‹ Mémoire sur la ligature extemporanéeChapitre 15 sur 21 · DESCRIPTION DE L’OPÉRATION · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE L’OPÉRATION

Comme dans la méthode ordinaire, l’opération se compose de deux temps distincts : division des chairs et division de l’os. Seulement , dans la méthode diaclastique , ces deux temps sont intervertis, et c’est par la division de l’os que l’on commence.

Premier temps. Rupture de l os. — Le malade étant couché sur le lit d’opérations et soumis au chloroforme , le chirurgien* détermine d’abord le point de l’os où doit être effectuée la rupture, et passant sous le membre le croissant muni de ses chaînes , il l’applique exactement sur ce point. 2° Il dispose ensuite, sur la face opposée du membre, les deux coussinets en bois, de manière que le point à fractures se trouve dans leur intervalle à égale distance de l’un et de l’autre, et place sur ces coussinets la barre d’acier qui doit servir de point d’appui à l’ostéoclaste. 5° Celui-ci étant fixé sur la barre, on y accroche les chaînons du croissant, et l’on fait mouvoir la vis. Par ce mouvement, le croissant est attiré contre le membre, et sous l’influence de cette pression énergique, l’os qui porte à faux sur les deux coussinets se brise en faisant entendre un bruit sec. i Pour éviter que dans cette opération la pression violente du croissant ne vienne à contondre la peau, le chirurgien protège celle-ci par un coussin formé de compresses en huit ou dix doubles. Cette simple précaution suffit toujours pour éviter la lésion de la peau, même quand il s’agit de l’os le plus résistant.

Deuxième temps. Division des parties molles. — Aussitôt que la rupture de l’os est effectuée, le chirurgien enlève l’ostéoclaste et procède à la division des parties molles. Celle-ci s’effectue en trois temps secondaires, que je désignerai sous le nom de constriction préparatoire; extraction de l’os; constriction définitive.

1° Constriction préparatoire. — Pour effectuer ce premier temps, on embrasse le membre dans l’anse métallique à quatre ou six travers de

doigt au-dessous de la fracture, suivant l’épaisseur du membre, puis on serre graduellement jusqu’à ce que la ligature soit arrêtée par la résistance de l’os.

2° Extraction de l’os. — Portant alors le bistouri à 5 ou i centimètres au-dessous de la ligature, on coupe circulairement les parties molles jusqu’à l’os; puis après avoir relâché un peu la constriction , on saisit la partie inférieure du membre et on lui imprime un mouvement de torsion sur son axe, pour extraire le fragment inférieur en déchirant ses adhérences musculaires.

5° Constriction definitive. — Enfin, quand le membre est détaché, on achève la section des chairs embrassées par la ligature, en portant la constriction à sa dernière limite. Lorsque l’opération a été conduite avec une sage lenteur, la plaie qui en résulte ne laisse pas suinter une goutte de sang , et le malade peut être immédiatement replacé dans son lit.

Quant au pansement, il doit être celui des plaies contuses; les cataplasmes, les simples compresses imbibées d’eau fraîche, ou bien les irrigations tièdes, conviennent mieux ici que les bandages compressifs et les bandelettes de diachylon.

En général, vers le troisième jour, il survient une tuméfaction inflammatoire assez considérable, puis la suppuration s’établit , les tissus se dégorgent , et la plaie se déterge pour marcher ensuite vers la cicatrisation.

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