‹ Mémoire sur la migraineChapitre 2 sur 3 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

thologique qui constituait îa migraine, et dont les vom^semens étaient le résultat.

, 83 q“^ Une vive stimulation des pieds par l’eau cliaudeou par la proximité d’un brasier, a quelquefois arrêté brusquement la migraine.

. 831 " • Si ces moyens échouaient ^ ce serait le cas de combattre chaque symptôme ou de le soula-: ger.. L’obscurité, le,silence, le repos, l’éloignement ;des.odeürs calmeraient les organes des sens; l’eau froide sur le front et l’œil, rendrait la: cëphâlàlgie moins insupportable; l’eau à haute dose ferait vomir aveu plus de facilité, et un sommeil réparateur:serait surtout provoqué.

833 °. Prévenir le retour des accès est la seconde partie du Iraitemént.

, 833 ®. Le premier soin doit,être d’éyiter l’action des causes qui occasionent la migraine ; point de travail des yeux, lorsque la digestion stomacale s’opère ; qu’on ne craigne pas de se livrer alors à des occupations de l’esprit, ce ne sont pas elles qui produiront l’hémicranie; mais redoutez l’action d’une lumière très-vive, le passage brusque d’un lieu obscur à un espace éclairé. Il est utile de s’habituer peu à peu à supporter l’éclat du grand jour. J’ai vu tel individu habitant un appartement obscur, fréquemment affecté de migraine, qui cessa de l’avoir en occupant un logement éclairé. La lecture fatigue beaucoup moins, en isolant, avec un papier vert découpé; là ligne que l’on cherche.

834 ®* 11 faut encore, lorsque la faimest près-

SUR LA migraine.

santé, éviter les vives stimulations de l’oeil, ou de fixer long-temps un objet; une bouchée de paiii arrête celle-ci, et permet de travailler sans crainte. Le faible travail digestif qui en résulte, suffisant pour calmer la faim, n’est pas arrêté par le travail de l’oeil, tandis que si l’action nerveuse de l’œil était trop intense, une plus grande quantité d’alimens ingérée cesserait d’être assimilée. Est-ce que nous aurions.une somme de puissance nerveuse à dépenser, quf, trop concentrée sur un point, priverait les autres parties de la quantité indispensable à l’exercice, de leurs fonctions? Serait-ce cette cause, qui, agissant lentement, troublerait la digestion et la nutrition des hommes qui se livrent au travail.du cabinet, à des études suivies? Sèrait-ce pour cela que les plus élëvés comme intelligence, sont souvent les plus faibles comme forces physiques? ,

835 ®^. On ne peut se dissimuler que certains états de l’organisme rendent l’invasion de la migraine plus fréquente; la pléthore est quelquefois dans ce cas : une saignée est alors indiquée. Dans d’autres circonstances, si le sujet mène une vie sédentaire et est affaibli, il faut lui donner une nourriture substantielle, qui est indubitablement le meilleur de tous les toniques. La constipation semble quelquefois accélérer le retour de la névralgie oculaire : l’usage des purgatife paraît alors indiqué. Pour peu, enfin, que l’on ait observé de l’intermittence, il est urgent d’employer le sulfate de quinine. Peut-être ce sel pourraitdl même

urÉMtpmE

arrêter l’accès, s’il était donné dès l’m<vasion de l’èblQuissement. Je n’ai pas de Êiits sur ce sujet, mais l’analogie que la migraine présente avec quel^ ques autres affections nerveuseset quelques observations que Je publierai dans le Journal hebâomadairet me portent à penser que, dans le traitément du début de l’béniicranie , le quinquina pourra présenter de grands avantages.

S 36 “. Il est à croire que l’iris ou les nerfs de ^œil ne sont pas les seuls points de départ de l’hé^ mierànié. L’analogie et quelques faits niéntionnés par les auteurs me portent à penser que la même !^on peut prendre sa source dans tous les autr^ organes des sens. Toutefois, je n’ai pas observé pae môi-même qu’il en fût ainsij et le tableau que j’ai tracé est le seul que j’aie reconnu^bez un grand nombre de malades.

8370. La migraine que je décris n’est pas la seule maladie nerveuse qui prenne séti point de départ dansdesépanouiæemens de filets nervèus, él quiremonte successivement vers les trônes priu- -oipaux, et de là se porte vers d’autres rameaux nerveux^ On sait que la douleur sciatique s’étend quelquefois de bas en fiaüt. L’odontialgie est souvent suivie de la névralgie des nerfs dentaires et feciaux, quelquefois encore de la frontale. Nous avons vu, M. le docteur L. E. Oliivier et moi, la carié d’une dent suivie d’une névralgie dentaire, qui alterna ensuite avec une semblable affection du nei’fcubital gauche. Gelle-ci, périodique, cessa après l’emploi du sulfate de quinine 5 l’odontalgie

revint, et ne céda qu’à l’évulsion d’une dent cariée. Le tétanos çominençepai:’ yne lésion des nerfs du pied ; la maladie est d’abord locale, puis elle s’étend aux nerfs du mouveinent, et les muscles se livrent à des contractions tétaniques. Ce n’est peut-être encore ici qu’une modification de l’action nerveuse analogue à celle que nous avons signalée dans la migraine*

838 “. L’hystérie nous paraît être encore dans le même cas; seulement, ce sont les filets nerveux de l’utérus, qui, d’abord excités, sont le point de dé* part du mouvement pathologique qui remonte yeis les autres filets du grand sympathique et de la huitième paire : de là cette sensation d’étranglement qui tourmente horriblement lœ malades. Comme dans la migraine, il s’agit ici d’accès, de parox;ismes, et tout rentre dans l’ordre quand la lésion nerveuse a parcouru toute une série de nerfe. Si l’encéphale participe à cette souffrance, les phénomènes cérébraux se déclarent ; si les filéts qui se portent vers l’estomac sont affectés , il y a des yomissemens; si quelques-unes des terminaisons nerveuses de la périphérie répètent la souffrance primitive des filets utérins, le clou hystérique a lieu. Que si l’on objectait que l’utérus est quelque^ fois non douloureux, et que la souffrance qui se manifeste ailleurs est extrême, je répondrais que, dans la migraine aussi, la lésion de l’iris n’est pas nne douleur, mais une anomalie de la vision, et que rien n’est plus doulourenx que la céphalalgie qui la suit.

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