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Mémoire sur la migraine

807p. On a réuni sous le nom de migraines, des affections éminemment différentes. Pour s’en convaincre, il suffit de lire la Nosologie de Sauvage, l’article Migraine du Dictionnaire des sciences médicales j etc. Depuis Ghaussier, on con^ sidère avec raison l’hémicranie comme une névralgie, qui, occupant un des côtés de là tête et spécialement les tempes, donne lieu à des douleurs continues où intermittentes, oi’dinairement intenses et dont la durée est variable. Le siège exclusif de la douleur sur un des côtés de la tête; les accès qu’elle présente, l’absence de lésions organiques auxquelles les observateurs aient pu la rapporter, donnent le plus grand poids à l’opinion de Ghaussier. On ne peut cependant pas confondre la migraine avec toutes les névralgies de la face. Gertes, elle diffère du tic douloureux et de l’odontalgie. Serait-elle, dans tous les cas, une variété de la névralgie sus-orbitaire? G’est ce qu’il est bien difficile d’admettre lorsqu’on tient compte

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de la marche des deux maladies. Du reste, il faut d’aBôrd s’eiitendfë sur' les hidts ; si pâr'hémicratiîe on veut désigner une douleur qui n’a son siège que sur un des côtés de la tête, toutes lès névralgies de cette partie peuvent mériter ce nom, puisque pi-esque toutes n’attaquent guère qu’une des moitiés du corps, sansrd<%a^!er la ligne médiane. Dans cette manière de considérer les faits, l’hémicranië ne serait qû’üne condition des doüleurs névralgiques. -Mais si l’ondésighe par là une affection spéciale ou ayant son siège dans l’œil, ou près de Pbeii, différénte d.eîtoutes les autres névral^es, SHiv le de; vomissemens qui soulagent, oessant après l’accès qui constitue la^maladie^ pour ne revemr le plus souvent qu’à de longs intervalles, il faudra la séparer des lésionsnévralgiques jusqu à present con^ nues, et en etudier avec soin les symptômes^ les signeset le traitementi. Qr, tel estlesujet de ee mémoire;, sujet qui présenté pour moi, d’autant plus d’importance, qu’il me paraît devoir éclaircir quelques points ded’hisloire des névrosés. Du reste,; je 'suis loin de considérer la lésion que je décris comme la seule que l’on doive déagner sous le nom de migraine; mais ce que j’affirme, c’est que J’ai souvent ohservc cëite névralgie, èt que l’histoire que je vais en tracer est entièrement conforme aux faits.

8080. L’affection que j’étudie me paraît être une névrose de l’iris, qui, d’abord bornée à cette membrane, bu plütôt àses nerfs, s’étend à de nombreux rameaux. nerveux y et est caractérisée par des troubles dans la vision, suivis de douleur,

dans l’œil, ou à la surface du crâne, de nausées et de vomissemens. ; •

809®. : On observe la migraine, la névralgie iriennéOLi ophtalmique, \b. monophlalmalgie, si l’on voulait admettre eette dernière dénomina-, tion, qui, toute barbare qu’elle est, exprime bien ma pensée, sur les individus dont la vue est faible, qu’une lumière vive éblouit facilement, qui demeurent dans un appartement obscurj chez ceux qui lisent ou qui écrivent beaucoup; chez les ouvriers qui menant une vie sédentaire, fixent longtemps des corps peu éclairés ou d’un petit volume. Les hommes de lettres, les employés, les ouvrières m dentelle, les demoiselles de comptoir qui ont beaucoup d’écritures à faire, les typographes, sont spécialement exposés à cette pénible afFection:. On la rencontre très-rarement chez ceux qui sont habitués à l’action d’une vive lumière , qui travaillent peu des yeux, et qui mènent une vie ac-r tivêi Le genre de vie que suivent les femmes est peut-être la cause qui fait qu’elles sont plus sujettes à la migpaine. G’est en général dans deux çonditions de l’estomàe que cette maladie sé déclare : ou bien lorsqu’il est rempli d’aîimens, ou lorsque la faim se prononce avec intensité. Il suffit, dans ces cas, du moindre travail de l’œil pour déterminer, chez ceux qui y sont sujets, la névralgie ophtalmique. Un médecin éprouvait fréquemment cette affection en faisant à deux heures une leçon dé médecine ; il avait l’habitude de déjeuner à une heure, de lire les notes écrites dans un caractère

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très-fin, en se rendant à l’amphithéâtre. Il cesse de faire cette lecture pendant huit jours : il n’a pas la migraine. Le neuvième, il relit ses notes : l’hémicranie reparaît. Il est un mois sans se livrer à celte étude, et, pendant un mois, il n’a pas cette affection, qui revient le jour où il recommence comme par le passé. Depuis, et il en a fait une multitude de fois l’expérience, il lui suffit de lire quelques lignes au moment de la digestion stomacale pour déterminer la névrose qui fait le sujet de ce mémoire.

8 io®. a Le docteur D..... a long-temps fait usage de vërres concaves du no loj il s’en trouvait parfaitement bien; mais, pendant un voyagé dans le fond de la Russie , les verres s’étant brisés, il fut obligé de les remplacer, sur les lieux, par d’aufrès verres concaves, à un degré inconnu, probâblement rapproché du n° i o, puisqu’ils convenaient tout-â-fait à sa vue, mais réellement différèns, comme-on va le voir. Il y a cinq ou six mois environ, le docteur D..... voul üt faire l’aequisitioù de nouvelles lunettes à Paris (chez Lerebours) ; il choisit tout naturellement le n“ 10, comme celui qui pouvait le mieux lui convenir, et l’essai instantané qu’il en fit semblait justifier ce choix. Quelques jours après, ayant voulu en faire usage, il commença par éprouver au bout d’une heure ou deux un sentiment de pesanteur et de contriction très-^pénible dans les yeux; la vue était nette, mais un péudouloureuseàsoutenir; le soir, M. D.... enlève ses lunettes pour se coucher : la céphalalgie subsiste et paraît s’accroître; la lumière a,rtificielle

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est difiicile à supporter; dans l’obscurité, une sorte d’aréole lumineuse semble de temps à autre paraître et disparaître; en même temps, douleur gravative dans les sinus frontaux ; pendant toüte la nuit, céphalalgie intense et générale, perte de sommeil. Le lendemain matin, il reste encore quelques éblouissemens légers, impossibilité de se

livrer au travail du cabinet i M. D.reprend

ses lunettes ordinaires et dès-lors diminution progressive de la céphalalgie. Quinze jours après envh’on, le docteur D..... renouvela l’expérience, pour se convaincre de la réalité de la cause; même symptôme pendant le jom’ et pendant la nuit; le lendemain disparition graduée des accidens. » 8ii“. L’invasion de la maladie a lieu à toute heure, quelquefoisiminédiatement après l’action de la cause qui l’a déterminée, ,d’autres fois dans les heures qui suivent cette action, rarement vingtquatre heures après. Il n’est pas rare de voir la névralgie ophtalmique se manifester le matin lorsqu’on a beaucoup lu le soir. C’était ce qui airrivait à deui jeunes dames qui passaient une partie de la nuit à lire : le lendemain, aussitôt que la lumière du jour frappait l’oeil, un éblouissement avait lieu et était suivi de l’hémicranie. La migraine disparut en cessant l’action de la cause qui la produisait. Plusieurs faits semblables se sont offerts à mon observation.

812». Au moment de l’invasion, la vueest moins nette, on éprouve une sensation très-analogue à l’éblouissement; il semblerait qu’un nuage se ma-

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iiifeste au centre de Vimage qui se peint sur la rétine; peu à peu le point terne qu’on observait s’étend; bientôt, et après une ou deux minutes, se dessine à l’entour de l’espace obscurci un arc de cercle lumineux, coloré chez quelques individus, mais pâle chez d’autres, disposé en zigzags; agité par une Sorte d’oscillation continuelle. D’abord très-petite,, cette portion de cercle grandit en même temps que le point central obscurci com-. mencé à s’éclaircir, et se développant dé plus en plus, scintillant continuellement^ semblant se rapv procher successivetriént : dé fa ' circonférence de l’iris, l’arc lumineux finit par disparaître lorsqu’il arrive à l’extrémité dur champ de la vision. Que l’oeil soit ouvert ou fermé, l’hallucination continue; mais elle sê dessiné mieux dans un demijour ou dans les ténèbres^ que dans une lumière vive.:G’est presque toujours d’nn seul côté qu’elle a lieu; je n’ai jamais vu personne qui ait; éprouvé la sensation de doubles images. Chez presqué tous les sujets de mes observations^ la forme de Ces images était, à peu de chose près, la même; de sorte qu’en la dessinant, ils reconnaissaient ce qu’ils avaient souvent vu. La durée de cette première lésion varie : ordinairement elle ne dépasse pas quelques minutes; quelquefois l’image met une demi-heure à parvenir à son entier développement et à sa disparition.

8 i 3 °. Jusque là, et même un peu par-delà, point de douleur, seulement sorte de stupeur, trouble dans la vision et légère pesanteur de tête.

Dans quelques cas, l’éblouissement, même léger, et le nuage, sont les seules lésions optiques qui précèdent la douleur, et il arrive que les troubles de là vision sont quelquefois assez légers pour que les malades n’y aient pas fait attention et ne se les rappellent qu’a près les questions réitérées du médecin. Cependa.nt , après un temps dont la durée varie, quelques élancemens se font sentir dans l’oeil et dans la tempe du côté où l’éblouissement avait eu lieu ; tout le globe oculaire est douloureux, et la moindre pression qu’on exerce sur lui détermine un sentiment pénible, dont le caractère ne diffère pas des élancemens spontanés qui surviennent : il semblerait que l’xîeilaDit trop plein, et qu’on y donne des. coups de marteau. C’est spécialement en haut et en dedans que la douleur est là plus intense. Cellef ci n’est pas: constamment portée au même degré pendant toute sa durée 5 elle est exti’ême. durant, quelques minutes ^ puis se calme y p6ur> reparaître ensuite avec la même énergie. Du reste, ellé ne cessé pas complètement, et, s’il est vrai que dés exacerbations se manifestent toutes les dix minutes, tous les quarts d’heure', on ne peut pas dire qu’il y ait intermittence.- La durée de la douleur varie depuis plusieurs heures jusqu’à deux ou trois jours.

8 i 4 ’’* La vue, l’ouïe, le goût, l’odorat sont altérés pendant que la névralgie suit ses périodes; les paupières sont l'ouges, tuméfiées par le sang; la lumière la plus légère ramène les paroxismes ou les rend plus intenses: le moindre bruit est insu p^

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portable ; le dégoût pour les alimens est quelquefois extrême, et les odeurs les plus suaves sont difficilement supportées par les malades.

. SiS®. Les facultés intellectuelles lie sont pas altérées; seulement, il y a le plus souvent une grande lendance au sbrùraeil. -

8 i 6 °. Dans les cas les plus simples, la maladie se borne aux symptômes que je viens de signalèr; mais trop souvent l’estomac participe à la souffrance de l’oeil. Quelque temps après les éblouissemens et l’invasion de la douleur, des éructations surviennent, des gaz s’échappent par l’oesophage, puis des nausées se déclarent, des vomissemens les suivent; les alimens que contenaient l’estomac, plus ou moins digérés, suivant le temps qu’ils ont séjourné dans ce viscère, sont rejetés au dehors. Ces .:voinisseméns ne dépendent pas de la présence des alimens, car ils se déclarent quelquefois lorsque l’estomacest complètement vide, et ce sont même ceux-là qui fiitiguent le plus les malades,

8.1 y®. Mais il ne faudrait pas penser que ce fussent là les seuls accidens dont une migraine excessive soit accompagnée ; il arrive qu’un des côtés de la langue ou de la face, que les membres inférieurs, et surtout les supérieurs, éprouvent un frémissement douloureux qui rappelle les oscillations de l’image dans l’oeil, qui en a le caractère de vibration, et qui, commençant par la pointe delà langue, une partie de la face, le bout des doigts ou des orteils, remonte peu à peu vers,l’axe cérébro-spinal, en disparaissant successivement

vers les points où d’abord il s’étail développé. Cette sensation bizarre ressemble assez bien à celle que l’on éprouve dans les crampes, ou au sentiment pénible que l’on ressent au bout des doigts lorsqu’on s’est heurté le nerf cubital au coude. Quand cette douleur est parvenue vers le centre nerveux, elle cesse de se faire sentir.

818°. Le coeur, les poumons, le tube intestinal ne donnent pas lieu, en général, à des symptômes dignes d’être notés. Le plus souvent un sommeil réparateur termine la maladie, soit après plusieurs heures, soit après un ou deux jours. Les douleurs se font encore sentir pendant que le malade dort, mais elles s’amortissent, et finissent par disparaître. Quelquefois des nausées, suivies de vomissemens, réveillent, et le sommeil révient ensuite. La migraine n’existe ordinairement plus le matin, ou il n’en reste qu’une pesanteur de tête qui se dissipe bientôt.

819°. Le retour de la névralgie de l’œil est variable. Chez un grand nombre de malades, il a lieu dès qu’ils s’exposent à l’action des causes dont nous avons parlé, et seulement lorsque ces causes ont agi. Je connais une personne qui est six mois sans avoir la migraine, si elle ne lit pas dans les deux heures qui suivent l’ingestion des aliméns dans l’estomac, et qui est sûre d’en être atteinte brusquement, si elle manque à cette précaution hygiénique. Chez certains hommes, la maladie est périodique, et revient tous les huit jours, tous les mois, tous les trois mois; chez d’autres, il n’y a

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rien de fixe dans son retour. Tantôt tous les accès sont à peu près de même durée, et de gravité semblable jd’autres fois, ils diffèrent infiniment d’importance et de ténacité.

820". L.e pronostic de la névralgie ophtalmique est rarement grave; mais si celte maladie ne fait pas périr,, elle est horriblement douloureuse, et tOurmènté infiniment ceux qui en sont attéihls. Quelquefoiselle se guérit spontanément avec l’âge, mais souvent aussi les accès qui la constituent se rapprochent de plus en plus, et rendent l’existence déplorable. On conçoit encore qu’elle peut présenter des complications qui rendent grave une maladie qui, par elle-même, ne présente pas cette importance.

821®. Je ne connais pas de travaux sûr l’anatomie pathologique dans la migraine. J’ai de fortes raisons de penser que le scalpel ne trouverait rien dans le cerveau ou ses membranes, qui fût en rapport avec l’affection dont il s’agit. Celte névralgie est, ce me semblé, trop fugitive, de trop peu de durée, sujette à des intermissions trop longues, pour laisser dans l’œil lui-même, ou dans les nerfs qui y correspondent, des traces cadavériques de son existence ; mais ce n’est pas toujours la mort qu’il faut interroger pour connaître le siège des maladies. L’examen de l’œil pendant la vie fait reconnaître un resserrement remaixjuable de la pupille, par conséquent une expansion de l’iris, et de plus une rougeur vive de l’une et de l’autre paupière, qui présentent un aspect semblableà celui

qu’elles offrent chez des hommes qui ont irrité l’oeil par des veilles et par des travaux, de cabinet.

822°. D’après tous les faits précédens, l’idée que je me forme de la migraine que je décris, est la suivante : Une cause excitante agit sur la rétine et l’iris; l’action nerveuse est modifiée; il se déclare une sorte de travail manifesté par les oscillations, les vibrations dont j’ai parlé; celles-ci se portent de la petite circonférence de l’iris vers la grande ; de là ce cercle lumineux, qui s’agrandit de plus en plus. A quel autre organe que l’iris pourrait-on rapporter la forme arrondie de l’image? Tant que le mal est borné là, il n’y a pas de douleur ; plus tard, le travail pathologique s’étend à la cinquième paire, dont l’influence sur la vision, depuis les travaux de M. Magendie, ne peut plus être méconnue; alors les douleurs se déclarent avec énergie. Si la lésion se borne à ces branches nerveuses, il n’y a pas de vomissement; mais si, par les communications anastompstiques, le grand syrùpathique et la huitième paire participent à cette souffrance, les nausées et l’expulsion des matières contenues dans l’estomac ont lieu ; enfin, s’il arrive que les nerfs de la langue, de la face et des membres soient aussi le siège de l’affection dont l’oeil a été lé point de départ , surviennent dans ces parties les vibrations, làs oscillations dont on éprouve la sensation ( L).

(1) Que si l’on objectait.que m’attache à la faible lésion de l’œil que je décris, une action trop étendue sur tout

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823 ". C’est sur de telles données que j’ai fait reposer le traitement de la névralgie oculaire. En vain soutiendrait-on que la routine et la elinique seules puissent servir de bases à la thérapeutique. Celle-ci ne peut être établie que sur rensemble de faits observés avec soin, et de considérations anatomiques et physiologiques. Ailleurs que là, il n’y a que confusion et incertitude. Les succès que je,crois avoir obtenus dans la curation de la migraine, je crois les avoir complètement dus à l’histpire exactè des symptômes, éclairée par les raisonnemens que je viens d’exposer.

824". Arrêter le développement de la série de symptômes nerveux qui constituent la migraine, calmer ses accès, telles sont les premières indica-

Torganisme, je répondrais en rappelant l’importance de cet organe à tous les âges, le nombre et la variété des nerfs qu’il reçoit, son développement si considérable chez l’embryon, proportionnellement aux auti'es parties du systènae nerveux ; les vomissemens qui suivent, dans rbpération de la catai'acte, la section de l’iris; et je dirais enfin que si, dans l’odontalgie, un nerf dentaire malade peut déterminer tant de troubles, il faut bien admettre qu’un rameau nerveux de l’œil altéré puisse aussi occasioner de graves phénomènes généraux. Comparer une maladie passagère comme la migraine ophtalmique, à une névralgie qui pei’siste, ne paraîtrait pas exact; mais c’est que la cause dans la première est passagère, et cesse dès qu’elle a agi, tandis quelle dui’e dans la seconde. Si la lumière qui éblouit continuait à produire cet éblouissement, la migraine dui’erait, ainsi que l’odontalgie persiste tant que la dentcariée qui la cause n’est pas arrachée.

tiens qui se présentent. On peut y parvenir par des moyens divers :

825". C’est surtout au moment de l’invasion qu’on peut arrêter la maladie dans son cours. Aussitôt que les éblouissemens surviennent, il faut éloigner l’action de toutes les causes qui peuvent exciter la sensibilité optique. On placera donc le malade dans les ténèbres, et ôn évitera surtout l’action d’une lumière trop vive, ou tout travail auquel l’oeil pourrait prendre part. Dans quelques cas, bien rares sans doute, lorsqu’on se livre aü sommeil dès la premièreAnvasion, la névralgie oculaire se borne aux éblouissemens.

826». C’est aussi dans les premiers temps que réussit le mieux l’extrait de belladone en friction , que.mon collègue et ami, M. le docteur Trousseau, employait, de son côté, dans la même maladie, pendant que j’en faisais usage du mien. Ce médecin m’a communiqué une note manuscrite où il veut bien m’accorder la priorité. Mais je dois à la vérité de dire que ses recherches sur l’ejSicacité de ce moyen ont eu lieu en même temps que les miennes. M. Trousseau a réussi, dans un assez grand nombre de cas, à faire promptement dissiper la migraine, par des frictions sur les tempes, avec un mélange de parties égales de cérat et d’extrait de belladone. M. le docteur Blanc l’a employé aussi avantageusement dans Un cas d’hémicranie. Quelquefois aussi M. Trousseau m’a dit avoir échoué; mais, comme il n’avait pas connaissance de mes idées sur le point de départ et sur

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lé càractètiB de râffeetïon (jüè jé décïié, il fôt

possible qu’il -n’ait pas réussi dans des cëpbalalgiœ difî’éi’^tés de læ névralgie oculaire. Pour moi, j’emplôie l’extrait débelladonèétendu d’assez d’eau jÿour lui donnèt- une consistance sirupeuse, èn friction Sur lés ^âüpièiÆs. La dosé vài^e d’ün à quatre grains ; üné quantité uïinime suffit. Il né faudrait pas qu’elle fût trop considérable, à cause de la dilatation extrêmè dont la pupille, à la suite de l’etftploi de cë moyen ^ né tardé pas à être lé si^ë. Dans tOüs lœ cas où j’ai mis eii- iistge Cé procédé , j’ai cOmplètément réussi. Deux ffitis j’ai éntravé la marché dé la névralgie Oculairé , ch^ une p^sOnnè qui ën était fréqtièinmênl affèctée : iby à six mOis qu’éllè ne s’en é^ sentie. Aü. bii^ rrati central j une ffinirue, noürriGê, qui ën était atteinte, depuis un grând nombre d’années, plu^ sieurs fois chaque semaine; en a été débarrassée dépuis eé traitement. Toutes les fois que lés éblouis-^semens surviennent, il lui suffit de pratiquer les frictions pour prévenir les Suites constantes qu’ils avaient, dette femrnë a employé ce moyen sur sa fille et sur plusieurs ouvrières qui, travaillant bèaucoüp desyeuxy étaient; comme elle, sujettes à l’hémicranie : les mêmes effets ont été obtenus. Unmalàdë; qui m’aVait été confié par M. lè docteur Sellier, dans l’absence de cet honorable confière, avait uné migraine atroce, dont la marche était Complètement semblable à celle que j’ai signalée. Bien què la maladie eût déjà parcouru une partie de ses périodes, et qu’il y ait eu des vo-

lïiissemëns, la belladone produisit un soulagement presque instantané. Je neferai pas mention d’autreâ Êiits, qui seraient une inutile répétition de céux-ci.

827“. 11 ne faut pas oublier , quand on emploie la belladone, de prévenir le malade que, le lendemain, lès pupilles seront dilatées, et la vué troublée. Sans cette précaution, le changement appâr-ent qué l’oeil éprouve inquiète prodigieusement et lesassistanset le süjèt dei’obs^vation. DürèSteÿ cette inquiétude, est complètement gratuite. Car cet effet dù. méàicanient est passager, et ne laisse à sa suite auciin trouble dans la vision.

828“. Je né sais si la-betladorie, à l’intérieuTy produirait lé même effet# Il parait quë l’opiém, administré de cette manière; àoulagé l’hémiêraniëé Jen’ai pas employé cë dernier moyen à l’ektérieür : il a échoué entre les mains du docteur Troti^atn

829“! On peut arrêter la marche de la migraine en portant sur l’estomac une irritation qui y appelle vivement l’action nerveusèi lioi^ue cetté affection survient à jeun, et lorsqu’on a ^üffert de la faim^ des alimens, et surtout ceux qui sont excitàns, du vin, entravent brusquement lé dévë^ lOppement ultérieur des symptômes# S’ils ne réussissent pas à prévenir le mal , ils rendent y en gé^^ néral, les vomisœmensmoins insupportables. lorsque c’est au moment de la digestion que là mi-i graine se déclaré, du vin, du café très-fort, ët surtout des liqueurs alcooliques ramènent vëm 1’^tomac l’action nerveuse physiologique qui préside à la digestion, et détruit quelquefois le travail pa-

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