Les prétérits enz, qui ne prenaient pas à's finale à la première personne du singulier, ne prenaient pas non plus de ^ à la troisième : c'est ce que l'on peut vérifier souvent pour respondi ^. Pour un même verbe, j'ai trouvé deux formes très-différentes à la troisième personne du singulier, rescout (p. 196) et rescoy (p. 150). A la première personne du pluriel on trouve les finales urnes et imes ou ismes, comme courûmes, feimes ou feismes, ce qui suppose, peur la seconde personne ut es et ites ou ist es.
En résumé, à défaut des chartes qui donnent trop peu d'exemples du prétérit défini, il est encore possible, dans certains cas, de reconnaître, à des signes certains ou probables, la forme originale à côté des formes plus récentes que le copiste a introduites. Mais, tout en s'appuyant quelquefois sur le manuscrit lui-même pour rectifier ce qu'il renferme d'évidemment contraire aux règles ordinaires, il faut apporter une grande réserve à ce genre de corrections, attendu que pour le prétérit surtout, les formes des conjugaisons sont restées longtemps 'flottantes, et qu'il n'est pas possible d'atteindre, sur ce point, à la même exactitude que pour d'autres temps.